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Vie universitaire

Ambassadrice du génie au féminin 

Marie-Pier Trépanier, porteuse de la masse à la collation des grades en sciences et en génie, poursuit l'œuvre d'équité de grandes scientifiques

Par : Alexandra Perron
Marie-Pier Trépanier, 22 ans, fait partie des 10 femmes diplômées en génie mécanique pour la session d'hiver 2022.
Marie-Pier Trépanier, 22 ans, fait partie des 10 femmes diplômées en génie mécanique pour la session d'hiver 2022.

Parmi les diplômés du baccalauréat en génie mécanique cette session à l'Université Laval, 18,2% sont des femmes. Marie-Pier Trépanier fait partie du lot, elle qui s'emploie à promouvoir le génie au féminin. Non pas qu'elle souffre de discrimination ou qu'elle ne se sente pas à sa place. Au-delà de «quelques petits commentaires par-ci par-là», elle cherche surtout à changer les mentalités, autant chez les filles que chez les garçons.

Le mouvement est commencé. Avec une poignée de consœurs, elle a créé en 2021 Génie uELLES qui porte la cause sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook et LinkedIn). L'objectif: que les filles voient la possibilité d'un futur qui les intéresse en sciences et que ce soit juste normal qu'elles s'y inscrivent. 

«On veut exposer des champs d'intérêt en sciences et en génie qui sont moins connus, comme le secteur biomédical, l'environnement, la logistique, la gestion. Le côté humain est là dans des sphères que les gens ignorent», souligne en entrevue la nouvelle diplômée, désignée porteuse de la masse de l'Université à la collation des grades de sa faculté, le lundi 20 juin au Centre des congrès de Québec. 

Le 20 juin en après-midi, Marie-Pier Trépanier était en tête du cortège de la collation des grades en sciences et en génie.

Doctorat honoris causa à une pionnière

Son propos se fait l'écho de celui de Maria Klawe, qui a reçu le même jour un doctorat honoris causa en informatique, soulignant son travail pour transformer le monde scientifique afin qu'il soit plus équitable, diversifié et inclusif. Albertaine d'origine, elle est devenue la première femme à diriger le Département d'informatique à l'Université de la Colombie-Britannique, la première à être nommée doyenne de la Faculté de génie à l'Université de Princeton et, en 2006, la première à devenir présidente du Harvey Mudd College, poste qu'elle occupe toujours.

Sous sa gouverne, le taux d'étudiantes en informatique au Harvey Mudd College est passé de 10% à 50%. Et lorsqu'elle était doyenne de la Faculté des sciences de l'Université de la Colombie-Britannique, le nombre de professeures de sciences a doublé.

Dans l'ordre habituel, la rectrice Sophie D'Amours, Marie-Pier Trépanier, Maria Klawe qui a reçu un doctorat <em>honoris causa</em> et Claire Deschênes, première femme professeure de génie à la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval.

«Elle a un parcours impressionnant et inspirant. Des femmes comme ça ne le font pas pour la gloire. Elles y croient vraiment qu'il y a un problème et qu'il faut le changer. Je partage cet avis. Si elle a réussi à augmenter la proportion de femmes à la parité, c'est que c'est possible de le faire», indique Marie-Pier Trépanier, qui admire aussi le travail de Claire Deschênes, première femme professeure dans un département de génie à l’Université Laval.

Sommité internationale dans le domaine des turbines hydrauliques, elle œuvre dans un domaine qui intéresse particulièrement la jeune femme. La finissante poursuivra ses études à la maîtrise l'an prochain en génie mécanique et en efficacité énergétique. Elle travaillera sur un projet de serre et étudiera comment réduire l'éclairage dans les périodes de fortes demandes d'électricité.

