Vie universitaire

De la criminologie à l’intelligence artificielle

Le Conseil universitaire approuve la création de cinq nouveaux programmes d’études

Par : Yvon Larose
La criminologie s’est développée à l’Université Laval au cours des 10 dernières années par l’offre d’un certificat en 2011, d’un baccalauréat en 2012 et d’une maîtrise à l’automne 2020.
La criminologie s’est développée à l’Université Laval au cours des 10 dernières années par l’offre d’un certificat en 2011, d’un baccalauréat en 2012 et d’une maîtrise à l’automne 2020.

Réunis en séance ordinaire virtuelle, le mardi 8 juin, les membres du Conseil universitaire ont donné le feu vert à la création de cinq nouveaux programmes d’études. Il s’agit en l’occurrence d’un doctorat en criminologie, d’un baccalauréat en sexologie et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées en intelligence artificielle, ainsi que de deux certificats, l’un en études littéraires, l’autre en santé, sécurité et mieux-être au travail.

Les membres du Conseil sont familiers avec le dossier de la criminologie à l’Université. Au printemps 2020, ils donnaient leur aval au projet de création d’un programme de maîtrise dans le domaine. Ce programme est offert depuis la session d’automne de l’an dernier.

«Le doctorat en criminologie est un projet sur lequel l’École de travail social et de criminologie et la Faculté travaillent depuis plusieurs années, a expliqué, d’entrée de jeu, le doyen de la Faculté des sciences sociales, François Gélineau, le 8 juin dernier. À titre de rappel, la criminologie s’est développée à l’Université Laval au cours des 10 dernières années par l’offre d’un certificat en 2011, d’un baccalauréat en 2012 et d’une maîtrise à l’automne 2020. La maîtrise se révèle d’ailleurs très attractive. On en veut pour preuve le nombre de demandes reçues dans le cycle d’admission en cours, nombre qui dépasse de loin les prévisions les plus optimistes… et les capacités d’accueil du programme. Nous sommes confiants que le doctorat connaîtra une trajectoire semblable.»

Un criminologue est un spécialiste qui travaille auprès des populations judiciarisées, criminalisées ou à risque de l’être. Il exerce sa profession dans les domaines de la déviance et de la criminalité sous l’angle de la prévention du crime, de son traitement et de la réinsertion des personnes. Parmi les problématiques criminologiques particulières, on peut mentionner la toxicomanie ou la récidive des conjoints violents.

L’Université Laval est actuellement l’une des quatre universités canadiennes à offrir un programme d’études supérieures en criminologie.

Le doctorat en criminologie s’adresse aux étudiants détenteurs d’une maîtrise en criminologie, mais aussi à celles et ceux qui ont obtenu une maîtrise dans des disciplines telles que le travail social, la psychologie, la psychoéducation, l’économie, l’histoire, le droit ou la sociologie ou tout autre domaine pertinent.

Ce programme, qui accueillera huit étudiants par année, leur offrira une formation de troisième cycle de pointe leur permettant d’occuper un poste de chercheur dans un centre de recherche, de professeur universitaire ou collégial en criminologie, d’analyste principal au sein d’un ministère, ou de poursuivre des études postdoctorales en criminologie ou dans un domaine connexe.

Au Québec, les diplômés à la maîtrise en criminologie de 2015 connaissaient un taux de placement de 91,3% en janvier 2017.

Le corps professoral spécialisé en criminologie de l’École de travail social et de criminologie compte aujourd’hui onze personnes. Deux autres professeurs s’ajouteront.

Le programme de doctorat permettra de nouer, à l’Université, des collaborations fructueuses et de créer une synergie nécessaire pour la formation et la recherche de pointe, tant sur les plans intradépartemental (par exemple, avec le travail social) et interdépartemental (avec, entre autres, la sociologie), que sur le plan interfacultaire (avec la Faculté de droit et la Faculté des sciences de l’éducation notamment).

«Il n’existe présentement qu’un seul programme de doctorat en criminologie au Québec, a souligné François Gélineau. Cet état de fait limite le développement des savoirs criminologiques au Québec, l’innovation sociale, mais aussi le développement d’une relève francophone en soutien à la recherche en criminologie au Québec, au Canada, et ailleurs dans la francophonie. La création du doctorat en criminologie permettra donc à l’Université Laval de se positionner favorablement dans ce domaine d’études.»

Le Comité exécutif fixera la date d’implantation du programme de doctorat en criminologie une fois reçues les approbations usuelles du Bureau de coopération interuniversitaire et du ministère de l’Enseignement supérieur.

Une expression fondamentale de l’être humain

La sexologie consiste en l’étude scientifique de l’ensemble des aspects de la sexualité, celle-ci étant considérée comme une expression fondamentale de l’être humain. Ce champ scientifique se distingue par son caractère pluridisciplinaire, qui permet de comprendre de façon particulière et globale les phénomènes liés à la sexualité.

Le 8 juin, Geneviève Martin, professeure au Département de psychiatrie et de neurosciences et future directrice du programme, a fait la présentation du projet de création du baccalauréat en sexologie.

«Au Québec, a-t-elle dit, seule l’Université du Québec à Montréal offre le baccalauréat en sexologie, et ce, depuis 50 ans. L’Université Laval offre par ailleurs un certificat en santé sexuelle et un microprogramme sur les violences sexuelles. La création d’un baccalauréat à l’Université Laval s’inscrit dans le contexte d’un engouement persistant pour ces programmes courts. Le baccalauréat vise aussi à pallier l’absence d’une masse critique de sexologues dans le réseau universitaire intégré de santé – Université Laval. Un sondage réalisé auprès de 177 milieux de ce réseau révèle que chez 54 à 69% de ceux-ci, il existe des besoins élevés à très élevés en matière de sexologie. Or, seulement 6% des milieux disposent de ressources professionnelles pour répondre à ces besoins.»

