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Vie universitaire

L'agrile du frêne sévit sur le campus

Une quarantaine d'arbres sérieusement attaqués par ce ravageur devront être abattus rapidement

Par : Jean Hamann

L'agrile du frêne sévit dans la région de Québec, et le campus de l'Université Laval n'est pas épargné. Une quarantaine de frênes attaqués par cet insecte devront être abattus dans les plus brefs délais pour juguler la progression de ce ravageur sur le campus et pour assurer la sécurité des passants.

L'agrile du frêne est un insecte d'origine asiatique qui a fait son apparition au Québec en 2008. Il a progressivement étendu son aire de répartition vers le nord et il a atteint la ville de Québec en 2017. Sa présence à l'Université Laval a été détectée pour la première fois en 2018. 

Depuis, le campus fait l'objet d'une surveillance étroite en raison de l'abondance de frênes qu'on y trouve. «Le campus compte environ 3000 frênes, précise Gilles Pelletier, directeur adjoint, réseau et voirie, au Service des immeubles de l'Université Laval. On retrouve environ 370 frênes d'alignement, en bordure des rues, et tous les autres sont dans les boisés», précise-t-il.  

Pour situer l'importance de cette essence dans les boisés du campus, signalons qu'une étude publiée en 2020 sous la direction du professeur Serge Payette, du Département de biologie, avait révélé que, dans l'érablière située juste au sud du pavillon Bonenfant, environ 40% des arbres de bonne taille (plus de 9 centimètres de diamètre) étaient des frênes.

L'agrile du frêne pond ses œufs sur ou sous la surface de l'écorce de l'arbre. Lorsque les œufs éclosent, les larves qui en sortent creusent des galeries qui entravent la circulation de la sève, provoquant le dépérissement progressif des arbres. Les frênes en santé résistent de 2 à 5 ans aux assauts de ce ravageur. Les arbres fragiles meurent plus rapidement.

Pour faire face à cette menace, l'Université Laval a adopté, en mai 2021, un Plan d'action pour lutter contre la propagation de l'agrile du frêne. L'une des mesures de ce plan est la vaccination des frênes à l'aide du TreeAzin, un biopesticide d'origine naturelle qui est injecté dans le réseau vasculaire des arbres attaqués par l'insecte. «Ce traitement réduit l'abondance des larves, mais il ne sauve pas les arbres, précise Gilles Pelletier. Il permet de préserver temporairement l'intégrité du paysage urbain. On traite en priorité les frênes d'alignement ainsi que les spécimens exceptionnels qui poussent dans les boisés. L'année dernière, nous avons vacciné près de 250 frênes. Cette année, nous en vaccinerons 230.»


« Nous allons diversifier les essences afin d'éviter que de nouveaux ravageurs déciment un grand nombre d'arbres d'une même espèce, comme le fait l'agrile du frêne. »
Gilles Pelletier, au sujet des arbres qui seront plantés pour remplacer les frênes abattus

Éventuellement, les arbres attaqués par l'agrile du frêne dépérissent et meurent. «Pour assurer la sécurité des personnes et pour ralentir la progression de l'infestation, il faut procéder à l'abattage de ces arbres, explique Gilles Pelletier. Au cours des prochains jours, une quarantaine de frênes devront être coupés, principalement sur l'avenue de la Médecine et dans le Grand Axe. Pour les remplacer, nous allons procéder à la plantation de jeunes arbres, notamment du micocoulier occidental, de l'érable de Freeman et de l'orme "Accolade", une variété résistante à la maladie hollandaise. Nous allons diversifier les essences afin d'éviter que de nouveaux ravageurs déciment un grand nombre d'arbres d'une même espèce, comme le fait l'agrile du frêne.»

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