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— Getty Images/Wicki58
La qualité de l'alimentation des personnes qui consomment davantage de produits locaux n'est pas substantiellement meilleure que celle de la moyenne de la population québécoise, démontre une étude publiée dans le Nutrition Journal par une équipe de l'Université Laval. «Il y aurait donc lieu de s'interroger sur la pertinence de promouvoir la consommation d'aliments produits localement comme mesure de santé publique pour améliorer la qualité de l'alimentation au Québec», souligne le responsable de l'étude, Benoît Lamarche, professeur à l'École de nutrition de l'Université Laval.
L'équipe de recherche, rattachée au Centre Nutrition, santé et société (NUTRISS) et à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l'Université Laval, a réalisé cette étude grâce au concours de 834 personnes inscrites au projet NutriQuébec, une vaste enquête portant sur l'alimentation et la santé entreprise en 2019. Les réponses fournies par ces personnes à des questionnaires alimentaires ont permis de calculer, pour chacune d'elles, deux indices mis au point au Centre NUTRISS: un indice de saine alimentation, qui reflète l'adhésion aux recommandations du Guide alimentaire canadien, et un indice d'alimentation locale appelé l'indice Locavore SF.
«L'indice Locavore SF intègre deux dimensions, explique le professeur Lamarche. Il reflète, d'une part, l'origine géographique des aliments consommés et, d'autre part, leur provenance, par exemple s'ils proviennent du potager des participants, d'un fermier de famille ou d'un marché public. Pour simplifier la tâche aux répondants, les questions portent uniquement sur trois légumes, la carotte, la laitue et les tomates, mais l'indice Locavore SF est un bon indicateur de l'alimentation locale dans l'ensemble du régime alimentaire d'une personne.»
Les analyses réalisées par l'équipe de recherche indiquent que l'indice Locavore SF est très faiblement corrélé à la qualité de l'alimentation. En fait, cet indice expliquerait moins de 1% des variations dans la qualité de l'alimentation.
«Bien s'alimenter est une question complexe et on aimerait bien qu'un concept simple comme «manger local» puisse aider les personnes à faire de bons choix pour leur santé. Malheureusement, ça semble plus compliqué que ça, commente le professeur Lamarche. Jusqu'à preuve du contraire, nos données suggèrent que la promotion de l'alimentation locale ne serait pas un bon levier comme mesure de santé publique.»
— Benoît Lamarche, au sujet des bonnes raisons pour consommer des aliments locaux
Cela dit, il serait faux de prétendre que manger local ne sert à rien, insiste-t-il. «Il y a plusieurs bonnes raisons de promouvoir l'alimentation locale. C'est une excellente façon de soutenir les producteurs agricoles québécois, d'encourager l'économie locale et d'assurer la résilience alimentaire du Québec.»
Cette étude a été réalisée dans le cadre des travaux de maîtrise de Marianne Rochette. Les autres signataires de l'étude parue dans le Nutrition Journal sont Gabrielle Rochefort, Catherine Laramée, Annie Lapointe, Simone Lemieux, Ariane Bélanger-Gravel, Sophie Desroches, Véronique Provencher et Benoît Lamarche.