Une suite pour Génie uELLES

Génie uELLES pourra s'étendre aux cycles supérieurs. «Notre objectif pour les prochaines années est d'avoir des ambassadrices dans chacun des départements de génie, qu'elles aillent donner des conférences sur ce qui les allume dans les écoles secondaires, dans les cégeps, avant les périodes d'inscription, pour montrer aux filles des choix à considérer», explique Marie-Pier Trépanier.

Cette représentation dans le milieu scolaire, elle l'a déjà faite après avoir reçu une bourse de la Fondation commémorative du génie canadien, créée dans la foulée du drame de Polytechnique et récompensant les étudiantes en génie qui font preuve de leadership et qui donnent de leur temps dans la communauté.

Marie-Pier Trépanier est l'incarnation même du dynamisme et de l'implication. Elle a été lauréate dans la catégorie «Personnalité» du Gala de la vie étudiante de la Faculté des sciences et de génie, lauréate du concours Chapeau, les filles! et boursière EGGENIUS.

Avec deux confrères en génie mécanique et un autre en finance, elle a lancé l'entreprise Rorqual, qui conçoit des planches à pagaie écoresponsables en styromousse recyclé et recouvertes de fibre de lin, plutôt que de fibre de verre ou de carbone, moins écologiques. Le projet a raflé trois prix au gala du Défi OSEntreprendre de la Capitale-Nationale.

La dérive 102 est le premier modèle de planche écoresponsable de Rorqual. Elle sera mise en vente cet été.

«Il faut saisir les occasions qui s'offrent à nous et rêver en grand», a-t-elle lancé au même lutrin que Maria Klawe, en tant que porte-parole des finissants et des finissantes de la collation des grades 2022 de la Faculté des sciences et de génie. 


« Il faut saisir les occasions qui s'offrent à nous et rêver en grand. »
Marie-Pier Trépanier, lors de son discours comme porte-parole des finissants et des finissantes de la collation des grades 2022 de la Faculté de sciences et génie

Une affaire de famille

Sur scène se trouvait aussi sa mère, Josée Duchesne, professeure de géologie et de génie géologique, assise parmi le corps professoral. «Dans ma famille proche, tout le monde est ingénieur, mes deux parents et mon frère, qui a obtenu son diplôme l'année passée», mentionne Marie-Pier Trépanier.

Dans son discours, elle a d'ailleurs remercié parents et amis qui ont été là pour les diplômés tout au long de leurs études. «Vous avez été à l'écoute de nos angoisses, vous avez pardonné nos sautes d'humeur, c'est beaucoup grâce à votre patience et à vos encouragements que nous y sommes arrivés.»

La rectrice Sophie D'Amours a souligné que ces célébrations étaient «doublement méritées» dans le contexte changeant et incertain de la pandémie. Rien pour ralentir Marie-Pier Trépanier, qui était aussi présidente de son association étudiante. «Ça m'a poussée à développer mon aptitude en communication et mon leadership, car il était beaucoup plus difficile de joindre les étudiants.»

«Mon rôle dans tout ça est d'essayer de la modérer, de la contenir, parce qu'elle voudrait tout faire», a commenté, dans un sourire, sa mère Josée Duchesne, au lendemain de la cérémonie.

L'Université Laval décerne cette année 13 350 diplômes. Parmi les finissants, 4205 personnes ont confirmé leur présence à la collation des grades, qui se déroule du 20 au 23 juin, sous la présidence de la rectrice Sophie d'Amours. 

«L'avenir est entre vos mains, il attend d'être façonné, a-t-elle déclaré à l'assemblée. Pour y arriver, il faut d'abord prendre pleinement conscience des défis devant nous et travailler sur les choses importantes, pour vous et vos proches, mais aussi pour le bien commun. Mettre l'épaule à la roue pour contrer les changements climatiques, pour lutter contre la désinformation. Pour faire de nos sociétés des sociétés plus justes, où règnent l'équité, la diversité et l'inclusion. Pour innover, pour construire la société de demain.»

Des mots taillés sur mesure pour des diplômés comme Marie-Pier Trépanier.

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