Vie universitaire

Ouvre ta cam, pour une classe virtuelle idéale

Cours à distance, enseignement virtuel : ces expériences n’ont pas à être démotivantes et impersonnelles. Quand les participants gardent leur caméra ouverte, cela peut faire toute une différence.

Par : Brigitte Trudel
L'une des images diffusées sur les réseaux sociaux de l'AESAL durant la campagne Ouvre ta cam, qui s'est tenue entre le 2 et le 11 février 2021.
L'une des images diffusées sur les réseaux sociaux de l'AESAL durant la campagne Ouvre ta cam, qui s'est tenue entre le 2 et le 11 février 2021.

Cheveux dépeignés, pièce sens dessus dessous, oreiller imprimé dans le visage, toutes les raisons semblent bonnes pour garder sa caméra fermée lorsqu'on assiste à un cours à distance. À première vue anodin, ce comportement n'est pourtant pas sans conséquence. Et si la tendance pouvait être renversée?

C'est le moteur derrière la campagne Ouvre ta cam, gagnante du prix Exclamation du Gala de la vie étudiante 2021. La coorganisatrice du projet, aussi lauréate dans la catégorie Personnalité du Gala et finissante au baccalauréat en administration des affaires (comptabilité), Élisabeth Simard, raconte. «À l'automne 2020, le sujet des caméras fermées faisait jaser à la Faculté des sciences de l'administration (FSA), tant les étudiants que les professeurs.» Tandis que les premiers avouaient leur manque de motivation, les seconds se désolaient d'un manque de repères pour mesurer la compréhension de la matière enseignée. «Tout le monde vivait une situation inconfortable, mais sans savoir comment en discuter», ajoute celle qui était alors membre de l'Association des étudiants en sciences de l'administration de l'Université Laval (AESAL), tant au sein du conseil d'administration que de direction.

Passer à l'action

Pour susciter le dialogue, Élisabeth décide de lancer une campagne d'information pour renseigner les étudiants sur les raisons et l'importance d'ouvrir les caméras dans les cours. Rapidement, Megan Leclerc, étudiante de deuxième année au baccalauréat en administration des affaires (management et marketing) et aussi membre de l'AESAL, se joint à elle.

Toutes les deux avaient une bonne idée du message à passer sur un ton non culpabilisant. «On ne voulait pas obliger les gens à quoi que ce soit, note Megan. Mais plutôt les rassurer dans leur crainte d'être jugés sur leur allure ou leur environnement. Leur dire, au fond, on est tous dans le même bateau. Il n'y a pas de décor parfait, mais il y a des avantages à ouvrir sa caméra.»

Lesquels? «Celui d'aider à créer un sentiment d'appartenance, poursuit Élisabeth. En période de confinement, voir des visages, ça fait du bien. Ensuite, l'expression faciale des étudiants aide les professeurs à savoir s'ils arrivent bien à faire passer la matière. Enfin, assister à un cours en ouvrant sa caméra augmente la capacité à rester concentré.»

Photos, capsules vidéo et rap

Emballées, les complices discutent d'une panoplie de moyens originaux pour diffuser leur message. Photos de la vie courante où des interlocuteurs échangent le visage obstrué par un carré noir, capsules humoristiques, chanson. Puis, le stress les gagne. «Nous n'avions jamais rien fait du genre. C'était un peu comme se lancer dans le vide», avouent-elles.

Ce qui les a encouragées? Leur prise de contact avec plusieurs personnes qui ont tout de suite embarqué. Parmi ces collaborations précieuses, elles soulignent celle de la direction de leur faculté et celle de son équipe des communications lors du tournage des deux capsules vidéo. Sans oublier la contribution d'Antoine Lévesque, lui aussi étudiant à la FSA. Il est l'auteur, le réalisateur et l'interprète du rap Ouvre ta cam.

Cela dit, quoique bien épaulées, le temps pressait pour les organisatrices. «On était fin décembre et on voulait que notre campagne soit lancée au début de la session d'hiver, précise Élisabeth. S'en est suivi un gros rush durant le congé de Noël et du travail à raison de 15 à 20 heures par semaine durant le mois de janvier.»

À l'assaut des réseaux sociaux

Enfin, le pari est réussi pour les coorganisatrices. Diffusée sur les réseaux sociaux de l'AESAL, la campagne Ouvre ta cam s'est tenue entre le 2 et le 11 février 2021. «Dès les premières publications, on a vu l'engouement, s'étonnent-elles encore. Plus on ajoutait d'éléments en ligne, plus le mouvement grossissait. Les professeurs en parlaient dans leurs cours. On recevait des commentaires positifs des autres étudiants.»

Rapidement, la campagne a franchi les murs de la FSA. D'autres facultés et organisations du campus ont partagé les publications d'Ouvre ta Cam. Puis, d'autres établissements universitaires de la province ont emboîté le pas. À la fin de la campagne, la chanson comptait près de 4000 vues sur la page Facebook de l'AESAL. Quant aux deux capsules, elles ont respectivement été vues environ 2 500 et 1 500 fois. «Comme on ne savait pas du tout à quoi s'attendre et que c'est notre première expérience du genre, on considère que c'est un beau succès», estiment Élisabeth et Megan.

Des retombées positives

Sur le plan statistique, les retombées du projet Ouvre ta cam ne peuvent pas vraiment être mesurées, admettent ses créatrices. Mais ses effets sont significatifs.

En font foi les témoignages qu'elles récoltent et leurs observations en classe. «Dans les séminaires auxquels j'assiste, avant, sur 50 personnes, 3 ou 4 pouvaient avoir leur caméra ouverte. Maintenant, c'est plus de la moitié», se réjouit Élisabeth.

Megan, qui demeurera au sein de l'AESAL pour un prochain mandat, souhaite faire d'Ouvre ta cam un moyen de communication pérenne, «puisqu'il nous faut envisager une autre session virtuelle à l'automne», admet-elle.

Sur le plan personnel, toutes les deux retirent de cette expérience beaucoup de satisfaction, ne serait-ce qu'au regard de tous les contacts établis chemin faisant. Également, la fierté d'avoir accompli ce qui leur apparaissait comme un gros défi au départ. «Ça donne le goût de réaliser d'autres projets qui aident à changer les choses!», concluent-elles en chœur.

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