
Le téléphone Amical est accessible en tout temps et peut offrir du réconfort aux personnes aînées.
— Courtoisie
Des applications aux agents conversationnels, les technologies du vieillissement, ou AgeTech, contribuent au bien-être des personnes âgées. Mais pour les implanter dans les milieux de soins, les petites et moyennes entreprises (PME) ont besoin d'accompagnement. C'est là que l'Université Laval entre en jeu. Elle fait partie des neufs centres Beachhead, nés de l'initiative envisAGE, qui regroupent des spécialistes en matière d'évaluation et d'intégration des technologies.
«L'objectif est de faciliter le maillage entre l'innovation, donc les PME, et différentes instances du système de santé, qu'on appelle des laboratoires communautaires. Ça peut être une résidence privée pour aînés ou un hôpital, par exemple», explique André Côté, professeur à la Faculté des sciences de l'administration et directeur du Centre de recherche en gestion des services de santé.
Sous la responsabilité du professeur Côté et de Marie-Pierre Gagnon, professeure à la Faculté des sciences infirmières, le Beachhead met à profit l'expertise de spécialistes de plusieurs facultés pour l'implantation de technologies novatrices dans des milieux réels. Des étudiantes et étudiants aux trois cycles universitaires participeront également aux projets.
L'intelligence artificielle comme compagnon
L'un des projets propose une solution technologique innovante visant à améliorer la qualité de vie des personnes aînées atteintes de la maladie d'Alzheimer et d'autres troubles neurocognitifs grâce à l'intelligence artificielle (IA). Elle prend la forme d'un téléphone classique. «Quand la personne décroche le téléphone, c'est l'IA qui est derrière», précise le professeur Côté.
Ce compagnon offre une interaction continue et adaptée aux besoins de la personne. «Ce robot conversationnel est entrainé pour très bien connaître la personne», indique André Côté. Lorsqu'elle utilisera le téléphone, l'IA apprendra de chaque interaction et mettra à jour ses connaissances. «Par exemple, si une personne qui fait de l'anxiété appelle à deux heures du matin pour demander pourquoi son fils n'est pas venu, le robot va pouvoir lui rappeler que son fils est venu à telle heure, qu'il lui a expliqué ceci ou cela», illustre-t-il.
Cette technologie est actuellement testée en milieu institutionnel réel auprès de personnes atteintes de troubles neurocognitifs pour analyser son effet sur l'humeur et l'anxiété. Le projet rassemble l'expertise d'Amical AI, de l'Université Laval, du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale, et du Groupe Santé Arbec.
Prévenir pour mieux guérir
Un autre projet vise la création d'une application pour favoriser le dépistage communautaire de la fibrillation auriculaire chez les personnes âgées. «Entre 80 à 85% des gens de 80 ans et plus ont des chances de faire de la fibrillation auriculaire. Le sang arrive au niveau de l'artère, mais il reste bloqué là. Il va faire des caillots, ce qui peut mener à des accidents vasculaires cérébraux», explique le professeur Côté.
En collaboration avec la compagnie Braver et la Fondation AGES, le projet met en œuvre une application de communication clinique pour simplifier la coordination des soins et la communication entre les soins communautaires, primaires et spécialisés. «La plateforme va améliorer la détection précoce pour interpeler le système de santé et décider de la trajectoire de soins», ajoute-t-il. On peut notamment amorcer un traitement anticoagulant.
Ces projets bénéficient du soutien financier du Fonds stratégique pour l'innovation du gouvernement du Canada et du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. L'initiative envisAGE est sous la responsabilité de MEDTEQ+, un consortium pancanadien de recherche industrielle et d'innovation, et AGE-WELL, un réseau canadien axé sur les technologies et le vieillissement.

























