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Objectif cerveau

Les chercheurs canadiens en neurosciences se mobilisent pour participer à un projet international visant à percer les secrets du cerveau et à mieux traiter ses dérèglements

Une équipe pancanadienne de chercheurs vient d'obtenir une subvention de 1,5 M$ des Instituts de recherche en santé du Canada pour élaborer une stratégie qui positionnera l'avancement des connaissances sur le cerveau parmi les priorités nationales en recherche. Ce financement vient aussi officialiser la création du réseau sur la Stratégie canadienne de recherche sur le cerveau, qui coordonnera la participation canadienne à l'International Brain Initiative.

La direction de la Stratégie canadienne de recherche sur le cerveau est assurée par Yves De Koninck, professeur à la Faculté de médecine et directeur du Centre de recherche CERVO de l'Université Laval, et par Judy Illes, professeure à la Faculté de médecine et directrice de Neuroethics Canada de l'Université de la Colombie-Britannique. Les leaders de 31 équipes provenant des principaux instituts et centres de recherche en neurosciences du Canada complètent le noyau qui élaborera cette stratégie.

Trois constats ont convaincu les chercheurs de l'urgence d'articuler une vision coordonnée de la recherche sur le cerveau, souligne Yves De Koninck. Le premier est la lenteur des progrès réalisés dans la lutte contre les maladies du cerveau. «On ne parvient toujours pas à guérir ou à traiter efficacement des maladies comme l'autisme, l'alzheimer, les dépendances ou la dépression. Nous croyons que la mobilisation des chercheurs en neurosciences viendra changer les choses dans ce domaine comme elle l'a fait pour les maladies cardiovasculaires. Les efforts dans ce domaine ont permis d'abaisser le taux de mortalité de 75% par rapport à ce qu'il était il y a 60 ans.»


« Au cours de sa vie, un Canadien sur trois aura une maladie du cerveau ou subira une blessure au cerveau. Ces problèmes ont souvent des effets dévastateurs sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent et sur leurs proches. »
Yves De Koninck

Le second constat touche les coûts humains et économiques engendrés par les maladies du cerveau. «Au cours de sa vie, un Canadien sur trois aura une maladie du cerveau ou subira une blessure au cerveau. Ces problèmes ont souvent des effets dévastateurs sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent et sur leurs proches. Par ailleurs, une étude réalisée en 2016 a démontré que les maladies neurologiques et les problèmes de santé mentale engendraient des coûts annuels de l'ordre de 61 milliards de dollars à l'économie canadienne. Les effets de la pandémie de COVID-19 sur le stress et l'anxiété, entre autres chez les travailleurs de la santé, mettent en lumière le fait que la santé mentale est un enjeu central dans notre société.»

Le troisième constat est l'incroyable complexité du cerveau. «Il y a 100 milliards de neurones dans le cerveau et chaque neurone peut se connecter à 10 000 autres neurones pour former des centaines de trillions de connexions. Plus on étudie le cerveau, plus on s'émerveille de sa complexité, mais plus on réalise qu'il faudra une mobilisation transdisciplinaire nationale et internationale pour en comprendre le fonctionnement et les dérèglements.»

Mobilisation internationale

La Stratégie canadienne de recherche sur le cerveau orchestrera la participation du Canada à l'International Brain Initiative. À l'instar du projet Genome Humain, qui avait mobilisé la communauté scientifique autour du séquençage du génome humain entre 1988 et 2003, l'International Brain Iniative veut regrouper des milliers de scientifiques autour d'un objectif commun: comprendre le fonctionnement du cerveau et améliorer les traitements offerts aux personnes qui souffrent de maladies touchant le cerveau.

«Plus on étudie le cerveau, plus on s'émerveille de sa complexité, mais plus on réalise qu'il faudra une mobilisation transdisciplinaire nationale et internationale pour en comprendre le fonctionnement et les dérèglements», constate Yves De Koninck.

«La participation canadienne s'articulera autour de la plasticité du cerveau, qui est sous-jacente notre capacité d'apprendre, de nous souvenir et de nous adapter, souligne le professeur De Koninck. Par ricochet, nous devrions être en mesure de mieux comprendre comment ces processus peuvent se dérégler et conduire à certains troubles et pathologies du cerveau. Nous voulons aussi nous distinguer par notre approche collaborative et concertée de faire de la recherche. Nous espérons que la façon canadienne de faire les choses servira d'exemple aux autres pays.»

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