Vie universitaire

Son alma mater tatouée sur le cœur

L’Université inaugure une salle de réunion au pavillon Gene-H.-Kruger en l’honneur du diplômé Gilbert Tardif, pilier de l’industrie forestière

Par : Matthieu Dessureault
Gilbert Tardif lors de l'activité de reconnaissance, le 21 janvier
Gilbert Tardif lors de l'activité de reconnaissance, le 21 janvier

Son nom est intimement lié à l’histoire de l’industrie forestière québécoise. Gilbert Tardif, 93 ans, a fait de la compagnie Maibec le leader nord-américain en matière de revêtement de bâtiments. Le 21 janvier, l’une des plus belles salles de réunion du campus a été nommée en son honneur. Cette soirée-là, on lui a aussi remis un album souvenir de sa carrière et une copie du livre de sa promotion en présence de la rectrice Sophie D’Amours et du vice-recteur Robert Beauregard.

Lumineux et tout en bois, le pavillon Gene-H.-Kruger est l’endroit tout indiqué pour souligner la contribution de Gilbert Tardif à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique au fil du temps. Depuis plus de 40 ans, l’homme d’affaires s’implique au sein de son alma mater. Il a notamment fait partie du comité de création du baccalauréat en génie du bois. Son entreprise a été la première à accueillir des stagiaires dans ce programme.

Avec ses enfants Madeleine, Charles et François, qui ont pris sa relève chez Maibec, il a remis récemment un don à la Faculté. En plus de soutenir la recherche, ce don permettra la création de la bourse Maibec, d’une valeur de 25 000$, destinée aux étudiants de 2e cycle en génie du bois. L’objectif: recruter les meilleurs talents dans ce domaine.

«Le développement de la recherche et la formation d’étudiants d’excellence sont deux éléments qui nous permettent de continuer à nous développer comme entreprise. Ainsi, le programme de génie du bois et les laboratoires de recherche de l’Université Laval sont extrêmement stratégiques pour nous. Ce don est également un acte de reconnaissance envers la Faculté. Étant tous diplômés de l’Université, nous sommes redevables du succès de nos carrières et de notre patrimoine familial», souligne Charles Tardif.

Ce don est par ailleurs une façon de répondre aux enjeux environnementaux, ajoute son frère François. «Face aux grands défis de l’avenir, on sait que les forêts et le bois sont source de solution. C’est pourquoi on se tourne vers une institution en mesure de donner une plus grande valeur à ce matériau. Le problème environnemental relève de la responsabilité de tous. Ayant la chance de pouvoir contribuer, il allait de soi qu’on le fasse.»

Pour lui, l’Université Laval est un acteur clé du milieu forestier, notamment par l'expertise de nombreuses organisations de recherche en sciences du bois et de la forêt. «L’Université a mis sur pied un modèle très créatif de chaires de recherche. Il s’agit d’un moyen pratique de rapprocher l’industrie et les universitaires. Des chercheurs développent non seulement de nouvelles connaissances, ils transforment ces activités de recherche en pertinence d’affaires. C’est pour moi fantastique de les voir s’intéresser aux façons qu’un modèle d’affaires tienne la route au point de vue économique, sociétal et environnemental.»         

Une passion qui ne date pas d’hier

«C’est inné!», répond Gilbert Tardif, tout sourire, lorsqu’on lui demande d’où lui vient sa passion de la foresterie. Né dans la région de Victoriaville, il a été élevé près d’une forêt, où il allait couper du bois de chauffage. Rapidement, il s’est intéressé au bois comme matériau de construction avec le souci de préserver la beauté de la nature.

Étudiant à la Faculté de génie forestier dans les années 1950, Gilbert Tardif a été témoin de la fondation de la Cité universitaire à Sainte-Foy. De cette période, il garde de précieux souvenirs. «Notre pavillon était le seul, en plein milieu d’un champ! Le campus n’avait pas la même envergure qu’aujourd’hui, mais nous avions des laboratoires révolutionnaires pour l’époque. Ce fut le début de mon immersion dans ce milieu», se rappelle celui qui a aussi étudié à l’Université de l’État de New York et à l’Université d’État de Caroline du Nord.

Pour le jeune ingénieur forestier qu’il était, une chose était claire: il voulait être son propre patron. «Être un employé au service d’une organisation ne m’intéressait pas. Je suis le fils d’un cultivateur, qui avait sa terre à lui et pouvait prendre ses propres décisions. Comme lui, je voulais être libre et avoir mon entreprise, quitte à courir des risques plus grands.»

Aujourd’hui, Maibec emploie environ 600 personnes au Québec, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis. Après avoir fait sa marque dans l’industrie du bois de construction, la compagnie s’est départi de cette division récemment pour se concentrer sur les revêtements de bâtiments. Plusieurs projets d’expansion sont sur les rails. S’il a quitté la présidence en 2004, Gilbert Tardif continue de s’impliquer dans l’entreprise familiale comme conseiller. Chaque matin, quatre jours par semaine, il se présente à son bureau à 7h45.

Ce dévouement et cet amour du métier ont servi de bougie d’allumage pour Charles Tardif durant son adolescence. «Mon père n’est pas quelqu’un qui parle beaucoup. À la maison, il ne nous a jamais expliqué ce qu’est un ingénieur forestier ou ce qu’il faisait chez Maibec. Ce qui m’a marqué, c’était de le voir heureux et épanoui. À 17 ans, j’ai abandonné mes plans d’étudier en médecine pour aller travailler en forêt. Mon fils, qui travaille à son tour en foresterie, m’a déjà dit: “je me pince quand je pense à ce que je fais”. C’est comme ça que je me sens moi aussi. J’ai une carrière que j’adore, car j’ai eu la chance d’être bien inspiré.»

Au centre, la famille Tardif est entourée d'une partie des employés de Maibec, de la rectrice Sophie D'Amours, du doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, Guy Mercier, et du vice-recteur Robert Beauregard.

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