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Des fraises québécoises à l'année?

Une étude démontre le potentiel d'un mélange de sciure et de tourbe comme substrat pour la culture hors sol de la fraise

Par : Jean Hamann
En France, la moitié des fraises sont maintenant produites par culture hors sol. Encore peu répandue au Québec, cette technique horticole permettrait d'accroître la part de la fraise locale dans l'alimentation des Québécois.
En France, la moitié des fraises sont maintenant produites par culture hors sol. Encore peu répandue au Québec, cette technique horticole permettrait d'accroître la part de la fraise locale dans l'alimentation des Québécois.
Il y a 50 ans, la saison des fraises commençait à la mi-juin et se terminait 4 semaines plus tard. Grâce aux nouveaux cultivars et au perfectionnement des techniques de culture, on peut maintenant savourer des fraises locales du début juin jusqu'à la mi-octobre. La prochaine frontière pour les producteurs de fraises du Québec? La culture hors sol, qui assurerait un approvisionnement local presque à longueur d'année. Une équipe du Département des sols et de génie agroalimentaire vient de faire progresser les connaissances dans le domaine en publiant dans Plos One une étude démontrant le potentiel d'un mélange de sciure de bois et de tourbe de sphaigne comme substrat pour ce type de culture.

Les producteurs de fraises qui pratiquent la culture hors sol plantent leurs fraisiers dans des pots contenant un substrat autre que du sol minéral. «Ces substrats fournissent une structure physique à laquelle les racines peuvent s'ancrer et ils stockent l'eau et l'air dont les plantes ont besoin», rappelle le professeur Jean Caron. Cette technique horticole permet d'optimiser l'apport en eau et en engrais, d'améliorer la croissance des plants et la production des fruits et de réduire le risque de maladies. Lorsque les pots sont placés dans des serres, des tunnels ou des mini-tunnels, la saison de production peut être prolongée.

Peu de producteurs s'adonnent à la culture hors sol de la fraise au Québec. En Europe par contre, cette technique horticole a beaucoup gagné en popularité au cours de la dernière décennie. «En France, la moitié des fraises sont maintenant produites hors sol, souligne le professeur Caron. La plupart des producteurs européens utilisent un substrat à base de fibres de coco provenant de l'Asie du Sud-Est ou de l'Afrique de l'Ouest. Les producteurs québécois, eux, utilisent un peu de tout comme substrat, constate le chercheur. Nous avons voulu savoir si un mélange que nous avons mis au point pour la culture de la tomate pouvait donner de bons résultats avec la fraise.»

Ce substrat, nommé PS25, est composé à 70% de sciure d'épinette blanche et de 30% de tourbe de sphaigne de qualité intermédiaire. Claire Depardieu, Valérie Prémont, Carole Boily et Jean Caron ont comparé l'efficacité de ce mélange, d'un substrat de fibre de coco et d'un substrat commercial composé d'écorce vieillie et de tourbe. Résultats? Une fois que sont déterminés les bons apports en engrais et en eau pour chaque substrat, les trois mélanges livrent, à moyen terme, des résultats comparables pour l'établissement des plants et la production de fruits.

Le Québec occupe le premier rang des provinces canadiennes au chapitre de la production de fraises. En raison de son climat, il est toutefois un petit acteur à l'échelle nord-américaine avec 3,5% du marché, loin derrière la Californie (85%) et la Floride (7%). Les Québécois importent plus de 80% des fraises qu'ils consomment annuellement et la culture hors sol semble la filière la plus prometteuse pour accroître la part de la fraise locale dans le panier d'épicerie des Québécois. «Le recours à un substrat qui valorise des ressources locales abondantes et qui coûte moins cher que la fibre de coco pourrait accroître les retombées de la culture hors sol de la fraise sur l'économie québécoise», fait valoir Jean Caron.

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