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Je veux dormir

Un changement dans ses habitudes de vie peut venir à bout de l’insomnie

Par : Renée Larochelle
On s’imagine souvent que tout a été dit ou presque sur l’insomnie. À en juger par le nombre élevé de personnes ayant assisté le 23 octobre au pavillon Alphonse-Desjardins à la conférence sur les moyens de faire face au problème donnée par Charles Morin, professeur à l’École de psychologie et spécialiste des troubles du sommeil, il semble que le sujet fait encore courir les foules avides d’en savoir davantage sur les façons de vaincre cette bête noire qui garde ouvert l’œil des insomniaques. Des mythes à reconsidérer d’abord, dont celui des huit heures de sommeil à tout prix pour se réveiller en pleine forme le matin. «Nos besoins sont déterminés biologiquement et il ne faut pas se battre contre cela, dit Charles Morin. Une personne peut très bien dormir six ou sept heures et y trouver son compte.» Autre mythe: le sommeil d’avant minuit serait de meilleure qualité que celui passé cette heure fatidique. «Faux, dit encore le chercheur. Qu’on s’endorme à dix heures du soir ou à deux heures du matin ne change rien au fait que l’individu doit passer par tous les stades du sommeil, du plus léger au plus profond.» Évidemment, il y a des limites à ne pas dépasser. Ainsi, se coucher à trois heures du matin quand on doit se lever à six heures n’est certainement pas la meilleure voie à suivre pour commencer la journée du bon pied.

Faire le vide
Selon une étude récente menée par Charles Morin et son équipe de chercheurs auprès de 2 000 participants, 25 % des Québécois se disent insatisfaits de leur sommeil tandis que 17 % sont aux prises avec des symptômes d’insomnie. Environ 10 % des participants à l’étude souffriraient d’insomnie. Si les causes d’insomnie sont multiples, une chose est certaine: on ne doit pas laisser ce perturbateur de l’humeur devenir roi et maître de ses nuits. Des épisodes d’insomnie chronique peuvent en effet accroître les risques de dépression, d’où la nécessité de consulter un médecin quand les nuits se transforment en banc d’essai pour trouver le sommeil. Cela dit, que faire quand on éprouve régulièrement des difficultés à s’endormir ou qu’on se réveille plusieurs fois dans la nuit sans parvenir à retomber dans les bras de Morphée?
   
En premier lieu, ne pas dramatiser après une nuit d’insomnie, recommande Charles Morin. En effet, on dort toujours plus que ce qu’on pense avoir dormi. Ensuite, il faut se donner au moins une heure pour décompresser avant d’aller au lit, et y aller seulement lorsqu’on éprouve une certaine somnolence en faisant la nuance entre la fatigue et la somnolence. En cas d’incapacité à dormir, le mieux est de quitter sa chambre et d’essayer de faire le vide en écrivant la liste des inquiétudes qui nous tenaillent, ce qui favorise la détente.
   
«Le meilleur moyen de souffrir d’insomnie est d’essayer de dormir, indique Charles Morin. Penser qu’on a mal dormi parce qu’on ne se sent pas très en forme le matin est erroné. Même les bons dormeurs, ceux qui dorment entre 7 et 8 heures par nuit, ne se sentent pas toujours en forme au réveil.» Si la prise de somnifères améliore le sommeil à court terme et en augmente la durée, la qualité du sommeil s’en trouve toutefois diminuée, sans compter les effets résiduels de ces médicaments sur l’organisme, comme les pertes de mémoire. «Ce n’est pas parce qu’une personne prend des somnifères depuis deux ou trois ans qu’elle doit nécessairement en prendre toute sa vie, rappelle Charles Morin. Il faut changer ses habitudes de vie, comme apprendre à relaxer et faire de l’exercice physique à des moments appropriés dans la journée, préférablement en début de soirée. Ces changements vont peut-être moins vite que la médication, mais leurs effets sont certainement plus durables.»

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