
En octobre dernier, Sophie Langlois a été la seule journaliste québécoise à couvrir l'épidémie d'Ebola en Afrique. La voici dans un hôpital de Dakar, au Sénégal, où un cas suspect venait d'être traité.
Ce n'est pas un secret que la crise du virus Ebola, qu'elle a couverte en octobre dernier au Sénégal et en Guinée, aurait pu être mieux contrôlée. La journaliste estime que l'Organisation mondiale de la santé a perdu un temps précieux avant de reconnaître la gravité de l'épidémie. Les pays donateurs, et le Canada particulièrement, ont été très lents à réagir. Bon nombre de décès auraient pu être évités.
Les situations frustrantes dans le monde de l'humanitaire ne manquent pas. Lors d'un séjour au Niger pour couvrir une crise alimentaire, elle a été choquée de voir des entrepôts du Programme alimentaire mondial remplis de riz provenant du Canada. Plutôt que d'encourager la relance de l'économie locale, l'organisation s'était approvisionnée chez les producteurs canadiens. «La raison est simple: l'ONU achète les produits des pays du Nord en échange de son financement. Il y a plusieurs enjeux derrière l'aide humanitaire qui, à long terme, n'aident pas les populations concernées», se désole la journaliste.
Pragmatique, elle refuse cependant de «carburer» au pessimisme. «Il faut continuer à croire qu'on peut changer le monde, un petit pas à la fois! Plus les acteurs du développement international seront conscients des effets pervers de l'humanitaire, plus ils vont trouver des façons de les contourner et de les combattre.»
La journaliste abordera cette question délicate lors d'une conférence qu'elle donnera jeudi prochain à l'auditorium IBM du pavillon Palasis-Prince. Sur le thème «L'industrie de l'humanitaire aide-t-elle l'Afrique?», cette conférence exposera les bons coups et les ratés qu'elle a constatés sur le terrain.
L'activité, qui s'inscrit dans le cadre de la Semaine du développement international, vient souligner les dix ans d'existence des stages Managers sans frontières. Ce programme permet chaque année à des étudiants formés en administration de partir en mission dans des pays en voie de développement. «On avait envie d'avoir un autre point de vue sur le domaine du développement international et de l'action humanitaire. Le thème de la conférence est un peu provocateur. Mais en tant que praticien, c'est bien parfois de prendre du recul pour faire une autocritique», rappelle Geneviève Bédard, chargée d'enseignement à la Faculté des sciences de l'administration et responsable des stages Managers sans frontières.
La conférence, qui est ouverte à tous, est organisée en collaboration avec l'Association étudiante en développement international et action humanitaire, la Chaire en développement international, le Département d'information et de communication et les Hautes études internationales.
Jeudi 5 février, à 16h, à l'auditorium IBM (local 0610) du pavillon Palasis-Prince. L'entrée est libre. Pour plus d'information: evenements@fsa.ulaval.ca ou 418-656-2131, poste 4021.

























