Vie universitaire

Bâtir ensemble un avenir durable

Le nouveau recteur Denis Brière veut mobiliser la communauté universitaire autour de projets concrets, mettre l’accent sur la qualité de l’enseignement, améliorer le fonctionnement des instances décisionnelles et réduire la dette de l’Université

Par : Yvon Larose
«J’ai bien des défis à relever, mais j’y vais avec confiance et enthousiasme, indique le nouveau recteur Denis Brière élu le 30 avril dernier. Je suis très confiant de réussir, sinon je ne me serais pas présenté.» Celui qui a occupé pendant sept ans le poste de doyen de la Faculté de foresterie et de géomatique se définit comme «un gars de résultats». «Je crois pouvoir offrir à l’Université une expertise qui pourra la faire progresser durant les cinq prochaines années, poursuit-il. Je serais très content si, au terme de mon mandat, l’Université avait progressé pour être l’une des meilleures.» Âgé de 60 ans, le recteur Brière se donne un horizon de cinq ans à la tête de l’Université. «Je ne ferme pas la porte à un second mandat, dit-il, mais pour le moment je ne vais pas là pour dix ans. On verra.» Selon lui, le fait d’être en poste, en principe, pour un seul mandat représente un avantage. «Les décisions que j’aurai à prendre, je vais les prendre et je vivrai avec, affirme-t-il. Je ne fonctionnerai pas dans l’optique d’une possible réélection dans cinq ans et je ne m’empêcherai pas de prendre une décision qui pourrait affecter mes chances d’être réélu.»

Des valeurs partagées
Denis Brière entrera officiellement en fonction le 1er juin. Son équipe de direction, elle, devra être formée au plus tard le 30 juin. «En plus de leur compétence, les personnes que je choisirai adhéreront à ma philosophie de gestion, à mes valeurs, à mon approche basée sur la concertation, sinon ça ne fonctionnera pas», précise-t-il. Tel qu’annoncé dans son programme électoral, le nouveau recteur procédera à une restructuration des vice-rectorats. «La secrétaire générale prépare actuellement un document qui modifiera les statuts de l’Université parce que deux vice-rectorats auront de nouvelles responsabilités», explique-t-il. Dans les faits, le vice-rectorat exécutif héritera du volet développement et le vice-rectorat aux études héritera du volet affaires internationales du vice-rectorat au développement et aux relations internationales.



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«Le financement public ou privé de la recherche devrait comporter un ajout d’au moins 10 à 15 % pour les activités d’enseignement.»
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Le nouveau recteur croit qu’il est important de rattacher le volet affaires internationales au vice-rectorat aux études afin d’accentuer l’internationalisation de la formation. Il dit réfléchir, par ailleurs, à la possibilité qu’une personne-ressource se joigne au nouveau vice-rectorat pour que les étudiants aient une voix au sein de la direction de l’Université, comme cela avait été recommandé par la Commission des affaires étudiantes. Selon Denis Brière, le prochain vice-recteur exécutif aura comme mandat de faire travailler les vice-rectorats ensemble. «Les vice-rectorats ont travaillé passablement en silo dans le passé pour des raisons de culture organisationnelle, souligne ce dernier. Le vice-recteur exécutif aura comme mandat de bien transmettre ma philosophie de gestion aux vice-recteurs. Il devra aussi être plus proche des doyens.» Sous la précédente administration, la même personne cumulait les tâches de vice-recteur exécutif et de vice-recteur à l’administration et aux finances. Ce ne sera plus le cas désormais. «Je veux que le vice-recteur à l’administration et aux finances s’occupe uniquement d’administration et de finances, soutient Denis Brière. Sinon cela peut créer des conflits.»

Des principes de base identiques
Denis Brière est arrivé à l’Université Laval avec un solide bagage de gestionnaire acquis dans le secteur privé. Selon lui, les mêmes grands principes de gestion s’appliquent partout, que l’on soit dans une entreprise ou dans une université. «Où que l’on soit, dit-il, les principes de base restent les mêmes. La seule chose est qu’il faut s’adapter à la mission de l’organisation. Les valeurs que je défends, la façon de gérer axée sur la concertation que je préconise, je les ai appliquées dans le privé.» Selon lui, gérer une organisation du haut vers le bas, comme cela se faisait dans les années 1960, n’a plus sa raison d’être. «Aujourd’hui, précise-t-il, il existe toutes sortes d’approches qui consistent à mobiliser les gens pour faire face à la concurrence. Ce but ne peut être atteint en gérant du haut vers le bas.» Selon lui, son approche axée sur la concertation peut faire beaucoup pour le développement institutionnel. «Concertation égale mobilisation, explique Denis Brière. Lorsqu’on est partie prenante d’une décision, on adhère davantage au projet que s’il nous est imposé.» Introduire à l’Université un mode de gestion axé sur la concertation passe, selon lui, par le lancement de projets concrets mobilisateurs. «Je l’ai vu à la Faculté, indique-t-il. Lorsqu’on réussit, les gens adhèrent à cette réussite et aiment participer.»



