Vie universitaire

Une réalité plurielle

Un nouveau cours se penchera sur les continuités et les ruptures qui caractérisent les communautés francophones en Amérique du Nord

Par : Yvon Larose
Le Museum of Work and Culture de Woonsocket, au Rhode Island. Cette ville a été un lieu important de l'émigration canadienne-française aux États-Unis. Sur la plaque commémorative au pied du drapeau, on peut lire: «Aram J. Pothier, Franco-American, Governor, Mayor, Banker, Industrialist. 1854-1928».
Le Museum of Work and Culture de Woonsocket, au Rhode Island. Cette ville a été un lieu important de l'émigration canadienne-française aux États-Unis. Sur la plaque commémorative au pied du drapeau, on peut lire: «Aram J. Pothier, Franco-American, Governor, Mayor, Banker, Industrialist. 1854-1928».
Le 1er décembre, plus de 14 000 personnes ont pris part à une quarantaine de manifestations en Ontario pour dénoncer les compressions du gouvernement Ford touchant les Franco-Ontariens. Selon le professeur Martin Pâquet, du Département des sciences historiques, cette réaction se situe à l'opposé du discours défaitiste que l'on entend souvent au sujet des francophones hors Québec, lesquels seraient menacés d'assimilation à la majorité anglophone.

«Si vous voulez comprendre ce qui se passe, dit-il, l'explication de l'assimilation ne tient pas. Ce qu'on a vu est une francophonie ontarienne renouvelée qui s'appuie sur ses institutions. On a vu là une actualisation de la militance traditionnelle.»

Selon Martin Pâquet, l'Ontario français d'aujourd'hui ne se limite plus aux seuls Franco-Ontariens de souche représentés, entre autres, par le chanteur Damien Robitaille ou le poète Patrice Desbiens. Ce sont aussi les nombreux Maghrébins, Français, Belges et Québécois qui vivent à Toronto. «Ces francophones qui viennent d'ailleurs se sont approprié la francophonie ontarienne, soutient-il. Ils disent que c'est leur cause.» Et Toronto n'est pas seule à vivre ce phénomène. «Les flux migratoires internationaux, poursuit-il, font partie de la réalité des francophonies au Canada. On observe actuellement une présence importante d'immigrés d'Afrique francophone au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Et l'Acadie d'aujourd'hui, c'est la Sagouine, mais c'est aussi autre chose.»

À compter du 16 janvier, le professeur Pâquet donnera un cours à distance par Internet de niveau premier cycle intitulé Francophonies nord-américaines: état des lieux. Ce nouveau cours sera offert par le Département des sciences historiques et le certificat d'études des francophonies nord-américaines. Il se penchera sur les continuités et les ruptures qui caractérisent les communautés francophones actuelles au Canada et aux États-Unis. «Ce sera un cours d'histoire du temps présent, explique Martin Pâquet. Il permettra de creuser les origines des phénomènes actuels, des phénomènes que l'on observe depuis une cinquantaine d'années. Par exemple, la perte d'influence de l'Église catholique en Acadie ou dans les francophonies depuis les années 1960 et le remplacement de cette institution dominante par l'État dans la promotion des droits des francophones.»

Le cours permettra d'étudier la répartition géographique des communautés de langue française en Amérique du Nord. Au Canada, les étudiants iront des Maritimes à la côte du Pacifique. Aux États-Unis, ils étudieront des pôles tels que la Nouvelle-Angleterre, la Floride et la Louisiane.

«Le cours présentera une réalité américaine diversifiée, souligne Martin Pâquet. En Nouvelle-Angleterre, par exemple, l'expérience historique des 900 000 Canadiens français immigrés entre 1860 et 1929 est fondée sur le monde ouvrier. On revalorise aujourd'hui cette expérience, notamment sur le plan du patrimoine. D'anciennes usines de textile sont notamment transformées en musées.»

La troisième et dernière partie de la formation permettra de cerner les conceptions du politique et les perspectives d'avenir présentes dans ces francophonies.

Le cours Francophonies nord-américaines: état des lieux sera offert en ligne par le professeur Pâquet à compter du 16 janvier 2019. Il est ouvert à tous et il n'y a pas de limite au nombre d'inscriptions. Ce cours de 3 crédits se déroulera sur une période de 15 semaines. Son contenu est issu des travaux pluridisciplinaires de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord. Certaines séances comporteront des films et des extraits de films, ainsi que des enregistrements sonores typiques de divers locuteurs du français en Amérique du Nord.

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