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Bibliothèque et Archives nationales du Québec se joint au portail Atiku

Avec la contribution majeure de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Atiku constitue plus que jamais une plateforme phare pour la diffusion des connaissances sur le Nord et l’Arctique

Par : Yvon Larose
Rencontre d’un iceberg dans l’Atlantique. Illustration (gravure) tirée du périodique <em>Le Monde illustré</em>, vol. 4, numéro 167 (16 juillet 1887), p. 84.
Rencontre d’un iceberg dans l’Atlantique. Illustration (gravure) tirée du périodique <em>Le Monde illustré</em>, vol. 4, numéro 167 (16 juillet 1887), p. 84.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la mise sur pied d’Atiku, le portail des connaissances en ligne sur le Nord et l’Arctique de l’Institut nordique du Québec (INQ). Créé en 2018, ce tableau de bord interuniversitaire et multidisciplinaire était, à l’origine, le fruit d’une collaboration entre l’INQ et la Bibliothèque de l’Université Laval, l’Institut national de la recherche scientifique et l’Université McGill. Avec le temps, deux autres bibliothèques ont rejoint le portail, soit celle de l’Université Concordia et celle de l’Université du Québec à Montréal. Il y a quelques semaines, c’était au tour de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), une institution non universitaire et l’un des acteurs d’envergure en son domaine, de se joindre à la grande famille Atiku.

Joë Bouchard est spécialiste en ressources documentaires à la Bibliothèque de l’Université Laval. Il est aussi cofondateur et coordonnateur du projet Atiku. Ce portail contient une masse considérable d’informations réparties entre plusieurs bases de données. Il a vu le jour à l’initiative du coordonnateur et est hébergé sur le site Web de l’Institut nordique du Québec. Pour ce dernier, l’entrée de BAnQ dans Atiku représente un jalon important dans le développement de l’outil, mais aussi dans sa mise en valeur. «BAnQ, souligne-t-il, conserve des collections liées à la nordicité et aux peuples autochtones d'une grande richesse et sans équivalent au Québec.»

La contribution de BAnQ au portail des connaissances sur le Nord et l’Arctique comprend entre autres des estampes inuites, des linogravures, des cartes postales, des photographies anciennes et des cartes anciennes. Ces corpus sont disponibles dans la collection Archives et sources primaires. Il y a aussi une sous-collection intitulée Romans et poésie autochtones qui réunit une vingtaine de titres phares d'auteurs contemporains. Les ressources proposées jusqu’ici par BAnQ concernent en particulier le patrimoine documentaire nordique et autochtone. Il s’agit de documents rares, de collections très attrayantes visuellement et ayant un grand intérêt pour les chercheurs dans les domaines de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la géographie, de l’histoire et de l’autochtonie.

Une ressource unique à l’échelle internationale

Selon Joë Bouchard, l’arrivée de BAnQ renforce le caractère unique du contenu du portail. «L’étendue multidisciplinaire du portail, la variété des types de documents qu’il met en valeur, soit des archives, des bases de données, des dictionnaires et des encyclopédies, des cartes, des atlas et des données géospatiales, des films en ligne, des statistiques, des essais, des livres de fiction et des livres de poésie, et sa vocation à diffuser également des ressources pour le grand public en font une ressource unique à l’échelle internationale, affirme-t-il. Le fait que le portail soit aussi disponible en version anglaise facilite sa consultation par un public étranger.»

La dimension internationale se vérifie également en ce qui a trait aux sources documentaires sélectionnées. «Plusieurs d’entre elles proviennent de l’étranger, souligne-t-il. Nous tentons de couvrir les ressources québécoises et canadiennes de façon exhaustive, mais nous avons aussi pour mandat de mettre en valeur des sources documentaires de qualité produites à l’extérieur du pays. Celles-ci s’intéressent à des problématiques nordiques qui ne sont pas exclusivement québécoises ou canadiennes, mais qui peuvent être scandinaves, finlandaises, américaines par l’Alaska ou même russes.»

Une consultation fructueuse a été menée par les responsables du portail auprès d’une association internationale de bibliothécaires spécialisés en études nordiques. Ceux-ci ont suggéré des ressources à ajouter au portail, notamment les collections numériques du Danish Arctic Institute, les collections du Scott Polar Research Institute de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni, la base de données en libre accès Open Polar produite par l’Université de l’Arctique de Norvège et l’Institut polaire de Norvège ainsi que le site Web Basic information about the Arctic de l’Université de Laponie.

Les questions nordiques et autochtones

Selon le coordonnateur, il y a un fort intérêt et une grande curiosité pour les questions nordiques et autochtones chez le grand public. «Nous observons une demande en hausse pour la documentation relative aux premiers peuples, indique-t-il. Nous constatons en particulier que les questions qui concernent la décolonisation et le colonialisme retiennent de plus en plus l’intérêt des usagers. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé la collection Grand public. Mais Atiku demeure, à la base, un portail pour la recherche d’information scientifique. Il possède un attrait particulier pour le public universitaire. Une fréquentation mixte de public universitaire, de grand public et de public autochtone est visée.»

Joë Bouchard a reçu des commentaires très positifs de la part d’étudiants qui font des revues de documentation et qui ont besoin de connaître les bases de données pertinentes en études nordiques. «Ces étudiants, explique-t-il, disent qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs une sélection plus complète que celle présentée dans la collection Bases de données d’Atiku, où elles sont d’ailleurs classées en cinq catégories disciplinaires.»

Des organisations autochtones lui ont également fait part de leur satisfaction. «Elles sont, dit-il, très contentes de savoir que le portail existe, qu’une large proportion des ressources sont en libre accès et que nous pouvons y mettre en valeur les documents produits par les communautés. Il y a quelques jours, nous avons reçu une délégation du Conseil de la nation atikamekw et leur avons appris que leur tout nouveau dictionnaire électronique atikamekw/français était présenté sur Atiku. Ils étaient surpris et heureux de l’apprendre.»

Règle générale, depuis trois ans, des représentants de diverses communautés autochtones ont confirmé leur intérêt pour le contenu d’Atiku. «Cet intérêt, indique Joë Bouchard, découle des besoins informationnels importants dans les communautés et de la difficulté d’accéder à des sources documentaires de qualité lorsque l’usager n’a pas accès à des collections universitaires. Or, plus de 70% des ressources mises en valeur dans le portail sont accessibles gratuitement ou en libre accès.»

Le coordonnateur se fixe deux objectifs pour 2022. D’abord, consolider les contenus d’Atiku, les mettre en valeur pour les chercheurs universitaires et continuer à approcher les communautés autochtones. Ensuite, mener à terme deux projets de diffusion de corpus de photographies sur le mode de vie traditionnel des Innus et des Atikamekw. «Nous recevons en juin, dit-il, une délégation internationale de bibliothécaires et autres spécialistes de l’information en études nordiques et arctiques dans le cadre de la tenue à la Bibliothèque du 28e Polar Libraries Colloquy. Le thème de la conférence, “Sharing Polar Cultures and Knowledge”, fait d’ailleurs une grande place aux cultures autochtones.»

Gravure sur pierre tirée du corpus d'estampes inuites de BAnQ. Cette sélection d’estampes illustre les pratiques de gravure sur pierre au sein de la communauté artistique inuite de Povungnituk au début des années 1980. Elle met en évidence l'autoreprésentation complexe de l'expérience nordique, les mythes fondateurs de la culture inuite ainsi que les techniques traditionnelles de chasse et de pêche.
Un des corpus de BAnQ est constitué de cartes postales issues des missions réalisées par la communauté religieuse des oblats de Marie Immaculée dans le Grand Nord canadien.

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