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La vitamine D contre le diabète?

Deux études rapportent des effets intéressants de la vitamine D sur cette maladie

Les besoins en vitamine D augmentent en fonction de l’indice de masse corporelle. Les personnes obèses ont des besoins qui sont quatre à cinq fois supérieurs à ceux des personnes sans surpoids.

La vitamine D a des effets presque immédiats sur l'expression de gènes liés au métabolisme du glucose et la prise de doses élevées de vitamine D pourrait, à moyen terme, ralentir la progression du diabète. Voilà les conclusions de deux études qui viennent d'être publiées par des équipes de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels, du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval et du Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Un effet immédiat sur des gènes clés

Plusieurs études populationnelles ont établi des liens entre la consommation de poisson et la santé cardiovasculaire. Ces effets bénéfiques, souvent attribués aux oméga-3, pourraient aussi provenir des peptides ou de certains nutriments, notamment des vitamines, présents dans le poisson.

Pour tenter d’y voir plus clair, Marie-Claude Vohl, de l’École de nutrition, et ses collaborateurs ont recruté 18 personnes obèses ou en surpoids. Les participants ont été soumis à quatre tests de tolérance au glucose afin de déterminer si leur régulation du glucose sanguin était normale ou s'ils étaient à risque de diabète. Au moment du test, les sujets devaient prendre soit un extrait de peptides de poisson, une gélule de vitamine D, une combinaison des deux éléments précédents ou un placebo.

Résultats? Dans un article publié par l’International Journal of Molecular Sciences, les chercheurs rapportent qu’ils n’ont détecté aucun effet des peptides de poisson ou de la vitamine D sur les concentrations sanguines de glucose ou d’insuline.

Par contre, une analyse couvrant la presque totalité du génome des participants a révélé que la vitamine D provoque une modification très rapide de l’expression de 16 gènes, dont certains sont associés à l’oxydation des acides gras ou au métabolisme du glucose. «Les différences dans le niveau d’expression de ces gènes, qu’il s’agisse d’une augmentation ou d’une diminution, sont de l’ordre de 20 % à 60 %», signale Frédéric Guénard, premier auteur de l’étude.

«Une seule dose de vitamine D provoque une réponse rapide de l'expression de gènes liés aux facteurs de risque cardiovasculaire, constate la professeure Vohl. Les changements induits par cette vitamine pourraient donc constituer l’un des mécanismes d’action expliquant les effets bénéfiques du poisson rapportés dans les études populationnelles. Les personnes ayant un profil métabolique perturbé devraient s’assurer d’avoir des apports suffisants en vitamine D, que ce soit par le biais de leur alimentation ou par une supplémentation.»


Ralentir la progression du diabète?

L'autre étude, dirigée par Claudia Gagnon de la Faculté de médecine, a fait appel à 96 personnes obèses qui venaient de recevoir un diagnostic de diabète ou qui étaient à risque élevé de diabète. La moitié des participants devait prendre quotidiennement, pendant 6 mois, l'équivalent de 5 gélules de 1000 unités internationales (UI) de vitamine D alors que les autres sujets recevaient un placebo.

«Nous avons utilisé des doses élevées parce que les besoins en vitamine D augmentent en fonction de l’indice de masse corporelle, explique la professeure Gagnon. Chez les personnes obèses, ces besoins peuvent atteindre 4000 à 5000 UI par jour. Nous voulions nous assurer que les participants n’étaient pas carencés en vitamine D.»

Les résultats de l’expérience, publiés dans l’European Journal of Endocrinology, montrent que le groupe vitamine D a connu une amélioration de 23 % sur le plan de l’action de l’insuline sur les muscles. De plus, dans ce groupe, la fonction des cellules bêta du pancréas est demeurée stable pendant qu’elle se détériorait chez les sujets du groupe placebo. «Nos résultats suggèrent que la vitamine D ralentit la progression du diabète chez certains patients prédiabétiques ou diabétiques», résume la professeure Gagnon.


D’ici à ce que des études sur de plus grands groupes confirment ces résultats et documentent les effets secondaires d’un tel traitement, la chercheuse, qui est aussi médecin endocrinologue, recommande aux personnes obèses de consommer 1000 UI de vitamine D par jour. Si leur obésité est sévère, ils pourraient même aller jusqu'à 2000 UI. «Dans bien des cas, il faut avoir recours aux suppléments parce qu’il est difficile d’atteindre ces niveaux uniquement par l’alimentation», précise-t-elle.

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