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COVID-19: un nouveau laboratoire essentiel pour étudier le coronavirus

Le laboratoire de confinement 3 du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval arrive à point nommé

Par : Jean Hamann
Le laboratoire de niveau de confinement 3 doit répondre à des exigences de sécurité très élevées. Tout est mis en œuvre pour qu'aucun microorganisme ne sorte de l'enceinte où se déroulent les travaux.
Le laboratoire de niveau de confinement 3 doit répondre à des exigences de sécurité très élevées. Tout est mis en œuvre pour qu'aucun microorganisme ne sorte de l'enceinte où se déroulent les travaux.

Il y a cinq ans, Guy Boivin, professeur à la Faculté de médecine, a pris son bâton de pèlerin pour aller rencontrer des dirigeants d'entreprises et de fondations afin de les convaincre de l'importance de doter la région de Québec d'un laboratoire permettant d'étudier des pathogènes particulièrement dangereux pour la santé humaine. Jamais alors aurait-il pu imaginer que son projet se concrétiserait en pleine pandémie de COVID-19. Et pourtant, c'est ce qui vient de se produire alors que les premières recherches sur le SARS-CoV-2 s'enclenchent ces jours-ci dans le nouveau laboratoire de niveau de confinement 3 du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

Auparavant, le professeur Boivin et les autres chercheurs canadiens actifs dans le domaine des infections respiratoires devaient frapper à la porte d'une poignée de laboratoires situés en Ontario et dans l'ouest du pays pour réaliser leurs travaux sur des pathogènes vivants particulièrement virulents. «Il fallait parfois patienter des mois pour obtenir du temps dans ces laboratoires et les coûts d'utilisation étaient élevés», souligne le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les virus influenza et les autres virus respiratoires.

De là est née l'idée de construire ici un laboratoire de niveau de confinement 3 où il serait possible d'étudier, sous leur forme vivante, des microorganismes comme ceux qui causent l'influenza aviaire, le syndrome respiratoire aigu sévère, la lèpre, la tuberculose et la fièvre jaune. Comme il existe peu de programmes gouvernementaux pour financer la construction de telles infrastructures, le professeur Boivin a dû explorer d'autres avenues.

«Le don de 500 000$ de l'entreprise Medicago a été la pierre d'assise du montage financier, souligne-t-il. La Fondation du CHU de Québec a suivi avec un don du même montant. La Ville de Québec (500 000$) et le CHU de Québec (300 000$) ont complété le financement.»

La COVID-19 d'abord

Officiellement inauguré le 24 janvier, le laboratoire a reçu il y a quelques jours l'aval des autorités canadiennes chargées d'assurer la biosécurité de ce type d'installations. Les travaux de recherche avec des pathogènes vivants peuvent donc commencer.

«Plusieurs chercheurs de l'Université Laval ont reçu du financement des Instituts de recherche en santé du Canada pour étudier le coronavirus. Ils seront les premiers utilisateurs du laboratoire», souligne le professeur Guy Boivin.

Le virus responsable de la COVID-19 sera au cœur des activités du laboratoire au cours des prochains mois. «Plusieurs chercheurs de l'Université Laval ont reçu du financement des Instituts de recherche en santé du Canada pour étudier le coronavirus, rappelle le professeur Boivin. Ils seront les premiers utilisateurs du laboratoire. Par la suite, nous pourrons accueillir des chercheurs universitaires qui étudient d'autres pathogènes de même que des entreprises privées qui auraient besoin de nos installations.»

Le laboratoire de niveau de confinement 3 doit répondre à des exigences de sécurité très élevées. Tout est mis en œuvre pour qu'aucun microorganisme ne sorte de l'enceinte où se déroulent les travaux, que ce soit par la voie des airs, des effluents ou des vêtements du personnel de recherche. Filtres à air sophistiqués, système de décontamination des effluents, pression d'air négative, sas de décontamination, douches et autoclaves font partie de l'arsenal assurant la biosécurité des lieux.


« Chaque jour, je reçois des demandes de chercheurs et d'entreprises qui veulent utiliser le nouveau laboratoire pour tester des vaccins ou des traitements contre la COVID-19. [...] Ça démontre à quel point une installation de la sorte est indispensable en période de pandémie. »
Guy Boivin

De plus, les cinq professionnels qui réaliseront les expériences dans le laboratoire ont reçu une formation offerte par Mariana Baz, directrice adjointe du laboratoire et nouvelle professeure de virologie à la Faculté de médecine. «Madame Baz arrive des National Institutes of Health, où elle utilisait un laboratoire de confinement 3, signale le professeur Boivin. Son expertise dans le domaine est précieuse.»

L'ouverture du laboratoire de confinement 3 ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche sur les pathogènes émergents au Québec. «Chaque jour, je reçois des demandes de chercheurs et d'entreprises qui veulent utiliser le nouveau laboratoire pour tester des vaccins ou des traitements contre la COVID-19. Je dois en refuser les trois quarts, mais ça démontre à quel point une installation de la sorte est indispensable en période de pandémie», conclut le professeur Boivin.

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