Société

La planète sous l’œil du Francoscope

L’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone lance un nouvel outil de suivi des populations de langue française à travers le monde

La carte mondiale des francophones est l’un des quatre modules constituant le Francoscope. Elle montre, du rouge foncé jusqu'au jaune le plus pâle, le poids de l’effectif francophone dans un pays donné.
La carte mondiale des francophones est l’un des quatre modules constituant le Francoscope. Elle montre, du rouge foncé jusqu'au jaune le plus pâle, le poids de l’effectif francophone dans un pays donné.

Au mois de mars dernier, selon la plus récente estimation, la population de francophones dans le monde s’établissait à 308,6 millions de personnes. L’Afrique venait en tête avec 148 millions, suivie de près par l’Europe avec 135 millions. La France était le pays comptant le plus grand nombre de francophones dans le monde, avec 63 millions de personnes. À l’autre bout du spectre, parmi les pays pour lesquels des données sont disponibles, l’Uruguay était le pays qui en comptait le moins, avec 5000. Au Canada, 73% des 11 millions de francophones se trouvaient au Québec, soit 8 millions de personnes. Ces statistiques et une multitude d’autres sont regroupées dans le Francoscope, le nouvel outil de suivi de l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone de l’Université Laval.

«Le Francoscope est une plateforme Web dynamique qui a comme mandat la diffusion des mises à jour périodiques des effectifs de francophones dans le monde», explique le professionnel de recherche Laurent Richard, coréalisateur de cet outil avec Richard Marcoux, professeur au Département de sociologie et directeur de l’Observatoire. «Nous utilisons notamment les dernières projections démographiques de l’ONU, dit-il. Les plus récentes ont été diffusées en août 2019.»

Selon lui, l’Observatoire voulait, par cette réalisation, souligner deux événements, d’abord la Journée de la francophonie, qui se tient le 20 mars, et le 50e anniversaire de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). «Nous avons pensé au Francoscope en réponse à un constat, poursuit-il. À l’Observatoire, nous avons l’habitude de collaborer avec l’OIF, notamment au rapport La langue française dans le monde. Cet ouvrage paraît tous les quatre ans. Or, la population générale tout comme les spécialistes nous disent régulièrement leur intérêt à avoir des statistiques récentes. Nous recevons aussi des demandes de différents pays. Le Francoscope a donc vu le jour pour répondre à ces différents besoins à l’intérieur des quatre ans.»

Une centaine de pays

Le Francoscope couvre une centaine de pays ainsi que des entités géographiques sans statut de pays, comme les provinces canadiennes ou les territoires outre-mer français. Son infrastructure technologique permet à l’usager de filtrer, trier et télécharger les données. La plateforme comprend quatre modules. Le premier présente un tableau général des effectifs et des pourcentages de francophones dans le monde. Le deuxième module est un graphique de la répartition mondiale des francophones. Le troisième a la forme d’une carte mondiale des francophones. Et le quatrième module présente une carte des francophones au Canada.

«Tout ce que nous publions demeure des estimations, à la fois des effectifs et des pourcentages, souligne Laurent Richard. L’usager du Francoscope doit aussi tenir compte du fait que la définition d’un francophone peut varier d’une région géographique à une autre. Ainsi, en Afrique, un francophone est celui qui est capable de lire et écrire en français. Au Canada, c’est quelqu’un qui peut soutenir une conversation dans cette langue.»

La RDC, au deuxième rang mondial

Le graphique de la répartition mondiale des francophones révèle notamment que les trois pays voisins de la France que sont l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni comptent respectivement 12, 11 et 11 millions de francophones. La carte mondiale des francophones, elle, montre, du rouge foncé jusqu'au jaune le plus pâle, le poids de l’effectif francophone dans un pays donné. Après la France, la République démocratique du Congo (RDC) possède le plus fort contingent de francophones, soit 45 millions de personnes. Fait particulièrement intéressant, le Francoscope donne le pourcentage des francophones dans l’ensemble de la population d’un pays donné. En RDC, c’est 50%.

«Ce qui me frappe davantage, soutient Laurent Richard, c’est le peu de pays où les francophones représentent 75% et plus de la population. Ce sont, entre autres, la France, la Belgique et le Luxembourg. Le mot magique est “pays”. Si le Québec était un pays, son pourcentage de francophones serait de 93%. Mais on ne le voit pas sur la carte. C’est pour cela que nous avons créé le quatrième module. Au Canada, les gens aiment bien se comparer. On y trouve près de 29% de francophones d’un océan à l’autre.»

La carte des francophones du Canada montre tout d’abord la présence de personnes parlant le français dans chacune des provinces et territoires. La part du lion revient au Québec et ses 7,9 millions de francophones. À l’autre extrémité se trouve le Nunavut avec 2000 francophones. Entre les deux, il y a notamment la Nouvelle-Écosse (101 000), l’Alberta (295 000) et le Nouveau-Brunswick (325 000).

«Une information moins connue du grand public est que la province la plus peuplée en francophones après le Québec est l’Ontario, et non le Nouveau-Brunswick comme l’on pense généralement, indique Laurent Richard. On compte 1,6 million de francophones en Ontario. La carte donne aussi le pourcentage du poids de la communauté francophone dans chacune des provinces ou territoires. Ainsi, les francophones du Nouveau-Brunswick pèsent près de 42% de toute la population provinciale. En Ontario, ce pourcentage n’est que de 11 %. Il tombe à près de 7% en Colombie-Britannique et à 5% à Terre-Neuve.»

Consulter le Francoscope 

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