Vie universitaire

La diplomatie de retour à Washington

Dans sa politique étrangère, le prochain gouvernement américain recherchera le consensus et le dialogue

Par : Yvon Larose
Le candidat démocrate Barack Obama vient d’être élu président des États-Unis sur le thème du changement. À la suite de son assermentation, en janvier prochain, les États-Unis tourneront la page sur plusieurs années d’unilatéralisme en matière de politique étrangère. Le prochain gouvernement américain recherchera le consensus avec ses alliés en ce qui concerne les relations internationales et les questions de sécurité. Il voudra également normaliser ses relations avec son voisin communiste Cuba ainsi qu’avec l’Iran, un pays considéré comme une menace à la sécurité régionale au Moyen-Orient. «Comme ses prédécesseurs, le président Obama voudra protéger les intérêts vitaux des États-Unis que sont la sécurité nationale, l’économie et la prédominance militaire, explique Jonathan Paquin, professeur adjoint au Département de science politique. Mais Obama différera de Bush sur les moyens à prendre pour défendre ces intérêts en mettant l’accent sur le multilatéralisme et l’ONU.»

Jonathan Paquin prenait part à une table ronde le mercredi 5 novembre au pavillon Charles-De Koninck sur le thème de la politique étrangère de la prochaine administration américaine. L’activité était organisée notamment par le Centre d’études américaines et le Programme Paix et sécurité internationales. «Barack Obama, indique le professeur Paquin, répète depuis deux ans que la guerre contre le terrorisme se déroule en Afghanistan et non en Irak. Il propose de retirer les 150 000 soldats américains d’Irak d’ici décembre 2010, mais cela me semble peu possible. Il entend également envoyer au moins 10 000 soldats de plus en Afghanistan. Cela veut dire qu’il est possible que le président Obama demande au Canada de prolonger sa mission dans ce pays au-delà de 2011.»

En ce qui concerne l’Iran, les discussions porteront sur l’ingérence de ce pays dans la guerre en Irak et sur le programme nucléaire militaire que la communauté internationale le soupçonne de développer. «Si les discussions n’aboutissaient pas, souligne Jonathan Paquin, Obama travaillerait à accentuer l’isolement économique et politique de l’Iran.»

L’OTAN et l’ALÉNA
Selon Anessa Kimball, professeure adjointe au Département de science politique, l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) représentera un enjeu de taille entre le prochain gouvernement américain et la Russie. «La Russie, dit-elle, a envoyé le signal que l’élargissement de l’OTAN menace la sécurité de son territoire. Elle aura peut-être une réaction militaire à cela.» Rappelons que 10 pays d’Europe de l’Est, anciennement membres de l’Union soviétique, ont joint les rangs de l’OTAN depuis 1999. Deux autres devraient suivre en 2009. «Les États-Unis et la Russie doivent voir comment coopérer, explique Anessa Kimball. Un processus de coopération limitée serait idéal, mais la Russie est devenue une superpuissance énergétique et les Russes veulent une attitude très ferme de leurs gouvernants à l’endroit des États-Unis.»

Dans le dossier des relations commerciales entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, Barack Obama entend renégocier certaines dispositions de l’Accord de libre-échange nord-américain. «Ces modifications touchent notamment aux normes environnementales et aux droits des travailleurs, précise Louis Bélanger, professeur titulaire au Département de science politique. Dans le cas du Canada, ces modifications ne posent pas trop de problèmes, car nous respectons déjà ces normes qui ressemblent pas mal à celles qui sont en vigueur aux États-Unis.» L’administration Obama sera davantage préoccupée d’environnement que le gouvernement Bush. Le professeur Bélanger s’attend à ce qu’elle exerce de fortes pressions sur le Canada pour trouver des solutions communes aux gaz à effet de serre.

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