
De gauche à droite: Grégoire Junod, syndic de Lausanne, Bruno Marchand, maire de Québec, Franky Trichet, vice-président Nantes Métropole et adjoint du maire, Emmanuelle Careau, vice-rectrice adjointe aux affaires internationales, au développement durable et à l'EDI, Stéphane Roche, professeur à l'Université Laval, directeur de l'Institut en environnement, développement et société et chercheur au Centre de recherche en santé durable VITAM, ainsi que Hélène Drainville, déléguée générale du Québec, lors du lancement de la feuille de route.
— Jean-Simon Campbell, Ville de Québec
Un grand projet en santé urbaine durable, associant l'Université Laval aux villes de Québec, Nantes Métropole et Lausanne, a franchi une importante étape de son développement le 9 juin à Namur, en Belgique. À l'occasion de la conférence de l'Association internationale des maires francophones, le maire de Québec, Bruno Marchand, a procédé au lancement d'une feuille de route sur la santé urbaine durable. Élaboré en partenariat, ce document s'appuie sur cinq axes stratégiques communs aux trois villes signataires de l'entente: aménagement urbain et verdissement, mobilité active et durable, logement et milieux de vie sains, santé mentale et cohésion sociale et enfin innovation, recherche et données. Au cœur de cette feuille de route: Stéphane Roche, professeur au Département des sciences géomatiques de l'Université Laval, directeur de l'Institut en environnement, développement et société (EDS) et chercheur au Centre de recherche en santé durable VITAM à Québec.
«L'an dernier, explique-t-il, je suis allé travailler sur le terrain dans les trois villes partenaires. L'entente prévoit que les unes et les autres se nourrissent de leurs idées, leurs expériences et leurs outils. J'ai ensuite rédigé un rapport pour la Ville de Québec.»
Repenser la ville comme un espace qui soigne, prévient et rassemble
À Namur, l'Université Laval était représentée par Emmanuelle Careau, vice-rectrice adjointe aux affaires internationales, au développement durable et à l'EDI, par Diane Tapp, professeure à la Faculté des sciences infirmières, et par Stéphane Roche.
«La thématique de la rencontre était liée aux villes en santé, à l'urbanisme, aux pratiques organisationnelles bienveillantes et compatissantes qui permettent de soutenir la santé tant physique que mentale, souligne la vice-rectrice adjointe. Nous avons fait le lancement de la feuille de route avec la Ville de Québec. Nous avons réaffirmé le leadership de l'Université Laval en matière de santé durable. Et nous avons échangé avec plusieurs partenaires internationaux pour nous inspirer des meilleures pratiques et susciter des collaborations.»
Selon elle, la mission fut une belle occasion pour rencontrer d'autres universités partenaires, comme l'Université Catholique de Louvain, l'Université de Namur et la Vrije Universiteit Brussel, qui ont une expertise en urbanisme, santé publique et communautés compatissantes. «Les professeurs Tapp et Roche ont eu l'occasion d'amorcer ou de consolider de belles collaborations de recherche», ajoute-t-elle.
Cette dernière trouve «rafraîchissant» de voir qu'un établissement universitaire comme l'Université Laval, par le biais de l'Institut EDS et aussi de VITAM, produise des connaissances scientifiques que s'approprient les élus municipaux. «Ces leaders mettent la science au cœur de leurs décisions, dit-elle, dans un contexte où la science est parfois objet de méfiance, où elle est souvent mise à mal. Le chantier transformateur Les savoirs, les sciences et la société, créé par l'Université Laval, est le parfait exemple d'un positionnement clair. L'Université a répondu présente à cet appel, nos chercheurs et chercheuses vont sur le terrain, on est là où les décisions se prennent, de manière originale.»
Le professeur Roche insiste sur la complexité de l'enjeu. «Quand on parle de santé durable, indique-t-il, c'est une approche assez holistique, systémique, à la fois sur la santé physique, mentale et sociale. Si on favorise la mobilité active, cela a un effet positif sur la santé physique et aussi le bien-être. Nantes Métropole est un exemple, eux qui parlent de territoire «en pleine santé». À Lausanne, le maire travaille à changer l'image élitiste de sa ville qui abrite le Comité international olympique et la majorité des grandes fédérations sportives internationales. Selon lui, le sport est d'abord rassembleur.»
Une boussole décisionnelle
Selon Emmanuelle Careau, il est important de baser les politiques publiques sur la science dans une ère où les grands enjeux de société ne peuvent être résolus par une réponse simple et l'implication d'une seule partie de la population. «On doit travailler ensemble pour surmonter ces défis et trouver des solutions innovantes et aller de l'avant, affirme-t-elle. Dans ce contexte, la science et les données probantes deviennent une boussole pour prendre les meilleures décisions possibles, même si cela se fait dans un contexte très volatil qui change rapidement. La science est quelque chose de solide, une fondation sur laquelle on peut débattre, réfléchir, discuter des meilleures voies d'action possibles. Malheureusement, dans certains milieux, l'opinion prend beaucoup de place.»
Ce contexte, la vice-rectrice adjointe le voit comme un rappel à l'ordre pour la communauté de recherche universitaire. «Je pense, poursuit-elle, qu'un défi nous est donné de rétablir ce dialogue, de rétablir aussi la confiance que la population a envers les universitaires.»
Pour sa part, Stéphane Roche a mis en valeur les mérites de l'interdisciplinarité qui caractérise la recherche à l'Université Laval. «J'ai volontairement assumé une double appartenance à l'Institut EDS et à VITAM, dit-il. Il n'y a aucune façon d'aborder la question de la santé durable en dehors d'une approche interdisciplinaire. C'est inimaginable. On parle d'enjeux environnementaux, d'enjeux de santé mentale, d'urbanisme, de bâti, de qualité de l'air. On a à l'Université Laval cette chance d'avoir des dispositifs, des composantes, qui elles-mêmes sont interdisciplinaires. En plus, qui travaillent ensemble.»
Lire le rapport de recherche: Vers une feuille de route en santé urbaine durable
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