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«Concertation égale mobilisation. Lorsqu’on est partie prenante d’une décision, on adhère davantage au projet que s’il nous est imposé.»
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Pour Denis Brière, il est clair que l’avenir de l’Université passe par la qualité de l’enseignement qui y est dispensé. Dans ce sens, il compte mettre en place un «tableau de bord» qui permettra le suivi d’indicateurs de performance des activités d’enseignement. «Cet exercice vaut la peine d’être fait pour améliorer la qualité de notre enseignement, affirme le nouveau recteur. C’est la base de tout.» Selon lui, on ne peut plus faire affaires avec l’Université en se limitant aux activités de recherche. «J’ai déclaré que ceux qui investissent en recherche à l’Université devraient aussi investir en enseignement, explique-t-il. J’en ai parlé à des représentants du secteur privé et d’organismes subventionnaires comme le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Selon moi, le financement public ou privé de la recherche devrait comporter un ajout d’au moins 10 à 15 % pour les activités d’enseignement.» Il ajoute que les investisseurs privés ont maintenant tendance à démontrer davantage d’intérêt pour les diplômés que pour les nouvelles connaissances. «Lorsqu’on a monté cinq chaires de recherche industrielles à la Faculté, rappelle Denis Brière, les présidents des conseils d’administration des partenaires privés ont dit qu’ils étaient plus intéressés par les gens que l’on forme que par les nouvelles connaissances que l’on génère.»

Le nouveau recteur entend se pencher sur le fonctionnement du Conseil d’administration et du Conseil universitaire. «Durant ma tournée électorale, explique-t-il, j’ai entendu beaucoup de commentaires négatifs sur le Conseil d’administration, en particulier par les membres externes. On soulignait notamment un manque de rigueur dans le fonctionnement du Conseil.» Denis Brière croit par ailleurs que le Conseil universitaire ne joue pas pleinement son rôle. «Quelle belle plate-forme de concertation! dit-il. Toute la communauté universitaire y est représentée. Malgré tout le potentiel qu’on y trouve, on n’y fait pas de vrais débats.»



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«Un plan disant à des partenaires potentiels qu’un maximum de 15 % de leur investissement ira au remboursement de la dette de l’Université pourrait être très bien reçu.»
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Réduire la dette
La dette de l’Université atteint maintenant 132 millions de dollars. Denis Brière croit que le temps est venu de se donner des objectifs de réduction. Dans ce but, il entend mettre sur pied un comité composé de membres internes et externes qui procéderont à une analyse complète de la situation. «Le comité devra identifier les effets de la dette sur notre fonctionnement et notre développement, souligne-t-il. Il devra aussi essayer de trouver des façons autres que les subventions gouvernementales pour pouvoir la résorber.» Selon le nouveau recteur, l’Université doit montrer qu’elle se préoccupe de sa dette. «S’il y avait, par exemple, un plan disant à des investisseurs potentiels qu’un maximum de 15 % de leur investissement ira au remboursement de la dette, je pense que ce serait très bien reçu, que les partenaires se sentiraient plus à l’aise d’investir ici.»
Laval, à l’instar des autres établissements du réseau universitaire, entretient des liens privilégiés avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS). Denis Brière estime que l’Université, tout en maintenant ses liens avec le MELS, doit en créer avec d’autres ministères. «À la Faculté, explique-t-il, nous avons développé des liens avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Quand le sous-ministre ou le ministre veut apporter des amendements à une politique ou à un régime, il nous appelle pour avoir l’opinion de spécialistes. Aujourd’hui, le Ministère investit près d’un demi-million de dollars annuellement à la Faculté.»

Sur le dossier du Centre de formation et de recherche en alimentation, le nouveau recteur indique qu’il n’a pas été associé de près au projet, donc qu’il n’a pas une connaissance approfondie du dossier. Il souligne toutefois que le projet a suscité méfiance et malaises chez certains. En temps et lieu, il prendra connaissance du dossier pour ensuite consulter la communauté universitaire, afin de prendre la décision la plus éclairée dans les circonstances.

L’essence de l’engagement de Denis Brière pour les cinq prochaines années peut se résumer à: «se concerter, conjuguer nos efforts et bâtir ensemble un avenir durable». Sa vision se veut «stimulante et rassembleuse». Elle consiste à faire de l’Université une institution d’excellence, innovante, engagée dans son milieu, complète, modèle et moderne. Son leadership, il le veut «énergique et empreint d’ouverture».

Le plan d'action de Denis Brière est disponible sur son site Web.

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