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Technologie de pointe sur un terrain de fouille

Mathieu Rondeau, étudiant à la maîtrise en sciences géomatiques, a conçu un prototype de logiciel qui permet de comprendre un site archéologique avec plus de rapidité et de facilité

Par : Yvon Larose
Mathieu Rondeau utilisant l'Arch-Tablet sur le terrain de fouille de la terrasse Dufferin à Québec
Mathieu Rondeau utilisant l'Arch-Tablet sur le terrain de fouille de la terrasse Dufferin à Québec
«Enthousiaste.» C’est ainsi que Mathieu Rondeau, étudiant à la maîtrise en sciences géomatiques, qualifie l’accueil qu’ont réservé des archéologues de Parc Canada au prototype de logiciel géomatique mobile qu’il a conçu durant sa recherche de maîtrise et qu’il a mis à l’essai, l’automne dernier, sur le chantier archéologique de la terrasse Dufferin à Québec. Selon lui, le logiciel Arch-Tablet améliore de manière très significative le travail de l’archéologue en permettant de réaliser rapidement et facilement des croquis numériques géoréférencés et à l’échelle. «Le prototype fonctionne bien, dit-il, et il permet d’acquérir de la donnée géospatiale de manière juste.»

La donnée géospatiale se trouve au cœur du processus d’acquisition de l’information que l’on prélève sur chaque couche de sol mise au jour durant une fouille. Cette information doit être documentée au fur et à mesure que l’on creuse le sol, sinon elle est perdue à jamais. Or, la méthode d’acquisition classique limite la qualité de la donnée géospatiale recueillie. Cette méthode a recours au mètre ruban, à la feuille de papier quadrillée et au crayon de plomb. Les croquis sont longs à réaliser, ils deviennent rapidement difficiles à lire en raison de toutes les données que l’on y inscrit, leur précision est faible et ils sont sujets à des erreurs de transcription des mesures.

Arch-Tablet permet, en revanche, de réaliser rapidement des croquis de qualité, de les modifier et de les réutiliser. «Les croquis sont peu encombrés, indique Mathieu Rondeau. Chaque objet dessiné est cliquable et peut être documenté à l’intérieur d’une fenêtre «pop-up» où l’on entre commentaires et analyses.» Un autre avantage est la précision des proportions et la précision du tracé des contours, un résultat obtenu par le recours à la photographie redressée. Cette technique permet de corriger un cliché numérique de l’effet de perspective qui fausse les proportions de l’image. «L’emploi de la photographie redressée est nouveau dans le contexte, explique l’étudiant. L’archéologue fait rapidement un dessin à main levée à l’échelle en calquant son tracé sur la photo.» Grâce au format numérique, on peut mettre les croquis facilement en relation avec les données connexes.

Le logiciel Arch-Tablet peut fonctionner sous n’importe quel système d’exploitation. On l’utilise avec un ordinateur portable de terrain, mais aussi avec un ordinateur de bureau comme outil d’analyse. Son interface est simple, épurée et comprend cinq composantes, dont l’arborescence de fichiers. Celle-ci est structurée comme un chantier de fouille (par chantier, carré et unité). Cela permet la navigation rapide, facile et intuitive à travers les données enregistrées.

Une approche participative pour un produit sur mesure
Si le prototype a reçu un tel accueil des archéologues, c’est parce qu’il colle de très près à la réalité et aux besoins de ces professionnels. «De l’analyse des besoins à la mise en service du produit, j’ai voulu associer les archéologues à chaque étape du développement pour être sûr de bien cadrer les besoins exprimés», indique Mathieu Rondeau. Selon lui, le milieu de l’archéologie a la réputation d’être parfois quelque peu réfractaire à l’apport de technologies sur les chantiers. «Les archéologues sont profondément attachés à leur manière de travailler sur le terrain, souligne l’étudiant. Je me rappelle avoir senti une certaine réticence lors du lancement du projet à l’automne 2005. Cependant, après une année de travail collaboratif, ils demandent aujourd’hui si le développement du produit va se poursuivre.»
Le projet Arch-Tablet a été financé par le réseau de centres d’excellence Géoïde basé à l’Université Laval. Il est placé sous la direction des professeurs Stéphane Roche et Marie-Christine Roy, respectivement du Département des sciences géomatiques et du Département des sciences de l’information. Il s’inscrit dans le projet interuniversitaire Archéogéomatique. «Le prototype n’est pas entièrement terminé, précise Mathieu Rondeau. Par ailleurs, des discussions sont en cours concernant le développement d’une version commercialisable du produit.»

L’Université Laval est la seule université au Québec à offrir une formation en géomatique aux trois cycles d’études universitaires. Elle est en outre reconnue comme le plus important centre d’enseignement et de recherche en géomatique dans la francophonie et l’un des plus importants en Amérique du Nord. Par ailleurs, la région de Québec exerce un véritable leadership en ce domaine grâce à l’Université, des entreprises spécialisées et le gouvernement du Québec comme utilisateur de géomatique. La géomatique figure parmi les formations universitaires offrant les meilleures perspectives d'emploi au Québec en 2007.

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