Société

Le code gagnant

Le succès des romans de Dan Brown s’expliquerait par le fait qu’ils donnent au lecteur des réponses simples à des questions compliquées

Par : Renée Larochelle
Une journée après sa sortie, le 15 septembre, le dernier roman de Dan Brown, The Lost Symbol, atteignait le million d’exemplaires vendus. Parions que cette nouvelle enquête policière se déroulant sur fond de franc-maçonnerie sera aussi populaire que Da Vinci Code, dernier tome de la trilogie de Dan Brown (avec Anges et Démons) qui a battu des records avec 82 millions d’exemplaires vendus lors de sa sortie en 2003.  Selon Alain Bouchard, sociologue des religions et chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences religieuses, ce succès phénoménal tient ausfait que les gens sont à la recherche de réponses simples à la complexité de la vie et que ce type de roman leur en fournit.   

«Ce que nous propose Dan Brown, c’est une vision manichéenne du monde où la nuance n’existe pas, explique Alain Bouchard. Dans Da Vinci Code, la thèse du complot ourdi par l’Église catholique donne au lecteur le sentiment qu’il a une emprise sur les événements parce qu’il connaît maintenant les dessous de l’histoire. "Tiens, tiens, se dit-il en substance, on nous a caché des choses. Méfions-nous des institutions religieuses et des individus." En ce sens, Dan Brown crée une atmosphère qui est tout à fait dans l’air du temps.  Même la façon dont le livre est découpé reflète notre monde, axé sur la rapidité et l’efficacité: les chapitres sont courts et il faut que cela soit  punché.» 

Une recette éprouvée
Benoît Doyon-Gosselin, professeur au Département des littératures, estime que Dan Brown tient dans ses romans une recette éprouvée – ce qui n’a rien de péjoratif à ses yeux - avec cet habile mélange d’enquêtes policières et de sociétés secrètes. L’auteur sait que le lecteur veut bien se casser la tête mais qu’il ne veut pas être trop dépaysé. Il sait aussi que l’être humain est toujours un peu voyeur. Reste à voir si The Lost Symbol captivera autant le public que Da Vinci Code où l’Église catholique et l’Opus Dei étaient mis sous les projecteurs. Par contre, une chose est sûre, croit Benoît Doyon-Gosselin. Comme cela s’est produit avec certains romans de Stephen King ou avec les Harry Potter portés à l’écran, il y aura une convergence intéressante entre la littérature et le cinéma. «Certaines personnes qui n’avaient pas lu Da Vinci Code ou Anges et Démons mais qui sont allées voir les films voudront peut-être lire The Lost Symbol», dit-il.

Que dire de ceux et celles qui lèvent le nez sur les livres de Dan Brown en prétextant que cette littérature dégage une odeur de popularité trop forte et que, en raison de son caractère purement divertissant et distrayant, elle n’apporte rien d’autre que du vent? «Je ne serais pas professeur de littérature aujourd’hui si je n’avais pas lu Stephen King à l’âge de 12 ans, affirme Benoît Doyon-Gosselin. Ces lectures m’ont amené à lire d’autres grands maîtres de la littérature fantastique comme Edgar Allan Poe ou Lovecraft. À mon avis, il ne faut pas essayer d’établir des niveaux de culture. Car nos lectures nous amènent toujours à autre chose.»    

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