La formation universitaire en sexologie donne accès à l’Ordre professionnel des sexologues du Québec. Cette formation permet aux intervenants d'agir dans les domaines de la promotion de la santé et du bien-être sexuels, de l’éducation à la sexualité, de la prévention et du soutien aux personnes. «Les futurs diplômés, a-t-elle indiqué, pourront évaluer le développement psychosexuel et le comportement sexuel de la personne. Ils seront également habilités à planifier, recommander et effectuer des interventions dans le but de favoriser un meilleur équilibre sexuel chez l’être humain, en interaction avec son environnement. Enfin, ils pourront réaliser les activités réservées que peuvent pratiquer les sexologues titulaires d’un baccalauréat.»

Le futur programme comprendra 90 crédits et sera offert conjointement par les facultés de Médecine et de Sciences sociales. Il accueillera 60 étudiants par année, ce qui correspond à 8,5% du total des demandes d’inscription à l’UQAM. Parmi les cours offerts, mentionnons le développement psychosexuel de la personne tout au long de la vie, le rapport au corps et à l’érotisme et expérience de l’intimité, la démarche d’intervention en sexologie et, enfin, la diversité sexuelle. Ces trois derniers cours sont uniques à l’Université Laval.

Les perspectives d’emploi pour les futurs diplômés de ce baccalauréat sont excellentes. Le métier de sexologue figure parmi les carrières d’avenir en santé. En 2019, l’enquête La Relance à l’université du ministère de l’Enseignement supérieur signalait que 20 mois après la fin de leurs études de baccalauréat, 59% des personnes détentrices de ce diplôme occupaient un emploi. Par ailleurs, 34% poursuivaient des études, près des trois quarts liés à leur formation en sexologie.

Le Comité exécutif fixera la date d’implantation du programme de baccalauréat en sexologie une fois reçues les approbations usuelles du Bureau de coopération interuniversitaire et du ministère de l’Enseignement supérieur.

Après la majeure, le DESS

L’intelligence artificielle (IA) permet l’automatisation de tâches par des logiciels qui peuvent apprendre et s’adapter. L’IA couvre notamment la résolution de problèmes, la représentation des connaissances et le raisonnement et la planification. Variées et nombreuses, les applications de l’IA touchent entre autres à la vision par ordinateur, au traitement du langage naturel et à l’aide à la décision. Cette technologie a une application directe en robotique, en finance, en traitement de données massives et autres domaines.

Le 8 juin, le doyen de la Faculté des sciences et de génie, André Zaccarin, a présenté au Conseil universitaire le projet de création du diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en intelligence artificielle.

«Selon le McKinsey Global Institute, a-t-il expliqué, d’ici 2030 autour de 70% des compagnies adopteront au moins une technologie liée à l’IA. D’ici cette date, l’impact économique de l’IA à l’échelle mondiale devrait atteindre approximativement, selon la même source, 13 billions [13 000 milliards] de dollars. Au Québec, plusieurs milliers d’emplois en intelligence artificielle devraient être créés annuellement, et ce, au cours des cinq prochaines années.»

L’expertise de l’Université Laval dans le domaine de l’IA réunit de nombreux chercheurs associés à l’Institut intelligence et données, au Centre de recherche en données massives et à quatre chaires de recherche en IA Canada-CIFAR. Plusieurs de ces chercheurs sont de notoriété internationale.

Selon le doyen, le programme de DESS arrive à point nommé et s’inscrit dans la continuité de la majeure en intelligence artificielle créée à l’intérieur du programme de maîtrise professionnelle en informatique.

Il n’existe présentement que trois formations universitaires de langue française consacrées à IA au Québec, dont la majeure en IA de l’Université Laval. Dès le départ, celle-ci a connu un très grand succès, soit 55 inscriptions à l’automne 2020. L’intérêt du marché fut immédiat, qui a spontanément offert un nombre de stages suffisant. Par ailleurs, il est rapidement apparu qu’il restait un important besoin à combler pour des formations plus courtes.

Le programme projeté se situe plus particulièrement dans le domaine de l’apprentissage machine. Il a été conçu de manière qu’il puisse aussi servir de porte d’entrée au programme de maîtrise. Il sera offert en admission aux sessions d’automne et d’hiver. Il pourra être suivi à temps complet, sur deux sessions, ou à temps partiel. Il ne nécessitera que la création d’un seul nouveau cours de projet intégrateur.

Ce DESS permettra à l’étudiant de consolider ses connaissances et habiletés en intelligence artificielle et à accroître ses capacités d’analyse, de synthèse et son sens critique. L’étudiant pourra aussi approfondir des principes, des concepts fondamentaux et des méthodes propres à l’apprentissage machine et son application.

La date d’implantation du programme a été fixée à la session d’automne 2021.

On peut consulter les avis du comité-conseil de la Commission des études relativement aux projets de nouveaux programmes (PDF):

<em>Le Baiser</em>, sculpture d’Auguste Rodin. Le futur baccalauréat en sexologie sera offert conjointement par les facultés de Médecine et de Sciences sociales. Il accueillera 60 étudiants par année.
Selon le McKinsey Global Institute, d’ici 2030 autour de 70% des compagnies adopteront au moins une technologie liée à l'intelligence artificielle.

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