Vie universitaire

Des moments inoubliables

Quelque 15 000 personnes, dont 2 608 diplômés et 7 récipiendaires de doctorats honorifiques, ont participé aux cérémonies de collation des grades qui se sont déroulées les 9, 10, 16 et 17 juin dans le Stade couvert du PEPS

Par : Yvon Larose
«J’éprouve un sentiment d’accomplissement et de fierté. Aujourd’hui est l’aboutissement de plusieurs années d’efforts. C’est plaisant d’être récompensé par une belle cérémonie bien organisée et protocolaire qui vient souligner tout ce qu’on a accompli durant toutes ces années. On se sent apprécié par l’Université. Une nouvelle étape de la carrière commence aujourd’hui.»

La cérémonie à laquelle fait allusion Patrice Dallaire, finissant au doctorat en physiologie-endocrinologie, est sa collation de grades. En ce samedi après-midi du 9 juin, il faisait partie de 480 finissantes et finissants en médecine, en médecine dentaire, en pharmacie et en sciences infirmières rassemblés dans le Stade couvert du PEPS pour recevoir leur diplôme des mains du recteur Denis Brière. Marie-France Mercier, finissante au baccalauréat en pharmacie, était du nombre. «Je me sens fière de ce que j’ai accompli, dit-elle. J’éprouve un sentiment de réussite. J’ai aimé la cérémonie qui était vraiment bien. J’ai ressenti de gros frissons pendant que je défilais avec les autres diplômés. Et de voir tous ces dignitaires de l’Université qui s’étaient déplacés pour l’occasion, je me suis sentie encore plus appréciée.» Pour sa part, Dominique Paquet, finissante au bac en physiothérapie, se sentait «vraiment heureuse». «Je ressens un fort sentiment de fierté et d’accomplissement, ajoute-t-elle. Quatre années d’études universitaires, c’est long. Le soutien de mes parents a été important.»

Patrice, Marie-France et Dominique figurent parmi les 2 608 étudiantes et étudiants à avoir participé cette année aux 7 cérémonies de collation des grades qui se sont tenues les 9, 10, 16 et 17 juin au PEPS. Ces participants représentent plus du quart de l’ensemble des diplômés de l’année académique 2006-2007 (été, automne, hiver) qui totalisent 9 135 personnes. Les diplômées et diplômés du premier cycle représentent plus des deux tiers de ce total, soit 6 523 personnes. L’ensemble des diplômés est constitué à 60 % de femmes.

Un événement majeur
La collation des grades est un événement majeur par lequel l’Université souligne avec faste la fin d’un cycle d’études chez ses étudiantes et étudiants. Cette année, on estime qu’environ 15 000 personnes, incluant les dignitaires et ceux et celles qui accompagnaient les diplômés, ont assisté à cette célébration de l’effort, de la persévérance et de la réussite.

L’après-midi du 9 juin, la vaste salle baignant dans la pénombre et décorée de grandes bannières aux couleurs institutionnelles se remplissait peu à peu. Derrière le cordon de sécurité, de nombreux parents, conjoints et amis attendaient patiemment le départ du défilé des diplômés pour photographier ou filmer au passage qui leur enfant, qui leur conjoint(e), qui leur ami(e). Puis, les diplômés, revêtus de la toge noire attachée d’une boucle rouge, ont fait leur entrée au son du fameux et solennel Pomp and Circumstance Marches, de sir Edward Elgar. Tous souriaient. L’émotion était palpable. L’extrait musical a joué jusqu’à ce que tous les diplômés soient assis à la place qui leur avait été assignée au centre de la salle. Peu après, le défilé des dignitaires s’est mis en branle. Dans les hauts parleurs, Edward Elgar a cédé la place à Georg Friedrich Haendel et à l’ouverture de sa Music for the Royal Fireworks. Martin Gaboury, finissant de la Faculté de médecine dentaire, a eu l’honneur d’ouvrir le défilé composé de quelques dizaines de personnes. Il portait la masse de l’Université, laquelle symbolise l’autorité en vertu de laquelle l’institution confère les grades universitaires.

«Vous partez aujourd’hui chargés d’une grande responsabilité sociale, a souligné le recteur Denis Brière dans son allocution aux diplômés. Notre société investit beaucoup de ressources dans la formation de ses professionnels de la santé. Elle investit aussi beaucoup d’espoir en leur capacité d’action, en leur capacité à traiter, à soigner et à prévenir les problèmes de santé. Elle attend en retour votre attention, votre écoute, votre aide, vos conseils. Je suis confiant que la formation que vous avez reçue vous a préparés à faire face à ces responsabilités.»

Le recteur a ensuite procédé à la remise d’un doctorat ès sciences honoris causa à Georges Bordage, spécialiste en pédagogie médicale et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de l’Illinois à Chicago. Le récipiendaire a revêtu l’épitoge et signé le Livre d’or de l’Université. Puis, il s’est adressé aux diplômés. «En plus des soins aux malades, a-t-il déclaré, vous avez maintenant un rôle et une responsabilité d’enseignants auprès de vos pairs et aussi auprès des étudiants qui vous succèdent.» Georges Bordage a recommandé aux diplômés d’écouter les étudiants qui les consultent afin «de mieux les comprendre et, par le fait même, de maximiser leur apprentissage en intervenant là où ils en ont le plus besoin».

