Vie universitaire

Former les jeunes au 21e siècle

Selon la professeure Margarida Romero, les usages créatifs du numérique constituent une occasion exceptionnelle pour l'éducation des enfants dans la société moderne

Par : Yvon Larose
L'activité «Les filles et les sciences» vise à faire découvrir aux jeunes filles de 2e et 3e secondaires, de manière participative et concrète, les sciences pures, les sciences appliquées et le génie.
L'activité «Les filles et les sciences» vise à faire découvrir aux jeunes filles de 2e et 3e secondaires, de manière participative et concrète, les sciences pures, les sciences appliquées et le génie.
Margarida Romero enseigne la technologie éducative au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage. Récemment, elle a joint l'équipe des blogueurs de Contact, le magazine des diplômés de l'Université Laval. Au fil des mois, la professeure Romero traitera de l'éducation des enfants sous divers angles. Elle émaillera ses textes d'exemples concrets de pratiques éducatives basées sur la technologie numérique, des pratiques qui misent sur la participation des élèves et qui leur permettent de développer un rapport positif, actif et engageant à l'apprentissage.

«Le numérique est aujourd'hui présent dans toutes les sphères de notre vie, explique-t-elle. Mais le secteur de l'éducation accuse un certain retard.»

Selon Margarida Romero, la technologie éducative est appelée à jouer un rôle crucial dans le système d'éducation actuel et futur. «À la différence d'autres siècles, dit-elle, nous vivons à une époque remplie de changements. Les emplois d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'il y a 30 ans et les emplois qu'occuperont les enfants présentement à l'école, on ne les connaît pas. Ce qui est certain est que l'acquisition de compétences clés, comme la pensée critique, la collaboration, la créativité, la résolution de problèmes complexes et la pensée informatique, prépare les élèves à gérer cette complexité et cette incertitude du marché du travail.»

Margarida Romero est bénévole et membre du conseil d'administration de l'EspaceLab, un espace de création numérique communautaire qui a pignon sur rue à la bibliothèque Monique-Corriveau, dans l'arrondissement de Sainte-Foy. Le concept de laboratoire de fabrication numérique, fab lab en anglais, est en émergence depuis quelques années dans de nombreux pays. Il consiste, pour les utilisateurs, à réaliser leurs projets à l'aide de machines numériques spécialisées, dont des imprimantes 3D et des découpeuses laser.

Dans une approche de créativité numérique collaborative, les participants co-construisent leur projet avec l'enseignant ou les animateurs. Ensemble, ils font face aux problèmes qui peuvent découler, par exemple, de la fabrication d'une maquette de maison. «On teste des activités et des matériels, souligne la professeure. On accepte les risques. On est un labo! Pour moi, l'EspaceLab est un lieu de recherche-action dont le but est d'observer des pratiques.»

Depuis la mi-septembre, cet atelier de fabrication a un volet destiné aux 8 à 14 ans, l'EspaceLab Junior. À ce jour, une vingtaine de jeunes y sont inscrits.

«L'éducation des enfants, aujourd'hui, passe par les usages créatifs du numérique, affirme Margarida Romero, et l'EspaceLab Junior s'inscrit dans cette approche. Ma contribution est de mettre en place les activités. Nous avons acheté des ensembles électroniques et robotiques. La formation est surtout orientée vers des activités d'apprentissage créatif de la programmation et de la robotique.»

En mars 2016, un premier atelier de l'EspaceLab Junior s'est déroulé dans le cadre de l'activité annuelle «Les filles et les sciences». Cette activité, qui avait lieu à l'Université Laval, vise à faire découvrir aux jeunes filles de 2e et 3e secondaires, de manière participative et concrète, les sciences pures, comme la physique, les sciences appliquées, comme les mathématiques ainsi que le génie. Cette année, les participantes se sont initiées, notamment, à la chimie et à la programmation informatique.

Selon Margarida Romero, une des explications au désintérêt des adolescentes en ces domaines est le rapport à l'erreur. «On demande aux filles d'être parfaites, soutient-elle. Or, les exigences de perfection vont à l'encontre du côté bricolage et exploration qui fait partie de la démarche d'apprentissage dans un domaine comme le génie.»

La professeure croit que les filles doivent développer dès le primaire un niveau de confiance en leurs capacités en sciences et technologies. «Ainsi, poursuit-elle, elles auront déjà une image forte de ce qu'elles sont capables lorsqu'elles arrivent à la préadolescence et à l'adolescence.»

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Marc Robitaille

«L'éducation des enfants, aujourd'hui, passe par les usages créatifs du numérique», affirme Margarida Romero. Photo Marc Robitaille

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