Vie universitaire

Une structure décisionnelle à revoir

Le président sortant du Conseil d’administration de l’Université, Richard Drouin, livre plusieurs constats et pistes de réflexion sur la gouvernance de l’établissement

Par : Yvon Larose
Richard Drouin, avocat-conseil chez McCarthy Tétrault, tire sa révérence après près de dix ans comme membre, puis président du Conseil d’administration de l’Université Laval. Dans son discours d’adieu, prononcé à la toute fin de la séance ordinaire du mercredi 27 février, il a livré plusieurs messages aux membres du Conseil. L’un d’eux porte sur la nouvelle gouvernance. Selon Richard Drouin, le rapport du Groupe de travail sur la gouvernance des universités du Québec, rendu public en septembre 2007 et auquel il avait collaboré à titre de personne-ressource, ainsi que le rapport de la Commission d’examen des processus de gestion à l’Université Laval devraient servir de base aux travaux du Conseil. «Il vous faudra cependant adapter les contenus à l’Université Laval, a-t-il expliqué, car il n’y a pas de règles applicables pour tous, il n’y a pas de modèle unique de gouvernance.»

Pour le président sortant, il est clair que la structure décisionnelle de l’Université doit être revue, et ce, autant le Conseil d’administration que le Conseil universitaire et le Comité exécutif. «Le plus urgent à régler, a précisé Richard Drouin, est la relation entre le Conseil d’administration et le Comité exécutif. Ce dernier doit être présidé par un membre ou par le président du Conseil d’administration.» Selon Richard Drouin, le Conseil d’administration n’a pas à consacrer de temps aux démissions ni aux nominations, hormis les nominations de doyens. Il ne doit pas non plus s’occuper des fonctions normalement dévolues à la gestion de l’organisation. «Le Conseil, a-t-il soutenu, doit plutôt se concentrer sur des aspects plus stratégiques comme les grands projets de développement et les stratégies de recrutement.» La durée du mandat d’un recteur est actuellement de cinq années. «Je suis en faveur de mandats de sept ans», a indiqué Richard Drouin. Les doyens, comme le recteur, sont présentement limités à deux mandats consécutifs. «Si le doyen fait du bon travail, a-t-il poursuivi, je ne vois pas pourquoi il ne continuerait pas au-delà de deux mandats.»

La désignation du recteur

En 2004, le rapport du Groupe de travail sur le mode de désignation du recteur de l’Université Laval recommandait le maintien du mode électif de désignation. «Nous ne sommes pas allés au bout de l’exercice, a affirmé le président sortant. Je demande instamment au Conseil ainsi qu’à la Direction de l’Université d’examiner à fond le mode de désignation. En Amérique du Nord, les recteurs d’université sont nommés par le conseil d’administration de leur établissement.» Selon Richard Drouin, le mode de désignation en vigueur à Laval aurait pour effet de décourager les candidatures externes. «Aucun candidat externe potentiel n’aurait le goût de voir son nom étalé sur la place publique durant la course au rectorat, ni de se voir soumis à un processus électoral.»

Le président sortant conteste également l’impossibilité de démettre un recteur de ses fonctions durant le cours de son mandat. «Le processus actuel a livré d’excellents recteurs, a-t-il indiqué. Mais ce n’est pas une garantie pour l’avenir.» Selon Richard Drouin, le fait que le recteur soit assuré de rester en poste pour toute la durée de son mandat n’envoie pas à la société l’image d’une institution moderne. «Cet aspect peut représenter un obstacle auprès de personnes de l’extérieur désireuses d’aider financièrement l’Université», a-t-il dit. Déplorant que le gouvernement du Québec tarde à trouver des solutions au sous-financement des universités, ce dernier a insisté sur la nécessité, pour Laval, de poursuivre dans la voie tracée par le recteur Brière et commencer à résorber le déficit de l’Université.

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