Le recteur Brière a par la suite remis la médaille d’or de la Gouverneure générale à Martin Gérin-Lajoie, finissant au programme de doctorat en médecine expérimentale. Cette distinction est remise à l’étudiant qui obtient les meilleurs résultats aux études de maîtrise ou de doctorat. Puis, les finissantes et les finissants des deuxième et troisième cycles se sont dirigés vers la scène pour recevoir leur diplôme. Ensuite, Jean-Paul Goulet, doyen de la Faculté de médecine dentaire, a pris la parole au nom des doyennes et des doyens des facultés représentées. «La découverte et l’émerveillement que procure l’ouverture sur la connaissance et le savoir demeurent la meilleure nourriture de l’esprit, a-t-il affirmé. D’ailleurs, c’est là que le pont s’établit entre chacun d’entre vous diplômés des premier, deuxième et troisième cycles. Vous êtes tous interdépendants les uns des autres puisque sans praticiens capables d’alimenter la curiosité d’un chercheur par ses remises en question, point de salut au développement des connaissances dans chacune de vos disciplines.»

La remise des diplômes du premier cycle a suivi l’allocution du doyen. La cérémonie a pris fin par le défilé de clôture. Les diplômés se sont levés puis sont demeurés à leur place pendant que les dignitaires quittaient la scène pour se rendre au salon protocolaire. Les accompagnait une version instrumentale de l’hymne de l’Université Laval, Savoir et beauté, une œuvre originale de Jeanne Landry. Ensuite, vinrent des retrouvailles empreintes d’émotions.

Au service de la Terre
Le dimanche 10 juin en matinée, 200 étudiantes et étudiants de la Faculté de foresterie et de géomatique, et de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation ont reçu leur diplôme des mains du recteur. Ce dernier a également décerné un doctorat en géomatique honoris causa à Michel Paradis, directeur général de GéoQuébec et l’un des pionniers de la géomatique au Québec. Dans son discours, le récipiendaire a exhorté les diplômés «à développer et mettre en œuvre les moyens d’un véritable développement durable de l’ensemble des ressources des milieux agricole et forestier». Selon Michel Paradis, «la Terre, notre planète, a un urgent besoin qu’on la protège». Dans ce but, les diplômés en géomatique devront notamment développer une connaissance complète de la Terre et de ses ressources, trouver des solutions à la gestion équilibrée de l’eau potable et partager leurs connaissances «avec les populations qui voudront de plus en plus être consultées et associées aux prises de décisions qui affectent leur milieu de vie».

En après-midi, c’était au tour des finissants de la Faculté des sciences et de génie de se rassembler dans le Stade couvert. Ils furent 315 à recevoir leur diplôme. François Dubé, finissant au bac en biologie, a été honoré. En son nom, Georges Dubé, son père, a reçu du recteur Brière la médaille d’argent de la Gouverneure générale. Cette distinction récompense les meilleurs résultats dans un programme d’études conduisant au baccalauréat.

Sur les traces des pionniers
La seconde fin de semaine de collation des grades a pris son envol, le samedi 16 juin, en présence de 387 finissantes et finissants de la Faculté des sciences de l’administration. Le fait saillant de cette cérémonie tenue en matinée a été la remise, par le recteur, d’un doctorat honorifique en sciences de l’administration à Henri-Paul Rousseau, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Ce dernier a exhorté les finissants à suivre les traces des pionniers qui ont donné naissance à une économie québécoise plus dynamique et plus riche. «Vous n’avez pas le choix: vous devez poursuivre leur travail, a-t-il déclaré. Mais le contexte dans lequel vous serez appelés à le faire sera radicalement différent.» Selon Henri-Paul Rousseau, le contexte économique d’aujourd’hui s’avère plus difficile que celui d’autrefois parce que l’économie de marché s’étend désormais à l’échelle de la planète. «J’aime à répéter que l’arrivée de centaines de millions de nouveaux consommateurs chinois, indiens, brésiliens, russes et de d’autres pays qui sont désireux d’améliorer leur sort, et qui ont enfin cette possibilité, est l’équivalent de la découverte d’une nouvelle planète de deux milliards d’habitants, a-t-il expliqué. C’est dire que si les occasions d’affaires sont mille fois plus grandes qu’elles l’étaient par le passé, l’effort à déployer pour les saisir est aussi mille fois plus grand. La bonne nouvelle est que vous êtes, tous et toutes, très bien préparés pour y faire face. Vous serez donc appelés à inscrire vos propres pages de l’histoire économique du Québec.»

