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La recanalisation spontanée après vasectomie touche 13 % des patients

Par : Jean Hamann
La recanalisation après vasectomie est un phénomène plus fréquent que ne le croyaient les médecins. En effet, une étude internationale menée par le professeur Michel Labrecque, de la Faculté de médecine, et par quatre chercheurs américains indique que 13 % des hommes qui ont subi la «grande opération» sont victimes d’une recanalisation spontanée qui restaure leur fertilité. La majorité des rebranchements des canaux déférents – les conduits empruntés par les spermatozoïdes pour se rendre des testicules à la prostate - survient de deux à six semaines après la chirurgie, révèle l’article publié par les chercheurs dans un récent numéro de la revue scientifique BMC Urology. L’article souligne par ailleurs d’importantes et inquiétantes variations dans l’efficacité des techniques chirurgicales employées pour effectuer la vasectomie.
      
L’analyse des spermogrammes de plus de 1000 sujets a permis aux chercheurs de suivre l’évolution des rebranchements en fonction du temps écoulé depuis l’intervention et du type de chirurgie pratiquée. La technique qui consiste à ligaturer le canal déférent en deux points séparés d'environ 1 cm et d'exciser ce segment a donné les pires résultats: 25 % des patients ont eu une recanalisation. Une étude antérieure menée par Michel Labrecque avait révélé qu’il n’y avait aucun lien entre le succès de l’opération et la longueur du segment coupé, lorsque ce segment se situait entre 5 et 20 mm. Par contre, les chances de recanalisation sont à peu  près nulles si la longueur de canal excisé dépasse 70 mm. Les médecins rebutent toutefois à couper un aussi long segment pour ne pas réduire à néant les chances de recanalisation chirurgicale, advenant le cas où un vasectomisé souhaitait redevenir fertile, une situation qui se produit plusieurs centaines de fois par année au Québec seulement.
      
À l’autre bout du spectre, la méthode de cautérisation thermique s’est révélée d’une implacable efficacité. Cette méthode, qui consiste à brûler, avec un appareil semblable à un fer à souder, l'intérieur d'un segment du canal déférent, de l'enfouir ensuite dans la gaine du canal et de refermer le tout à l'aide d'une minuscule agrafe, n’a permis aucune recanalisation. Des variantes de l’excision et de la cautérisation thermique ont produit des résultats intermédiaires.
      
En conditions normales, les médecins confirment le succès de la vasectomie par analyse d’un spermogramme effectué douze semaines après l’intervention. Entre temps, le patient ne doit pas avoir de relations sexuelles non protégées. Les données de l’étude indiquent clairement pourquoi: les risques de grossesse sont élevés, surtout si la technique d’excision est employée. Selon les chercheurs, le recours à une technique assurant l’efficacité de l’occlusion des canaux déférents comme la cautérisation thermique pourrait permettre de raccourcir le délai recommandé et également de réduire les risques de grossesse chez les partenaires de vasectomisés qui négligent de subir le spermogramme de routine. «La vasectomie est une méthode de contraception très efficace, mais de toute évidence, elle peut encore être améliorée», concluent-ils.

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