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Des cellules foetales inefficaces?

La transplantation de cellules fœtales neuronales dans le cerveau de personnes frappées par la maladie de Huntington ne produirait pas d'effet durable

Les cellules foetales greffées ont subi une dégénérescence similaire à celle qui frappe les cellules nerveuses des patients, a noté la chercheuse Francesca Cicchetti.
Les cellules foetales greffées ont subi une dégénérescence similaire à celle qui frappe les cellules nerveuses des patients, a noté la chercheuse Francesca Cicchetti.
Une étude publiée en ligne le 20 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences remet en question la pertinence de transplanter de cellules fœtales dans le cerveau de personnes atteintes de la maladie de Huntington. Cette étude, dirigée par Francesca Cicchetti, professeure à la Faculté de médecine et chercheuse au Centre de recherche du CHUQ, constitue la première démonstration que les greffes ne parviennent pas, à long terme, à assurer le remplacement durable des neurones atteints par cette maladie.
   
La maladie de Huntington est une maladie neurodégénérative d’origine génétique qui s’attaque à un type particulier de cellules nerveuses du cerveau. La perte de ces neurones provoque des mouvements involontaires ainsi que des troubles cognitifs et psychiatriques. Il y a près de dix ans, l’un des auteurs de l’étude, Thomas Freeman de l’Université de South Florida, a effectué les premiers essais cliniques mondiaux de transplantation de cellules fœtales neuronales dans le cerveau de patients atteints de cette maladie dans l'espoir de favoriser le remplacement des cellules détruites.
   
Au cours des deux premières années qui ont suivi la transplantation, certains aspects de la qualité de vie des patients s'étaient améliorés. Par contre, ces effets s’atténuaient par la suite, ce qui laissait présager que les greffes n’étaient pas efficaces à long terme. C’est ce que confirment la professeure Cicchetti et ses collaborateurs à la suite d’autopsies pratiquées sur trois patients qui avaient subi une transplantation de cellules fœtales dix ans plus tôt. Les chercheurs ont observé que les cellules greffées subissaient une dégénérescence similaire à celle qui frappait les cellules nerveuses des patients. Cette dégénérescence serait attribuable, en partie du moins, à la réponse inflammatoire provoquée par les cellules de défense du cerveau, les microglies.
  
Ces résultats font planer un doute quant au potentiel réel des cellules souches ou des cellules fœtales dans le traitement de la maladie de Huntington ou des autres maladies neurodégénératives. L’étude lève tout de même le voile sur des mécanismes encore méconnus impliqués dans le développement de cette maladie. La compréhension et le contrôle des mécanismes immunitaires et inflammatoires impliqués dans la maladie de Huntington pourraient conduire à des thérapies plus efficaces que la greffe, estime la professeure Cicchetti.

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