Le défi de la qualité des relations humaines
En après-midi, la cérémonie a permis d’honorer 466 finissantes et finissants de la Faculté de droit, de la Faculté des sciences sociales et de l’Institut québécois des hautes études internationales. Avant la remise des diplômes, le recteur Denis Brière a décerné non pas un mais deux doctorats honoris causa, le premier, en sciences sociales, à Jean-Pierre Duplantie, directeur général du Centre jeunesse de Montréal, le second, un doctorat d’université, à Brian Mulroney, avocat, associé principal de la firme Ogilvy Renault et ancien premier ministre du Canada.

Jean-Pierre Duplantie a fait porter l’essentiel de son allocution sur la qualité des relations humaines dans les différents milieux de vie. «Cette qualité des relations nous suit tout au long de notre vie et contribue à lui donner un sens», a indiqué celui qui figure parmi les acteurs ayant contribué à l’amélioration des services sociaux et de santé au Québec. Selon lui, le grand défi, en gestion, n’est pas celui des ressources financières, du risque ou de la qualité, mais bien celui des rapports humains. «C’est le défi d’une gestion axée sur le respect des personnes, a précisé Jean-Pierre Duplantie. C’est la capacité d’écoute, l’habilité à travailler en équipe, la valorisation de l’apport de chacun. Nous ne parlons plus de la gestion des ressources humaines, mais bien d’une gestion humaine de nos ressources.»

Brian Mulroney a insisté, dans son discours, sur ses quatre années d’études en droit à l’Université Laval, au début des années 1960. «C’est ici, ou plutôt dans le Quartier latin où nous étions domiciliés à l’époque, au contact de professeurs ouverts et généreux, au contact de confrères intelligents, ambitieux et motivés que je me suis découvert un goût pour la recherche de l’excellence en droit, en affaires, en politique et dans la vie en général», a-t-il raconté. Le Québec entrait alors dans la modernité. «Le Québec changeait sous nos yeux, a-t-il dit, et nous étions pressés d’y apporter notre contribution.»

Le recteur Brière a ensuite remis trois distinctions scolaires. Marie-Ève Desrochers, détentrice d’un baccalauréat en économique et représentée par son père Gabriel Desrochers, s’est vue remettre le Prix du Lieutenant-gouverneur. Ce prix est remis annuellement à une seule personne pour l’ensemble des diplômés de l’Université Laval. Annie Villeneuve, diplômée de la maîtrise en droit et représentée par son père Jacques Villeneuve, a reçu la médaille d’or de la Gouverneure générale. Enfin, Joëlle Gauthier, finissante au bac en anthropologie, a reçu la médaille d’argent de la Gouverneure générale.

La gnose, ce savoir qui se crée peu à peu
Trois cent soixante-six finissantes et finissants ont envahi le Stade couvert dans la matinée du dimanche 17 juin. La cérémonie était consacrée aux facultés de Philosophie, des Sciences de l’éducation, de Théologie et de Sciences religieuses, ainsi qu’à la Direction du baccalauréat multidisciplinaire. Jean-Pierre Mahé, directeur d’études à la section des sciences historiques et philologiques de l’École pratique des hautes études à Paris, a reçu un doctorat en sciences des religions honoris causa des mains du recteur. Le récipiendaire est reconnu mondialement comme un spécialiste des langues et des littératures coptes, arméniennes et géorgiennes. Son allocution a tourné autour de la gnose, un mot qui signifie «connaissance». «Non pas une science figée déjà écrite dans les livres, a souligné Jean-Pierre Mahé, mais une prise de conscience, un savoir qui se crée peu a peu en chacun de nous et tente à s’enrichir de toutes les expériences et virtualités de l’esprit.» Le récipiendaire a affirmé que «la vraie recherche est toujours transgressive dans la mesure où elle relativise, fût-ce en les approfondissant, des résultats que l’on croyait acquis».

L’ultime séance de collation des grades réunissait 394 finissantes et finissants des facultés d’Aménagement, d’Architecture et des Arts visuels, des Lettres et de Musique. À cette occasion, le recteur Denis Brière a décerné un doctorat en design honoris causa à Ruedi Baur, designer graphique suisse de renommée internationale et directeur de l’institut de recherche Design2context. Dans son allocution, ce dernier a expliqué l’originalité de son parcours qui a commencé en 1974 alors qu’il entreprenait des études en design graphique, une discipline alors peu connue. «J’ai cette approche depuis mes tous débuts, a-t-il indiqué, et je continue à la cultiver. Elle consiste à être excessivement curieux de choses que je ne connais pas. Je le dis toujours à mes étudiants: je ne suis intéressé qu’à m’aventurer dans des domaines où je découvre des nouveautés en même temps qu’eux et à les accompagner vers du savoir nouveau.» Selon Ruedi Baur, les métiers de création relèvent à la base «d’une certaine insatisfaction de l’état présent» et indirectement d’une «volonté de transformation» visant à «faire un demain meilleur qu’aujourd’hui».

Après cette allocution, le recteur a remis la médaille d’or de la Gouverneure générale à Jean-Philippe Roy, finissant à la maîtrise avec mémoire en arts visuels. Par la suite, il a effectué la remise des diplômes.

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