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Sur les genoux

L'attente pour un remplacement de genou a des répercussions avant et après la chirurgie

Par : Jean Hamann
Les exercices de préadaptation améliorent la qualité de vie avant l'opération et ils accélèrent la récupération après la chirurgie de remplacement du genou.
Les exercices de préadaptation améliorent la qualité de vie avant l'opération et ils accélèrent la récupération après la chirurgie de remplacement du genou.
Plus une personne attend avant de subir un remplacement de genou, plus elle risque d'en souffrir avant et après l'opération. C'est ce que démontre une étude publiée dans l'édition en ligne de la revue Journal of Evaluation in Clinical Practice par les chercheurs François Desmeules, Clermont Dionne, Étienne Belzile, Renée Bourbonnais et Pierre Frémont, de l'Unité de recherche en santé des populations.   
   
Les chercheurs ont recruté près de 200 patients qui devaient subir un remplacement complet du genou et ils ont évalué leur qualité de vie, leurs douleurs et leurs limitations fonctionnelles avant l'intervention et 6 mois après la chirurgie. Le temps d'attente moyen des participants s'établissait à 184 jours; 42 % d'entre eux ont dû patienter au-delà de la limite de 6 mois que s'est fixée le ministère de la Santé et des Services sociaux. «Le temps d'attente que nous avons utilisé est la durée entre le moment où le nom du patient est placé sur la liste d'attente et le moment de la chirurgie, précise François Desmeules. Ça ne tient pas compte du temps, souvent plusieurs mois, que le patient a attendu pour sa consultation avec un orthopédiste.» 

Pendant la période précédant la chirurgie, les patients qui ont attendu 9 mois ou plus ont subi une détérioration significative de leur condition sur le plan de la douleur, des limitations fonctionnelles et de la qualité de vie. De plus, en raison d'un mécanisme de compensation, les sujets qui ont attendu plus de 6 mois ont aussi rapporté une augmentation de la douleur à leur «bon genou» (celui qui n'allait pas faire l'objet d'une chirurgie). «La détérioration que nous avons observée aurait été encore plus grande si nous avions évalué les patients à partir de leur première visite médicale», souligne François Desmeules.
   
Six mois après l'intervention, les patients qui avaient attendu plus de 9 mois présentaient une moins bonne qualité de vie que les autres patients, notamment en raison d'une diminution de la quantité de travail ou d'activités qu'ils étaient en mesure d'accomplir. La douleur au genou non opéré était également plus grande chez les patients qui avaient dû patienter plus de 9 mois. «Ces résultats ne constituent pas une surprise, mais ils montrent clairement qu'il y a une limite à l'attente qu'on peut imposer à des patients qui doivent subir un remplacement du genou, résume le chercheur qui a consacré sa thèse de doctorat à cette question et qui enseigne maintenant à l'École de réadaptation de l'Université de Montréal.
   
Le professeur Desmeules croit qu'il est possible d'améliorer les choses en s'inspirant de nos voisins ontariens. Au Québec, les patients en attente d'une chirurgie sont retournés chez eux et laissés à eux-mêmes. En Ontario, les patients qui souffrent d'ostéoarthrite du genou sont dirigés vers des centres spécialisés où une équipe multidisciplinaire s'occupe de leur cas, leur prescrivant médicaments et exercices. Lorsque l'état d'un patient se détériore et que la chirurgie devient nécessaire, on lui propose un programme d'exercices de pré-réadaptation qu'il suit en attendant l'opération. «Ces exercices améliorent la qualité de vie avant l'opération et ils accélèrent la récupération après la chirurgie, souligne-t-il. Il faudrait quelque chose de semblable au Québec parce que, en raison du vieillissement de la population et de la prévalence de l'obésité, la demande pour les remplacements de genou va exploser au cours des prochaines années.»

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