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Ted Hewitt en mode écoute

Le président du CRSH est venu tâter le pouls de la communauté de la recherche en sciences humaines à l'Université

Par : Jean Hamann
«Beaucoup de choses ont changé à Ottawa au cours des derniers mois», a rappelé Ted Hewitt, président du CRSH. Le budget fédéral déposé en mars comprenait une augmentation de 141 M$ pour les trois grands conseils subventionnaires canadiens, dont 23 M$ pour le CRSH.
«Beaucoup de choses ont changé à Ottawa au cours des derniers mois», a rappelé Ted Hewitt, président du CRSH. Le budget fédéral déposé en mars comprenait une augmentation de 141 M$ pour les trois grands conseils subventionnaires canadiens, dont 23 M$ pour le CRSH.
Le président du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), Ted Hewitt, était de passage sur le campus les 4 et 5 mai pour tâter le pouls de la communauté de la recherche en sciences humaines à l'Université. Après une rencontre avec le recteur Denis Brière et l'équipe du Vice-rectorat à la recherche et à la création, et une session de travail avec les doyens et les vice-doyens à la recherche, M. Hewitt a rencontré les chercheurs, étudiants-chercheurs et responsables facultaires de la recherche. Le message qu'il leur a livré était clair et porteur d'espoir: les changements survenus à Ottawa au cours des derniers mois annoncent des jours meilleurs pour la recherche en sciences humaines au Canada.

En effet, l'arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau a été suivie d'un important réinvestissement en recherche. Le budget déposé en mars comprenait une augmentation de 141 M$ pour les trois grands conseils subventionnaires fédéraux, dont 23 M$ pour le CRSH. «C'est la plus importante augmentation des dix dernières années, a précisé Ted Hewitt. La ministre des Sciences, Kirsty Duncan, m'a dit qu'il pourrait y avoir de nouveaux investissements prochainement.»

Visiblement venu pour échanger avec son auditoire plutôt que pour tenir de longs discours, Ted Hewitt n'a pris que quelques minutes pour présenter le CRSH, sa mission et les grandes lignes de son plan stratégique 2016-2020. Rappelons que cet organisme fédéral gère des programmes de subventions à la recherche ainsi que des programmes de bourses aux étudiants-chercheurs. Au Canada, la communauté de la recherche en sciences humaines compte quelque 24 000 professeurs, 21 000 étudiants au doctorat et 46 000 étudiants à la maîtrise. Le budget 2015-2016 du CRSH s'élève à 350 M$. La part du lion, soit 169 M$, va aux programmes de bourses d'études. Le programme Savoir, qui soutient les projets de recherche, dispose de 153 M$ alors que l'enveloppe du programme Connexion, qui finance les activités de réseautage, de diffusion et de partenariat, s'élève à 28 M$.

Les questions adressées à Ted Hewitt ont surtout porté sur deux préoccupations des chercheurs. La première est le faible taux de succès aux trois concours du CRSH. Pour le programme Savoir, ce taux était d'environ 23% en 2015 et il est passé à 30% cette année. «C'est mieux, mais à mon avis, c'est encore trop bas, estime le président du CRSH. Un taux qui se situerait entre 35% et 40% serait plus acceptable. Avec la hausse de notre budget, nous devrions y arriver. Pour le programme Développement du savoir (dont 50% de l'enveloppe est réservée aux jeunes chercheurs), on devrait viser un taux de 45% parce qu'il est important d'aider les chercheurs en début de carrière.»

Le deuxième problème soulevé par les chercheurs met en relief le difficile exercice de l'interdisciplinarité en financement de la recherche. Même si, à l'instar des autres organismes subventionnaires, le CRSH encourage fortement la collaboration entre chercheurs de différents domaines, l'évaluation des demandes de subvention se fait encore par des comités fonctionnant par regroupement disciplinaire. Selon les chercheurs, cette mécanique d'évaluation est mal adaptée aux demandes qui transcendent les frontières sectorielles des sciences humaines.

Le problème existe également pour les projets qui se situent à l'interface des sciences humaines et de la santé ou des sciences pures ou appliquées; ces projets se retrouvent, eux aussi, dans une délicate situation puisqu'ils tombent entre deux conseils subventionnaires. Ted Hewitt admet qu'il s'agit de problèmes auxquels il faut s'attaquer. «Nous cherchons présentement une meilleure façon d'évaluer ce type de projets. C'est une question sur laquelle nous nous penchons au CRSH et nous échangeons avec les autres conseils subventionnaires sur le sujet parce que nous tenons à encourager l'interdisciplinarité.»

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