Amanda Kanatenhawi James, Kanien’kéhá:ka de Kahnawake et Laurie Bacon, Innue de Pessamit, lors d'une danse en cercle, un des moments forts de la Journée nationale des peuples autochtones à l'Université Laval
— Université Laval – Yan Doublet
La Journée nationale des peuples autochtones est de retour sur le campus. Ce moment de reconnaissance et de rapprochement s'est déroulé dans une ambiance festive en ce jeudi 18 juin à l'atrium du pavillon Charles-De Koninck. La vice-rectrice aux études et aux affaires étudiantes, responsable de la santé, Cathia Bergeron, a pris la parole à cette occasion pour annoncer le lancement de Vers un portage collaboratif: marchons ensemble avec les Premiers Peuples, soit la mise à jour du plan En action avec les Premiers Peuples adopté en 2021 par le Conseil d'administration de l'Université.
«Avec Vers un portage collaboratif: marchons ensemble avec les Premiers Peuples, a-t-elle déclaré, nous franchissons une étape déterminante. Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre la transformation amorcée, de renouveler notre engagement et de continuer à construire l'université à laquelle nous aspirons.»

La vice-rectrice aux études et aux affaires étudiantes, responsable de la santé, Cathia Bergeron, durant son allocution
— Université Laval – Yan Doublet
Dans son exposé, la vice-rectrice a insisté sur le symbole du portage. Cette action consiste pour l’Université Laval et les Premières Nations à porter sur leurs épaules un projet, une action ou une formation, le canot, en marchant jusqu’à un point où l’on remet le canot à l’eau, chargé, pour ensuite pagayer ensemble vers le but fixé.
«Le portage, a-t-elle dit, nous enseigne que l'on n'avance pas seul. […] Il vise à nous faire progresser vers un milieu universitaire plus inclusif, plus accueillant et profondément enrichi par les savoirs et les perspectives autochtones. […] Cela signifie aussi poser des gestes concrets. […] Ensuite, le portage est un espace de relation. […] Enfin, le portage est aussi un moment de transformation. […] Ce plan nous engage à transformer nos façons d'enseigner, de collaborer et d'accueillir.»
De nombreuses actions réalisées, en cours et à venir
En marge de la Journée nationale des peuples autochtones (le 21 juin, mais soulignée le 18 à l'Université), Cathia Bergeron et la directrice du Bureau des Premiers Peuples, membre des Premières Nations des Innus de Pessamit, Nadine Rousselot, ont accordé une entrevue à ULaval nouvelles.

