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Une deuxième vie

Les reins prélevés chez les personnes âgées décédées pourraient remédier en partie à la pénurie actuelle d'organes

Par : Jean Hamann
Au Canada, au moins la moitié des personnes âgées de plus 60 ans qui sont en attente d’une greffe de reins mourront avant qu’un donneur ne se manifeste. Et, avec le vieillissement de la population, les choses n’iront pas en s’améliorant. Selon une équipe de la Faculté de médecine, il existe une solution pour combler, en partie du moins, l’écart grandissant entre l’offre et la demande pour ces précieux organes: élargir le bassin de donneurs en se tournant vers les personnes âgées décédées et greffer leurs deux reins plutôt qu'un seul. À en juger par les transplantations effectuées à l’Hôtel-Dieu de Québec depuis huit ans, ces «vieux» reins, dont personne ne voulait auparavant, donnent des résultats très encourageants.
   
C’est le bilan auquel arrivent le résident en néphrologie Sacha De Serres et les professeurs Isabelle Côté, Jean-Guy Lachance, Réal Noël et Isabelle Houde après avoir comparé les patients qui ont reçu des reins, entre 1999 et 2007, provenant de donneurs âgés (69 ans en moyenne), de donneurs marginaux (62 ans) et de donneurs idéaux (24 ans), à l'Hôtel-Dieu de Québec. Leurs analyses, présentées le 27 mai lors de la 10e Journée annuelle de la recherche en médecine, ainsi que le 2 juin à Toronto, à l’occasion de l’American Transplant Congress, montrent que les taux de survie des patients et des reins greffés sont similaires dans les trois groupes. Si l'on exclut les personnes décédées de causes indépendantes de la fonction rénale, 90 % des reins tiennent encore le coup cinq ans après l'intervention.
   
Auparavant, les reins des donneurs âgés n’étaient pas utilisés parce que, évalués séparément, on ne les jugeait pas assez efficaces pour être greffés sur un patient. Toutefois, la situation change radicalement lorsqu'il y a double greffe: les patients recouvrent une fonction rénale suffisante pour ne plus avoir recours à la dialyse. «C'est une intervention plus complexe que la greffe habituellement pratiquée, reconnaît Sacha De Serres, mais les médecins de l’Hôtel-Dieu de Québec possèdent maintenant une expertise dans le domaine. Nous sommes les seuls au Québec à effectuer cette chirurgie et, au Canada, c’est ici qu'elle est le plus souvent pratiquée.»

Entre 1999 et 2007, les médecins de l'Hôtel-Dieu de Québec ont effectué 392 greffes rénales, dont 63 doubles greffes. Cette approche leur a donc permis d'augmenter de 19 % le nombre de transplantations. «Les hôpitaux avisent maintenant Transplant Québec lorsqu'un patient âgé décède, au cas où ses reins pourraient servir. On ne voyait pas ça il y a dix ans», ajoute le résident avec une certaine fierté.

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