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Découverte d'un gène clé dans la saveur de la tomate

Les sélectionneurs pourraient utiliser ce gène pour produire des cultivars qui répondent mieux aux préférences des consommateurs

Par : Jean Hamann
La saveur de la tomate résulte de la combinaison de plusieurs dizaines de composés volatils. Les consommateurs ont une préférence pour les tomates qui contiennent beaucoup de composés volatils azotés.
La saveur de la tomate résulte de la combinaison de plusieurs dizaines de composés volatils. Les consommateurs ont une préférence pour les tomates qui contiennent beaucoup de composés volatils azotés.

Des chercheurs ont découvert un gène qui joue un rôle déterminant dans la saveur de la tomate. Cette percée, dont les détails sont publiés aujourd'hui dans les Proceedings of the National Academy of Science (PNAS), ouvre la porte à la création de lignées de tomates plus savoureuses.

«La saveur de la tomate résulte de la combinaison de plusieurs dizaines de composés volatils, notamment des composés volatils azotés, rappelle l'un des responsables de cette étude, Charles Goulet, professeur au Département de phytologie et chercheur au Centre de recherche et d'innovation sur les végétaux de l'Université Laval. Des tests ont montré que la présence de composés volatils azotés est fortement corrélée aux préférences des consommateurs.»

La tomate produit beaucoup de composés volatils azotés dans ses fruits, mais ce n'est pas le cas de toutes ses proches parentes. Les chercheurs ont profité de cette variabilité naturelle pour se mettre sur la piste des gènes qui pouvaient expliquer cette différence. Pour ce faire, ils ont effectué des croisements entre la tomate et une plante sauvage péruvienne, Solanum pennellii. Cette espèce a un ancêtre commun avec la tomate, mais elle ne produit aucun composé volatil azoté.

Cet exercice leur a permis de repérer une région du génome de la tomate qui joue un rôle crucial dans la production des composés volatils azotés. «Nous avons étudié les gènes qui se trouvent dans cette région et nous avons découvert que l'un d'eux, que nous avons nommé TNH1, code pour une enzyme qui intervient dans la synthèse de tous les composés volatils azotés de la tomate», résume le professeur Goulet.

L'équipe du professeur Goulet mesure la production de composés volatils en récoltant l'air après son passage dans des tubes de verre contenant des morceaux de tomates. Les échantillons ainsi recueillis sont soumis à une analyse par chromatographie en phase gazeuse.

Dans des expériences subséquentes, les chercheurs ont montré que lorsque ce gène est désactivé, les tomates cessent de produire des composés volatils azotés. Par ailleurs, lorsqu'ils introduisent ce gène et la molécule sur laquelle agit l'enzyme dans des plants de tabac, ces plantes commencent à en produire.

Au cours des cinquante dernières années, l'amélioration génétique de la tomate a surtout ciblé la productivité, la résistance aux maladies, l'apparence et la durée de conservation sur les tablettes. Si moins d'efforts ont été placés sur la saveur des fruits, c'est en partie parce qu'il n'existait pas d'outils permettant de bien cerner le profil aromatique de la tomate, explique le professeur Goulet.


« On peut maintenant se tourner vers les collections de cultivars pour trouver des variétés, notamment des variétés ancestrales, chez qui ce gène est davantage exprimé. On peut ensuite les utiliser comme parents dans des croisements. »
Charles Goulet, au sujet de l'utilité du gène découvert par les chercheurs

«Le gène TNH1 vient s'ajouter au coffre à outils des sélectionneurs, poursuit-il. On peut maintenant se tourner vers les collections de cultivars pour trouver des variétés, notamment des variétés ancestrales, chez qui ce gène est davantage exprimé. On peut ensuite les utiliser comme parents dans des croisements et sélectionner les descendants chez qui la production de composés volatils azotés est élevée. Éventuellement, on pourrait créer des variétés de tomate ayant une saveur qui répond mieux aux préférences des consommateurs.»

L'article publié dans PNAS résulte d'une collaboration entre des chercheurs de l'Université Laval, du Vineland Research and Innovation Centre, de l'Université Brock, de l'Université McMaster et de l'Université de la Floride. Les chercheurs de l'Université Laval qui signent cet article sont Jérémie Ghironzi, Blandine Bulot, Louis Félix Nadeau et Charles Goulet.

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