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Québec, ville Wi-Fi

L’usage de l’Internet sans fil gratuit dans des lieux publics de la capitale connaît un essor remarquable

Par : Yvon Larose
Les lieux Wi-Fi les plus fréquentés sont situés à proximité des endroits où les gens circulent, plus précisément les rues commerciales comme la rue Saint-Jean.
Les lieux Wi-Fi les plus fréquentés sont situés à proximité des endroits où les gens circulent, plus précisément les rues commerciales comme la rue Saint-Jean.
En 2011, le réseau Internet sans fil (Wi-Fi) gratuit de ZAP Québec, un organisme à but non lucratif de la capitale, a enregistré plus de 913 000 connexions dans les lieux publics où il est implanté. Selon Michael Doyle, professionnel de recherche au Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues, les lieux les plus fréquentés du réseau ont des points en commun. «Mon étude suggère que les utilisateurs du Wi-Fi préfèrent les lieux pleins de vie et d’activité aux lieux vides, mal éclairés et loin de tout, explique-t-il. Les lieux Wi-Fi les plus fréquentés sont donc situés à proximité des endroits où les gens circulent, plus précisément les rues commerciales comme la rue Saint-Jean ou l’avenue Cartier.»

Une autre caractéristique de ces lieux est qu’ils permettent à l’usager Wi-Fi de voir les espaces avoisinants. C’est le cas de la bibliothèque Gabrielle-Roy avec ses vues à la fois vers l’extérieur et vers l’atrium central. «Donc il y a le paradoxe d’être “ici” et “ailleurs” en même temps, soutient Michael Doyle. L’écran d’ordi, de iPod ou de téléphone intelligent nous permet d’être “ailleurs”, mais le lieu Wi-Fi est très connecté avec ses environs.»

Une expérience sociale
Michael Doyle a déposé l’an dernier un mémoire de maîtrise sur la présence grandissante de l’Internet sans fil dans les lieux publics de la capitale. Selon lui, ce phénomène représente une expérience foncièrement sociale. «Je pense, dit-il, que le Wi-Fi plaît à l’être social et mobile qu’est l’humain parce qu’il satisfait un désir d’être en public, entouré d’inconnus dans une ambiance conviviale, tout en offrant un moyen de communiquer à distance avec ses proches. C’est comme si la socialisation se faisait à des niveaux réel et virtuel en parallèle.»

Lors de sa recherche, Michael Doyle a analysé la base de données de ZAP Québec et déterminé les lieux Wi-Fi les plus populaires à Québec. Les principaux se trouvent dans les catégories suivantes: café-restaurant-bar, centre communautaire, bibliothèque, parc et place publique. La plupart sont situés dans les secteurs Saint-Jean-Baptiste, Vieux-Limoilou et Vieux-Québec. Il y a notamment le café Chez Temporel, le jardin Jeanne-d’Arc sur les plaines d’Abraham et la place D’Youville.

Dans son étude, Michael Doyle a interviewé une soixantaine d’usagers du réseau Wi-Fi de ZAP Québec. La plupart ont entre 18 et 54 ans et possèdent un diplôme collégial ou universitaire. La plupart se rendent seuls dans les lieux Wi-Fi, avec leur ordinateur portable, pour se divertir ou pour travailler. Environ la moitié des répondants le font une ou plusieurs fois par semaine. Les activités de base consistent à rechercher de l’information, écrire et lire des courriels, et écouter de la musique. En plus de l’ordinateur, le tiers des usagers Wi-Fi utilisent d’autres technologies, notamment le lecteur MP3. «L’enquête ne suggère en rien une différence majeure entre les hommes et les femmes, souligne Michael Doyle. Ceux qui font du 9 à 5 dans un lieu de travail régulier utilisent le lieu Wi-Fi pour des raisons personnelles. Pour ceux qui travaillent plus souvent à la maison, le lieu Wi-Fi devient un lieu de travail alternatif à celle-ci.»

ZAP Québec a installé des points d’accès Wi-Fi à bord des traversiers qui font la navette entre Québec et Lévis. L’organisme mène actuellement un projet pilote à bord de deux autobus express du Réseau de transport de la capitale (RTC). Selon Michael Doyle, le RTC a compris ce que des études ailleurs dans le monde ont constaté. «Avoir un accès gratuit à Internet dans les transports publics peut, pour certains, rendre le temps de déplacement, et donc l’utilisation du transport en commun, plus agréable, indique-t-il. Le temps de déplacement, perçu a priori par l’usager comme “perdu”, se trouve donc requalifié comme une stratégie qui privilégie le confort.»

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