Vie universitaire

Esprit critique, démocratie, esthétique

Une websérie renouvelle le regard sur le legs de la Grèce

Par : Yvon Larose
Cette silhouette d'un orateur grec du passé, se découpant sur un mur de pierre décoré de mots en grec ancien, est tirée d'un des premiers épisodes de la websérie <i>Les lumières grecques</i>. Elle symbolise l'idée d'avoir l'occasion de débattre ensemble, d'arrimer la discussion à tous les citoyens et d'arriver à une vérité commune, au moyen des meilleurs arguments, pour le bien commun, à la fois individuel et collectif.
Cette silhouette d'un orateur grec du passé, se découpant sur un mur de pierre décoré de mots en grec ancien, est tirée d'un des premiers épisodes de la websérie <i>Les lumières grecques</i>. Elle symbolise l'idée d'avoir l'occasion de débattre ensemble, d'arrimer la discussion à tous les citoyens et d'arriver à une vérité commune, au moyen des meilleurs arguments, pour le bien commun, à la fois individuel et collectif.
Aristote, Périclès, Sophocle: qu'ils soient philosophes, acteurs politiques ou dramaturges, plusieurs personnages de la Grèce ancienne ont défendu l'idée de démocratie. Cette idée se trouve au cœur d'une nouvelle websérie conçue, écrite, financée et réalisée à l'Université Laval. Intitulée Les lumières grecques, cette série de 18 épisodes fait la démonstration que la tradition philosophique grecque a accompagné les sociétés occidentales dans leur évolution au fil du temps. La websérie sera diffusée à compter du mois de mai prochain, à raison de trois présentations en trois semaines. La diffusion se fera sur YouTube et Facebook. Trois autres épisodes le seront en septembre, puis trois autres en décembre. Une programmation semblable se déroulera en 2020.

Le projet de websérie est en cours depuis un an et demi à la Faculté de philosophie. Ses artisans sont le professeur Jean-Marc Narbonne, un spécialiste de la philosophie grecque, l'étudiant Jean-Samuel Angers, un cinéaste inscrit à la maîtrise en philosophie, et la chargée de communication Christine Borello. Le professeur et l'étudiant ont écrit les scénarios. La réalisation cinématographique a été confiée à ce dernier. Le financement du projet est assuré, entre autres, par la Chaire de recherche du Canada en antiquité critique et modernité émergente, que dirige le professeur Narbonne.

«Le projet général de la Chaire est de faire mieux comprendre le rôle de l'Antiquité grecque dans la formation de l'Occident, explique celui qui agit comme fil conducteur tout au long de la websérie. Tout est lié à l'exceptionnalisme grec. On ne sait trop pourquoi, les Grecs ont eu une approche critique des choses et une ouverture sur tous les aspects de la vie.»

Dans sa forme, la websérie mêle documentaire et animation avec des mises en scène. Elle a pour objectif de répondre à un besoin de sensibilisation des jeunes et du grand public aux acquis de notre culture. Elle s'adresse à qui s'intéresse à la philosophie ancienne et à la question de la société démocratique occidentale.

Le 8 avril, à 17h30, aura lieu au café Fou AELIÉS du pavillon Alphonse-Desjardins le visionnement du pilote de la websérie. L'entrée sera libre. En une trentaine de minutes, les spectateurs verront des extraits des trois premiers épisodes. Ce triptyque aura pour thème L'exception grecque. On y abordera des concepts tels que la démocratie grecque, l'esprit critique et la liberté de parole. Ces hommes d'un lointain passé ont notamment inventé la philosophie et la démocratie.

La trame de fond de la websérie porte sur l'apport de la pensée grecque à notre monde d'aujourd'hui. À ce titre, il est utile de savoir que la cité athénienne accordait la libre discussion et le franc-parler à ses citoyens, du moins ceux qui étaient libres et égaux, un privilège unique dans tout le monde antique. Dans cette démocratie directe, chaque citoyen avait voix au chapitre, chacun était appelé à voter pour tel ou tel projet de loi et à confronter son point de vue à celui des autres.

En septembre et en décembre 2019, la websérie présentera des triptyques sur des facettes plus polémiques de Socrate et de Platon. Ces deux grands penseurs ont entretenu des réticences à l'égard de la démocratie et de la liberté individuelle.

«Il faut se rappeler que ceux qui ont inventé la philosophie ne sont pas les mêmes que ceux qui ont créé la démocratie, souligne Jean-Marc Narbonne. Les recherches historiques les plus récentes révèlent l'existence d'un rapport difficile, à bien des égards conflictuel, entre plusieurs philosophes et les défenseurs de la démocratie. Tout philosophe grec n'était pas forcément démocratique. Il faut s'enlever ce mythe-là de la tête. En septembre et en décembre prochains, nous allons essayer de montrer le visage de la démocratie dans ses bons et mauvais côtés. Platon, pour sa part, était un antidémocrate farouche.»

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