Nadine Rousselot, la directrice du Bureau des Premiers Peuples, membre des Premières Nations des Innus de Pessamit
— Université Laval – Yan Doublet
«En cinq ans, c'est incroyable les pas qu'on a faits!» C'est par ces mots que la vice-rectrice a qualifié les résultats obtenus à ce jour par le plan En action avec les Premiers Peuples. Plusieurs réalisations marquantes ont en effet vu le jour dans le dossier autochtone depuis 2021. La même année, un partenariat a été signé avec la Fondation Mastercard pour favoriser l'accès, la poursuite des études universitaires et la réussite d'étudiantes et d'étudiants provenant de communautés autochtones du Québec. En 2023 a eu lieu l'inauguration du Cercle des Premiers Peuples, un espace culturellement sécuritaire où les étudiantes et étudiants autochtones peuvent étudier, échanger et renouer avec leur culture. De 2022 à 2025, l'Université a créé de nouveaux programmes de formation destinés aux Premiers Peuples en archéologie, comme Gardiens et gardiennes du territoire, et en langue et culture innues.
«Et on a appris beaucoup de part et d'autre, je trouve, poursuit-elle. On est fiers de ce que ce plan nous a permis de faire, nous qui sommes partis de rien. On a tellement appris et on s'est tellement développés qu'on s'est dit qu'il était temps de faire le point, qu'il était temps de déterminer avec beaucoup de clarté comment on fait pour aller plus loin.»
Le plan Vers un portage collaboratif: marchons ensemble avec les Premiers Peuples contient une quarantaine de pistes d'action terminées, en cours ou à venir, réparties entre quatre axes. Les actions proposées consistent notamment à bonifier le programme de mentorat et d'accompagnement, à élargir l'offre de soutien en matière linguistique et à poursuivre la mise en place de stages professionnalisants en contexte autochtone. Le plan encourage aussi la participation des partenaires autochtones dès la phase initiale des projets de recherche. Il vise également à accroître le recrutement de personnes autochtones au sein des personnels administratifs et enseignants ainsi que du corps professoral de l'Université.
«Dans l'axe Apprendre ensemble, soutient la vice-rectrice, ce qui me fait le plus chaud au cœur, ce sont les actions en lien avec la réussite du parcours de l'étudiant, qu'on soit capables collectivement de mettre en place les meilleures conditions de réussite. Que les étudiants soient capables d'aller au bout et de recevoir leur diplôme, ça me touche beaucoup.»
Environ 500 étudiantes et étudiants autochtones
Environ 500 étudiantes et étudiants autochtones autodéclarés étudient présentement à l'Université Laval. «Et ce chiffre va augmenter l'an prochain, de par la finalisation de la construction d'un milieu de vie, un projet de résidence pour étudiants autochtones comprenant 94 logements répartis sur 7 étages, explique Nadine Rousselot. En fin de semaine, je suis allée en territoire pour me ressourcer. J'ai parlé à quelques personnes autochtones qui m'ont toutes dit avoir un enfant qui s'était inscrit cette année à l'Université Laval. Beaucoup ciblent l'Université parce qu'ils voient toute l'avancée que nous sommes en train de faire.»
À l'heure actuelle, on trouve des étudiantes et étudiants autochtones inscrits dans toutes les facultés et aux trois cycles d'enseignement. Les trois facultés les plus populaires sont les sciences de l'administration, les sciences sociales et la médecine. «Cela reflète les besoins qu'on retrouve dans nos communautés», souligne la directrice.
Parmi les activités au programme de la Journée nationale des peuples autochtones sur le campus, une séance de perlage a suscité beaucoup d'intérêt.
— Université Laval – Yan Doublet
Leader au Québec
Une des étapes préparatoires à la réalisation du nouveau plan a consisté à analyser la démarche de réconciliation en cours dans d'autres universités à l'échelle canadienne. «Des universités de l'Ouest ont été des leaders dans le domaine, indique Cathia Bergeron. L'Université Laval est toujours leader à l'échelle du Québec, bien que les autres universités se soient engagées aussi. Je suis plutôt fière de notre leadership. On essaie de travailler avec une approche d'innovation, à l'écoute des étudiants et des communautés.»
La vice-rectrice insiste sur la rencontre bisannuelle des gestionnaires de l'Université qui s'est déroulée le 5 novembre 2025. «La rencontre des gestionnaires est organisée par le cabinet de la rectrice, précise-t-elle. Cette rencontre-ci faisait partie de la démarche de construction du plan d'action. Ce fut un moment déterminant parce que tout ce qui a été discuté a beaucoup servi à nourrir le plan.»
Selon Nadine Rousselot, «les engagements pris par les unités administratives de l'Université durant cette journée ont été tellement extraordinaires. Elles ont démontré une grande volonté d'aller plus loin.»
Pour Cathia Bergeron, l'un des aspects majeurs du plan est qu'«il appelle tous les membres de la communauté universitaire à se sentir partie prenante dans une réelle démarche de réconciliation, que tout le monde sente que c'est sa responsabilité de marcher dans ce sentier-là».
Consulter le plan Vers un portage collaboratif: marchons ensemble avec les Premiers Peuples

Laura Niquay et ses musiciennes ont livré une prestation aussi sonore qu’énergique le 18 juin, à l'atrium du pavillon Charles-De Koninck.
— Université Laval – Yan Doublet





















