
Le Centre d'optique, photonique et lasers de l'Université Laval mettra à profit son expertise pour accompagner les industries en communication quantique.
— Tiger production
Le banc d'essai en communication quantique Kirq, déjà déployé à Montréal et à Sherbrooke, fait son entrée à Québec. Hébergée au Centre d'optique, photonique et lasers de l'Université Laval (COPL) et à l'Institut national d'optique (INO), l'infrastructure permettra aux entreprises et organisations de tester des technologies de pointe dans un environnement réaliste. Ce projet prend forme grâce à un partenariat entre l'organisme Numana, le gouvernement du Québec et les deux centres de recherche hôtes.
L'Université Laval assurera l'implantation, l'exploitation et l'animation d'un point d'accès du banc d'essai au pavillon d'Optique-photonique. Géré conjointement par le COPL et Numana, ce site hébergera des instruments spécialisés et mettra à profit l'expertise du centre de recherche.
Pour Frédéric Grillot, professeur à la Faculté des sciences et de génie et spécialiste en technologies quantiques au COPL, cette plateforme représente un levier important pour accélérer le passage des idées aux applications.
La communication quantique représente une avancée majeure en matière de sécurité et de protection des données. Elle repose sur l'utilisation de particules de lumière d'une extrême sensibilité: la moindre tentative d'interception perturbe immédiatement le signal, rendant toute intrusion détectable. «L'information quantique est intrinsèquement fragile. Toute tentative de piratage la modifie et empêche son exploitation», souligne le professeur Grillot. À plus long terme, cette technologie pourrait avoir des applications concrètes, notamment dans les domaines de la santé, de la défense et des services financiers.
Une infrastructure adaptée aux besoins de l'industrie
Contrairement aux approches de communication quantique basées sur l'envoi de photons uniques, de minuscules particules de lumière, les installations déployées sur le campus reposeront sur l'utilisation de paquets de photons servant à transporter l'information. Cette approche présente une meilleure stabilité expérimentale: elle est moins sensible aux variations de température et plus robuste face aux pertes dans la fibre optique, deux facteurs qui compliquent fortement les systèmes à photons uniques. Un autre avantage majeur, souligne le professeur Grillot, est que cette méthode est naturellement compatible avec les réseaux de télécommunication existants, ce qui facilite son intégration et accélère son adoption par les entreprises.
Le COPL développera aussi ce qu'on appelle des «états comprimés» de la lumière. Concrètement, il s'agit de réduire une partie du bruit qui accompagne naturellement les faisceaux lumineux, un peu comme si l'on diminuait les interférences sur une ligne téléphonique. En améliorant ainsi la clarté du signal, on peut augmenter la portée et le débit des communications quantiques, et donc leur performance.
Le banc d'essai en communication quantique favorisera des expérimentations dans des conditions réalistes et contrôlées, ce qui facilitera le passage de la recherche vers des applications industrielles. «Les installations seront très polyvalentes. Nous pourrons nous adapter aux besoins des entreprises, que ce soit pour tester la technologie sur des circuits intégrés sur des puces ou pour évaluer de nouveaux détecteurs ou lasers», ajoute le professeur Grillot, qui y voit même des applications potentielles pour les communications dans l'air ou dans l'espace.
«Cette collaboration permettra à l'Université Laval de contribuer à la structuration d'un écosystème québécois souverain en innovation quantique. Elle favorisera le développement de technologies de cybersécurité quantique, leur intégration à la formation des étudiantes et des étudiants et leur adoption par les partenaires industriels, universitaires et institutionnels», souligne Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l'innovation de l'Université Laval.

























