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Quand l'imagerie influence l'architecture

Du 17e au 19e siècle, les cartes et les plans, ensuite les gravures et les tableaux représentant Québec ont eu un effet sur le développement de la ville

Par : Yvon Larose
Du temps de la Nouvelle-France, aux 17e et 18e siècles, les artistes, architectes et cartographes qui avaient pour mandat de représenter Québec le faisaient en respectant habituellement le même ensemble de conventions. Sur les images qui nous sont parvenues de cette époque, la cité de Champlain est en général présentée à partir d’un point d’observation situé sur le fleuve Saint-Laurent. Ce point est surélevé et suffisamment proche de la terre ferme pour permettre d’apprécier les détails architecturaux. Dans cette imagerie officielle, le regard se déploie d’est en ouest.

«Dans les images du Régime français, Québec avait une façade, c’était le côté fleuve Saint-Laurent que les artistes, architectes et cartographes mettaient en valeur, explique Marc Grignon, professeur d’histoire de l’art au Département d’histoire. Une conséquence de cela a été, par souci de visibilité dans l’imagerie officielle, d’apporter plus de soins au côté est qu’au côté ouest lors de la construction d’édifices importants.»

Aujourd’hui, le jeudi 12 février, le professeur Grignon prononcera une conférence au Musée de la civilisation sur le thème: «Image et représentation: le développement urbain de Québec à travers les vues et les plans anciens». Cette communication vient clore une série de six conférences présentées en collaboration avec le Département d’histoire à l’occasion du 400e anniversaire, en 2008, de la fondation de Québec.

Une nouvelle vision de l’espace urbain
La conquête de la Nouvelle-France par la Grande-Bretagne en 1759 entraîne aussitôt un bouleversement dans la manière de représenter Québec. «La manière relativement standardisée de représenter la ville est complètement chambardée, souligne Marc Grignon. Les Britanniques présentent la ville de tous bords tous côtés. Il y a des vues à partir de la rivière Saint-Charles, des plaines d’Abraham, dans la ville.»

Au 19e siècle, une nouvelle perception de la ville se fait jour. «Alors que le paysage prend beaucoup plus d’importance dans l’imagerie, Québec est perçue comme un élément à l’intérieur du paysage, indique le professeur Grignon. À partir des années 1820, on met en relation le proche et le lointain. James Pattison Cockburn a même fait une vue de Québec à partir du mont Sainte-Anne. La ville apparaît comme une petite silhouette au loin avec, au premier plan, le fleuve, les montagnes et la campagne.»

À cette époque, les artistes prennent de plus en plus la haute-ville comme point d’observation par lequel ils regardent vers l’extérieur avec le fleuve comme sujet principal. «Cette nouvelle façon de voir la ville s’est installée dans la perception populaire à un point tel qu’elle fait partie de l’architecture à la fin du 19e siècle, affirme Marc Grignon. Cette sorte de lien avec le paysage se concrétise en 1854 avec la construction, pour l’observation du paysage, de la terrasse Durham, suivie, en 1879, par celle de la terrasse Dufferin.»

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