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Fouiller le passé au bout du monde

Des étudiants et étudiantes en archéologie ont travaillé, cet été, dans des chantiers en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud

Par : Yvon Larose
«De tels sites en pierre sont uniques pour le centre et l’ouest de l’Afrique et ils recèlent un potentiel archéologique incroyable», affirme Rébecca Janson, étudiante à la maîtrise en archéologie. Les sites en question, 15 au total, sont situés dans une région montagneuse du nord du Cameroun. Ils ont été érigés il y a environ 500 ans et couvrent une zone de 25 kilomètres carrés. Leur fonction demeure obscure car ils ne semblent avoir aucun lien culturel avec le peuple Mafa qui habite la région.

Cet été, Rébecca Janson a passé presque deux mois à DGB-1, le plus complexe des 15 sites et le plus imposant avec ses 2,5 kilomètres carrés de superficie. Engagée comme assistante-archéologue, elle dirigeait une équipe de cinq fouilleurs. En tout, une vingtaine de personnes ont travaillé à cet endroit sur trois zones de fouilles. Le projet, une initiative américaine d’une durée de trois ans, est financé par la National Science Foundation. «DGB-1 a des caractéristiques communes avec les 14 autres sites du réseau, explique l’étudiante. On y trouve notamment des terrasses, des portes, des couloirs, des escaliers et des chambres intérieures. La structure architecturale de pierre, qui tient encore très bien, est en maçonnerie sèche, sans liant.»

L’équipe de Rébecca Janson a documenté plusieurs vestiges de maçonnerie sèche. Elle a également mis au jour de nombreuses pièces de céramique, dont un pot sur trois pieds qui servait à la cuisson des aliments. On a aussi exhumé un demi-vase de bonnes dimensions, ainsi que 4 meules et plusieurs molettes qui servaient à broyer, entre autres choses, les céréales, 5 foyers et des ossements d’animaux. «Ces découvertes, souligne l’étudiante, semblent démontrer qu’en plus de possibles activités cultuelles se déroulant probablement dans la cour centrale, le site DGB-1 était également utilisé pour des activités domestiques.»

Grâce aux contacts professionnels de Réginald Auger, Allison Bain et James Woollett, tous trois professeurs au Département d’histoire, huit étudiants et étudiantes en archéologie ont pu travailler, cet été, sur des chantiers de fouilles au Cameroun, au Groenland, en Guyane française, en Islande et en Italie.

Inscrite à la maîtrise, Véronique Forbes a passé trois mois en Islande. Spécialisée en archéo-entomologie, l’étudiante a aidé aux fouilles et agi comme spécialiste des insectes dans cinq chantiers-écoles différents. L’un d’eux, un chantier-école international, s’est déroulé sur le site de Vatnsfjordur. «Je fais ma maîtrise à cet endroit, indique-t-elle. C’était mon troisième été sur ce site. J’y étudie surtout les vestiges structuraux d’une maison longue de l’ère viking et de la dernière maison de tourbe de Vatnsfjordur, au siècle dernier.»

À l’été 2007, Véronique Forbes a installé une série de pièges à insectes autour du site de Vatnsfjordur. Elle a répété l’expérience cette année. «Je veux constituer une collection de référence pour m’aider à identifier les insectes du passé, explique-t-elle. J’étudie surtout les coléoptères et les ectoparasites, soit les poux et les puces.» À partir des insectes prélevés en 2007, l’étudiante a conclu en l’existence de plaines herbeuses autour du site, il y a un millier d’années. Quant à la maison de tourbe, l’étude des insectes trouvés dans trois niveaux d’occupation a révélé de façon formelle que la cave servait à entreposer la viande séchée et le poisson séché, et qu’une autre pièce servait à l’entreposage du foin. Outre Vatnsfjordur, Véronique Forbes a travaillé sur trois dépotoirs archéologiques, dont un datant de l’ère viking à Hrisheimar. Elle a également travaillé au site de Hrisbru sur les vestiges structuraux d’une maison longue remontant, elle aussi, à l’ère viking.

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