Vie universitaire

Jimena Ruiz Aragon ou l’importance d’essayer et d’oser

Il n’y a pas que les notes parfaites pour témoigner de l’excellence d’un dossier universitaire. Prendre part à la vie de son milieu, y faire différentes expériences, ça compte aussi beaucoup.

Par : Brigitte Trudel
Jimena Ruiz Aragon, lauréate du prix Inspiration au Gala de la vie étudiante 2021
Jimena Ruiz Aragon, lauréate du prix Inspiration au Gala de la vie étudiante 2021

À l'aube de sa vie professionnelle, voilà l'un des constats qui définit le cheminement de Jimena Ruiz Aragon. Détentrice depuis peu d'un baccalauréat en relations industrielles, employée de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), dont elle compte parmi les plus jeunes conseillères syndicales, elle a reçu le prix Inspiration au Gala de la vie étudiante 2021.

Si le parcours de la diplômée n'a pas toujours été sans heurts, c'est qu'elle a dû composer depuis l'enfance avec un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité, diagnostiqué à la fin de son cursus universitaire.

«Je ne le savais pas, j'ai grandi avec ça. À l'école, j'étais sage, alors je suis passée sous le radar. Je me suis débrouillée, mais arrivée à l'université, ça m'a vraiment frappée. J'ai eu des échecs.» Des imprévus dans son cheminement qui lui ont appris à rebondir, constate-t-elle. Et, surtout, ils n'ont pas diminué sa passion pour son domaine d'études.

Défendre la cause des travailleurs

D'abord inscrite au baccalauréat en études internationales et langues modernes, Jimena constate que ce n'est pas sa branche. Après une brève pause, elle tente de nouveau sa chance, cette fois en relations industrielles. Là, c'est le coup de foudre. «Combat contre les injustices en milieu de travail, défense des droits des travailleurs, j'ai eu la piqûre pour le syndicalisme», relate-t-elle.

Sa volonté de changer les choses s'est aussi développée grâce à ses expériences parascolaires. «Il n'y a pas que les résultats parfaits qui comptent. S'impliquer dans son milieu, ça fait toute la différence.» À ce chapitre, la diplômée a été inspirée très tôt. «Mes parents étaient très engagés en politique. En les voyant agir pour améliorer les choses, j'ai suivi leur exemple. C'est une valeur qu'ils m'ont transmise.»

Durant son passage sur le campus, Jimena a notamment été membre de l'Association des étudiants.e.s en sciences sociales (AESS), dont elle a assuré la présidence entre 2018 et 2019. Elle s'est aussi démarquée dans le cadre du Symposium GRH. Cette compétition annuelle rassemble 250 étudiants provenant de 8 universités de l'est du Canada. Elle met à l'avant-plan le savoir-faire étudiant en gestion des ressources humaines. L'Université Laval a atteint le podium chaque fois que Jimena a fait partie de l'équipe, un an comme participante et deux comme entraîneuse.

La diplômée a aussi été vice-présidente à la mobilisation et aux relations de travail du Syndicat des travailleurs et travailleuses étudiant.e.s et postdoctoraux de l'Université Laval d'août 2019 à décembre 2019. Elle a aussi œuvré au sein du Comité des finissants de son département et au sein de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval.

«Combat contre les injustices en milieu de travail, défense des droits des travailleurs, j’ai eu la piqûre pour le syndicalisme», relate Jimena Ruiz Aragon. La place des travailleurs issus de l’immigration, l’accès aux femmes à des postes décisionnels, la valorisation des métiers typiquement féminins: voilà des luttes qu’entend mener la jeune syndicaliste dans le cadre de ses fonctions à la CSN, où elle est l’une des plus jeunes conseillères syndicales.

La sagesse de sa grand-mère

En plus de ses parents, Jimena mentionne comme autre grande source d'inspiration sa grand-mère, Marina, qui habite au Mexique. «Elle est super posée. Pendant que j'étais présidente de l'AESS, je l'appelais souvent. Je voulais faire plaisir à tout le monde, tout le temps. Elle m'aidait à relativiser. Tu fais ce que tu peux. Parfois, ça ne sert à rien de forcer. Et ceux qui critiquent, on peut les écouter pour autant qu'ils proposent des solutions.»

Ses engagements multiples et les précieux conseils de sa grand-mère l'ont aidée à se forger comme leader, assure-t-elle. «Moi qui suis plutôt impulsive, je mesure mieux comment doser mes efforts et mes priorités. J'ai aussi développé beaucoup de tact, appris à écouter les autres et à reconnaître leurs bonnes idées.»

Chaque expérience compte

Jimena Ruiz Aragon met en pratique ces qualités dans le cadre de ses fonctions à la CSN. La soif de justice, l'équité, la reconnaissance de l'ensemble des métiers à leur juste valeur sont autant de thèmes qui l'animent. La place des travailleurs issus de l'immigration, l'accès aux femmes à des postes décisionnels, la valorisation des métiers typiquement féminins également. «Au Québec, quand un homme gagne un dollar, une femme gagne 80 cents, déplore-t-elle. Je veux contribuer à établir l'équilibre. L'égalité homme-femme me tient à cœur.»

Le 8 mars dernier, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, elle a d'ailleurs livré un discours à ce sujet lors de la séance virtuelle de la Chambre des communes du Canada. Pour faire cette déclaration, la bachelière avait été sélectionnée parmi les 300 participantes au programme Héritières du suffrage. Dans un avenir rapproché, elle a d'ailleurs l'intention de briguer un poste en politique.

D'ici là, en plus de son travail à temps plein, Jimena poursuit ses études au microprogramme de 2e cycle en prévention et règlement des différends de l'Université de Sherbrooke. «Tout milieu de travail devrait être sécuritaire pour assurer la santé physique et psychologique des travailleurs, estime-t-elle. En tant que professionnelle, je veux acquérir des compétences qui me permettront d'intervenir à la source, avant que surgissent les situations conflictuelles.»

Le riche parcours de la lauréate peut donner l'impression qu'à force d'acharnement tout lui réussit. «Ce n'est pas le cas, corrige-t-elle. J'ai déjà brigué des postes que je n'ai pas obtenus. Ce qu'on gagne de chaque expérience est parfois subtil et ce n'est que plus tard qu'on le réalise. Ma grand-mère m'a aussi appris que parfois, ça ne sert à rien de forcer. Par contre, c'est nettement préférable d'essayer plutôt que de se dire: “Si seulement j'avais osé”.»

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