Société

Pour un système civilisé

Le capitalisme peut conduire aux pires excès s’il n’est pas réglementé

Par : Renée Larochelle
Imaginez une partie de hockey où les joueurs décideraient de ne plus respecter les règles du jeu et édicteraient leurs propres règlements. Il faudrait qu’un arbitre donne un bon coup de sifflet afin que le jeu reprenne de la bonne façon, avec les mêmes règles en vigueur pour tout le monde. Il en va du capitalisme comme dans les sports : la compétition et la concurrence sont stimulantes et ont de bons côtés, mais ils peuvent conduire aux pires excès lorsqu’il y a absence de réglementation. La comparaison est de François Blais, professeur au Département de science politique et doyen de la Faculté des sciences sociales, qui participait le 1er décembre à la rencontre Participe Présent, au Musée de la civilisation. Thème de l’événement: «Crise, récession, angoisse… Faut-il civiliser le capitalisme?»   

La machine à profits
«Personne ne peut être contre le fait qu’on doit amener le capitalisme à un niveau supérieur, dit François Blais. Le capitalisme doit être plus juste qu’il ne l’est maintenant. Ce n’est pas tout qu’il y ait réglementation, il faut aussi qu’il y ait redistribution de la richesse. En ce sens, le capitalisme ne doit pas seulement être une machine à profits mais il doit aussi favoriser l’égalité. Et si on veut favoriser l’égalité, on a du pain sur la planche.» Selon François Blais, le capitalisme égalitaire, où chacun a la possibilité de profiter de la richesse, a connu son apogée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis, alors que le pays se trouvait au sommet de sa puissance et jouissait d’une stabilité monétaire très forte. Cette stabilité allait de pair  à un système de régulation par lequel les gouvernements étaient en mesure de protéger leurs économies de l’impact des grands flux internationaux de capitaux.

«Le milieu des années 1980 marque le début des inégalités concernant les revenus de travail, souligne Francois Blais. Les plus riches sont devenus encore plus riches et les pauvres se sont enfoncés davantage dans la pauvreté. Avec la crise financière et économique qui balaie actuellement la planète, les riches perdent de l’argent à la Bourse mais les pauvres, eux, perdent leur emploi.» Selon Francois Blais, le droit de non-ingérence était peut-être une bonne chose au 19e siècle mais les choses ont changé. Aujourd’hui, la crise nécessite le recours aux institutions internationales pour soumettre les États, si besoin est. Enfin, pour freiner cette course à la consommation qui endette les ménages, le politologue propose qu’on taxe la consommation au lieu de taxer les revenus.

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