Arts

La Cour des miracles

Des étudiants en théâtre travaillent à un spectacle son et lumière où l’imagination et la technologie mènent hors des sentiers battus

Par : Renée Larochelle
Les étudiants du laboratoire public du cours Théâtre et technologies à l'?uvre au café-bar Le Zinc, vendredi dernier. Le public peut assister au processus de création les mercredi, jeudi et vendredi, de 13 h à 17 h. Le spectacle final sera présenté le 13 juin.
Les étudiants du laboratoire public du cours Théâtre et technologies à l'?uvre au café-bar Le Zinc, vendredi dernier. Le public peut assister au processus de création les mercredi, jeudi et vendredi, de 13 h à 17 h. Le spectacle final sera présenté le 13 juin.
Vendredi 30 mai, café-bar Le Zinc, 336, rue du Roi, Québec. La ville est froide et grise mais, à l’intérieur du Zinc, il fait chaud et même très chaud. Nous sommes en effet dans un laboratoire bouillonnant d’idées où la création échauffe les esprits. Il y a des actes manqués, des paroles étouffées, parfois un peu de silence. La lumière éclabousse les murs pendant que des bruits étranges surgis de nulle part morcèlent l’espace. Bienvenue au laboratoire public du cours Théâtre et technologies durant lequel une dizaine d’étudiantes et d’étudiants travaillent à monter un spectacle d’une vingtaine de minutes, sous la direction de Robert Faguy, professeur au Département des littératures et responsable du LANTISS (Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène). L’événement a lieu à l’occasion du Carrefour international de théâtre. Le public peut assister au processus de création de ce laboratoire en se rendant au Zinc les mercredi, jeudi et vendredi, de 13 h à 17 h. Le spectacle final sera présenté le 13 juin à 12 h, à 17h et à 19 h. L’entrée est gratuite.

«Il n’y a plus de firmament»
«L’objectif du cours est d’initier les étudiants à différentes facettes de la conception scénique utilisant certaines technologies, explique Robert Faguy. Il s’agit d’une œuvre qui évolue dans le temps et qui permet aux étudiants d’aborder des questions d’environnement sonore et visuel, de même que certains problèmes de mécanique scénique comportant une nouvelle utilisation du castelet électronique.» Fruit d’une étroite collaboration entre des artistes associés au LANTISS, aux laboratoires de robotique et de vision numérique ainsi que du Centre d’optique photonique et laser de la Faculté des sciences et de génie, le castelet électronique est la maquette d’un espace scénique à l’échelle d’un dixième, avec plancher robotisé, éclairage motorisé, interface logicielle et communication réseau. La surface de la scène bouge, ondule et se réorganise sous les yeux du spectateur au gré de la mise en scène adoptée, et toutes ces opérations s’effectuent à distance. Pour le spectacle de cette année, des images à petite échelle sont projetées sur le castelet et ensuite redirigées sur les murs ou le plafond de la salle. Le spectateur a ainsi l’impression d’être au cœur d’une ville, alors que les images d’origine sont de petits bouts de papier avec des carrés noir et blanc évoquant des immeubles avec leurs fenêtres. La distorsion des sons contribue à créer une sorte de fin du monde où les cris se transforment parfois en aboiements. 

Pour ce projet qui sort des sentiers battus, les étudiants s’appuient sur un livret d’opéra inachevé intitulé Il n’y a plus de firmament, composé en 1932 par l’écrivain, acteur et inventeur du Théâtre de la cruauté, Antonin Artaud. Cet opéra quelque peu apocalyptique comprend cinq mouvements: la naissance, la ville, l’humain, le chaos et le cosmos. Les étudiants se servent des indications scéniques pour accoucher du spectacle dans ce travail où l’imagination et l’audace jouent un rôle essentiel. Jugeons-en par ce passage: «Des gens passent en tous sens, mais des trams, du métro, des voitures, on ne voit que les ombres sur un immense mur blanc. Des groupes mouvants se forment et des dessins apparaissent dans ces groupes, des mouvements divers et contradictoires, comme dans une fourmilière vue de très haut». Frissons garantis.

«Artaud nous amène dans une véritable Cour des miracles, dit Robert Faguy. Dans ce spectacle, le défi consiste à ne pas tomber dans le piège de l’illustration ni dans celui du trop dit. Le spectateur doit pouvoir s’accrocher à quelque chose mais, en même temps, il faut lui donner la possibilité d’imaginer et de construire son propre spectacle dans sa tête. C’est un exercice très intense pour les étudiants et j’ai confiance qu’ils arriveront à présenter quelque chose de très intéressant au public.»
Renseignements: www.carrefourtheatre.qc.ca

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