Vie universitaire

Mieux comprendre pour mieux intervenir

La nouvelle chaire de leadership en enseignement en développement régional et économique analysera les grandes disparités du territoire québécois

Par : Yvon Larose
Le mandat de la Chaire consistera à mieux comprendre le développement des régions non métropolitaines du Québec, leurs disparités comme leurs écarts de niveau de vie, afin de rendre plus efficaces les interventions des planificateurs et développeurs régionaux.
Le mandat de la Chaire consistera à mieux comprendre le développement des régions non métropolitaines du Québec, leurs disparités comme leurs écarts de niveau de vie, afin de rendre plus efficaces les interventions des planificateurs et développeurs régionaux.
Le programme de Chaires de leadership en enseignement (CLE) de l'Université compte un acteur de plus. Le jeudi 19 mai, au quatrième étage de la Bibliothèque, le recteur Denis Brière a procédé au lancement officiel de la CLE en développement régional et économique. Pour ses cinq premières années d'existence, cette chaire pourra compter sur un financement de 265 000$ du Mouvement Desjardins et sur un appui de la Faculté d'aménagement, d'architecture, d'art et de design. Un poste de professeur a été créé à la Faculté. Au terme des cinq ans, l'Université financera entièrement ce poste. Quant au mandat de la Chaire, il consistera à mieux comprendre le développement des régions non métropolitaines du Québec, leurs disparités comme leurs écarts de niveau de vie, afin de rendre plus efficaces les interventions des planificateurs et développeurs régionaux.

«Cet enseignement novateur, a déclaré le recteur, aspire à orienter les politiques futures en matière de développement régional et d'aménagement du territoire en mettant à la disposition des décideurs publics de nouveaux éléments représentatifs de la situation économique des régions du Québec.»

Le titulaire de la Chaire était sur place. Il s'agit du professeur Jean Dubé, de l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional (ESAD). Selon lui, les travaux de la Chaire permettront de libérer les régions non métropolitaines du Québec du carcan de l'homogénéité. «Le Bas-Saint-Laurent et le Saguenay, ce n'est pas la même chose, soutient-il. Il y a beaucoup de différences, non seulement entre les deux régions, mais également à l'intérieur de celles-ci. Des régions comme la Beauce et la Côte-Nord ont des logiques de développement économique totalement différentes.»

Selon lui, la Chaire étudiera plus finement la structure économique des régions ainsi que leurs conditions de développement, pour ensuite faire des liens entre elles afin de voir s'il y a des ressemblances ou des différences. «Nos travaux, dit-il, feront la preuve que les régions se développent à des rythmes différents et qu'il ne faut donc pas les englober dans un seul amalgame. Un portrait plus fin et global d'une région donnée, qui tient compte des particularités locales, devrait permettre de mieux orienter les interventions.»

Dans son approche, la Chaire mettra l'accent sur les microdonnées spatiales, soit des informations individuelles portant notamment sur la localisation des entreprises et des ménages. «Les chercheurs utilisent habituellement les données fournies par des enquêtes, telles que le recensement quinquennal fédéral, pour parler de développement régional, indique Jean Dubé. Or, si on prend l'exemple du Bas-Saint-Laurent, les conditions régionales sont principalement dictées par les économies de Rimouski et de Rivière-du-Loup. L'économie régionale du Bas-Saint-Laurent, c'est beaucoup plus hétérogène que cela. Le recours à des données plus fines et plus précises, notamment sur les entreprises et les ménages, devrait permettre de dresser des portraits beaucoup plus précis sur le plan local.»

Après avoir défini une diversité de portraits, les chercheurs pourront les comparer. Les méthodes quantitatives leur permettront d'analyser, dans un contexte de grands nombres, les tendances et particularités observées non seulement sur un territoire, mais également entre les territoires. Les comparaisons plus complètes permettront d'orienter les politiques futures de développement régional et d'aménagement du territoire.

Pour leurs travaux, les chercheurs de la Chaire se serviront d'une base de données déjà utilisée dans un projet de recherche de l'ESAD. Elle contient notamment des données sur les entreprises présentes sur un territoire donné, sur leur main-d'oeuvre et sur leur chiffre d'affaires.

La CLE entend jouer un rôle central dans la formation des futurs décideurs et aménageurs. Elle vise aussi à bonifier les compétences et les formations des acteurs actuels. «Nous ferons la démonstration que nous pouvons faire l'analyse de politiques publiques, soutient Jean Dubé. En temps normal, il est très difficile, après coup, d'évaluer, par exemple, si une politique publique de création d'emplois a atteint son objectif. Si on découvre que telle ou telle politique n'a pas eu l'effet escompté, en plus de nécessiter des coûts élevés, il sera utile de le savoir pour ne pas répéter la même erreur.»

Le Québec compte 17 régions administratives subdivisées en régions ressources, comme l'Abitibi-Témiscamingue, en régions manufacturières, notamment Chaudière-Appalaches, et en régions urbaines, comme Québec. Selon une étude du ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations parue en 2015, les premières comptent pour 7,9% du produit intérieur brut du Québec, les deuxièmes pour 39,7% et les troisièmes pour 52,3%. De 2008 à 2013, les régions ressources ont connu la plus forte augmentation annuelle du revenu primaire des ménages (+3,6%), suivi des régions manufacturières (+2,0%) et urbaines (+1,6%). Dans la catégorie des petits établissements de 5 à 49 employés, près de 50% d'entre eux se trouvaient dans les régions manufacturières.






Étaient présents à la cérémonie de lancement de la Chaire de leadership en enseignement en développement régional et économique (de gauche à droite): Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales, Jean Dubé, titulaire de la Chaire et professeur à l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional, Agnès Dupriez, conseillère principale en responsabilité sociale, Mouvement Desjardins, Alain Rochon, doyen, Faculté d'aménagement, d'architecture, d'art et de design, Denis Brière, recteur, Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement, et Yves Bourget, président-directeur général, La Fondation de l'Université Laval.
Photo: Louise Leblanc



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