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Harnacher le potentiel des forêts boréales contre les changements climatiques

Grâce à une subvention de 8,2M$, des chercheurs utiliseront le système forêts-produits-marchés pour atténuer la hausse de dioxyde de carbone atmosphérique

Par : Jean Hamann
Ces capteurs installés au sommet d'une tour à flux permettent de mesurer les échanges entre l'atmosphère et les arbres à la forêt Montmorency.
Ces capteurs installés au sommet d'une tour à flux permettent de mesurer les échanges entre l'atmosphère et les arbres à la forêt Montmorency.

Près du tiers des forêts boréales de la planète se trouve au Canada et il y aurait moyen de mieux utiliser ces vastes écosystèmes pour atténuer les changements climatiques. C'est ce que croient des chercheurs de l'Université Laval, de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et de l'Université du Québec à Chicoutimi, qui proposent d'étudier dans le menu détail les échanges de carbone, d'eau et d'énergie entre l'atmosphère et les forêts boréales afin de concevoir un modèle permettant d'atténuer l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère, tout en augmentant la part des produits de la forêt sur les marchés. En effet, leur modèle englobera les flux de carbone, d'eau et d'énergie non seulement dans les forêts, mais aussi à l'étape de la récolte des arbres, de leur transformation en usine et de leur utilisation dans la société.

Le projet est ambitieux, mais l'importance des retombées qui pourraient en découler a convaincu la Fondation canadienne pour l'innovation, le gouvernement du Québec et de nombreux partenaires d'y investir la somme de 8,2M$. Évelyne Thiffault, professeure au Département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval et chercheuse au Centre de recherche sur les matériaux renouvelables, assure la direction du projet. Son collègue François Anctil, professeur au Département de génie civil et de génie des eaux et chercheur à CentrEau, codirige le projet. Dix chercheurs principaux et une vingtaine de chercheurs collaborateurs sont rassemblés au sein de cette équipe multidisciplinaire.

Les travaux sur les écosystèmes forestiers seront menés dans les forêts d'enseignement et de recherche de chacune des universités participantes. La forêt Montmorency de l'Université Laval est la plus vaste de ces forêts et une large partie des travaux y sera réalisée. On y installera des appareils scientifiques, entre autres des capteurs de toute sorte, qui serviront à étudier les flux de carbone, d'eau et d'énergie. D'autres appareils serviront à documenter ces flux au moment de la récolte, de la transformation et de l'utilisation des produits, notamment dans les bâtiments, explique la professeure Thiffault.


« Nous voulons que nos travaux servent au développement d'une foresterie agile face au climat. »
Évelyne Thiffault

La masse de données brutes recueillies sera intégrée dans un théâtre logistique qui facilitera la visualisation interactive et la lisibilité de phénomènes complexes. «On pourra utiliser ce théâtre pour prédire les effets de certaines décisions d'aménagement forestier sur l'ensemble du système forêts-produits-marchés. Cet outil facilitera la prise de décisions et la planification des actions. Le Canada pourra ainsi accroître la place de ses produits du bois sur les marchés tout en jouant un plus grand rôle à l'échelle internationale pour atténuer les changements climatiques. Nous voulons que nos travaux servent au développement d'une foresterie agile face au climat», conclut la professeure Thiffault.

Lisez l'article présentant les quatre projets d'infrastructures majeures dirigés par des équipes de l'Université Laval qui viennent de recevoir un financement de la FCI, du gouvernement du Québec et de partenaires.

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