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La vache qui pleure

Une étude met en lumière les pratiques qui affectent le bien-être des veaux dans les fermes québécoises

Par : Jean Hamann
L'amélioration des pratiques qui nuisent au bien-être des veaux répondrait aux préoccupations grandissantes de la population, en plus d'assurer une meilleure productivité des fermes laitières.
L'amélioration des pratiques qui nuisent au bien-être des veaux répondrait aux préoccupations grandissantes de la population, en plus d'assurer une meilleure productivité des fermes laitières.
Une enquête menée par des chercheurs du Département des sciences animales révèle que certaines pratiques qui ont cours dans les fermes laitières québécoises comportent des risques pour le bien-être des veaux. Les points les plus problématiques constituent autant de cibles pour une stratégie d'intervention visant l'amélioration du bien-être des animaux de ferme, soulignent les chercheurs dans l'article du Journal of Dairy Science où ils publient leurs résultats.
   
À partir de documents produits par des organismes américains préoccupés par le bien-être des animaux, Elsa Vasseur, Doris Pellerin et six collaborateurs canadiens et mexicains ont développé un questionnaire portant sur différents aspects relatifs au bien-être des veaux. Cent quinze producteurs représentatifs du secteur laitier québécois ont accepté de participer à cette enquête. Une personne mandatée par les chercheurs rencontrait chaque producteur pendant environ une heure pour remplir le questionnaire.
  
Les résultats indiquent que tout n'est pas noir dans les fermes laitières québécoises, mais que plusieurs pratiques s'écartent des recommandations touchant la bonne gestion des animaux d'élevage. Ainsi, dans 51 % des fermes, les vaches ne sont pas isolées dans un parc de vêlage au moment de la mise bas. On les laisse, comme à l'ordinaire, attachées dans leur stalle, ce qui limite leurs mouvements et peut poser des problèmes d'hygiène pour leur petit après l'expulsion.
   
La surveillance des vaches sur le point de vêler pourrait être resserrée, révèle également l'enquête. Les producteurs les surveillent une fois aux quatre heures pendant la journée et une fois aux douze heures pendant la nuit. Des visites plus régulières assureraient une intervention plus rapide advenant un problème tout en permettant de prodiguer promptement les soins que requiert un veau naissant. À cet effet, 37 % des répondants ne désinfectent pas le nombril du petit, une procédure pourtant recommandée pour prévenir les infections.
   
Le développement optimal du système immunitaire du veau dépend d'un apport suffisant en colostrum (un lait riche en anticorps sécrété par la mère lors des premières traites qui suivent la mise bas) pendant les quatre premières heures de vie. Vu la faible surveillance des femelles parturientes, il est probable que la première tétée de colostrum survienne après le délai prescrit dans une forte proportion des cas, avancent les chercheurs. La quantité totale de colostrum donné aux jeunes pendant leurs 24 premières heures de vie serait trop faible dans bien des cas, ajoutent-ils.
   
L'enquête révèle que l'élimination des bourgeons de cornes et des trayons surnuméraires est souvent effectuée après le délai prescrit. De plus, la majorité des producteurs n'utilisent ni anesthésique ni analgésique pour réduire la douleur induite par ces procédures. Enfin, dans 88 % des fermes, les veaux sont logés isolément, souvent de façon inadéquate. «Pour assurer leur bien-être, il serait préférable qu'ils soient placés en petits groupes de 5 à 10 veaux, à partir de l'âge de sept jours», signale Doris Pellerin.
   
Selon le professeur, la modification des pratiques litigieuses soulevées par cette enquête contribuerait à répondre aux préoccupations grandissantes de la population quant au bien-être des animaux, en plus d'être profitable aux producteurs laitiers. «Les éléments qui nuisent au développement physiologique des génisses risquent d'affecter leur production laitière ultérieure», souligne-t-il. Les chercheurs ont utilisé les résultats de leur étude pour élaborer un outil diagnostique grâce auquel les producteurs laitiers pourront évaluer et améliorer leurs pratiques au chapitre du bien-être des veaux.

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