Valérie Borde, chargée de cours en journalisme scientifique à l'Université Laval, journaliste indépendante et blogueuse au magazine L'actualité, était du nombre. «Nous baignons dans l'antiscience», a-t-elle déclaré, en appuyant sur chaque mot. Charlatans, climatosceptiques et autres sympathisants de l'obscurantisme, les apôtres des pseudosciences s'invitent partout, croit la journaliste. Et la cohabitation quotidienne de l'antiscience avec la science n'est pas pour arranger la situation. «Quand j'attends un médicament à la pharmacie et que je tombe nez à nez avec un collier de noisetier, ça m'exaspère», a lancé Valérie Borde, provoquant un éclat de rire général dans l'auditoire.
Le Web et les réseaux sociaux ont favorisé la diffusion des pseudosciences, ce qui ne facilite pas le tri du vrai et du faux. Olivier Bernard, créateur du blogue bien connu Le Pharmachien, a présenté quelques trucs pour se prémunir des informations douteuses qui circulent sur le Web, comme cet article sur une petite graine noire «qui guérit tout sauf la mort». Un site qui ne donne pas le nom des auteurs qui y écrivent, qui ne fait pas référence à des études scientifiques et qui cite d'autres sites Web douteux, c'est déjà louche, a-t-il expliqué.
Mais, si certaines personnes aiment croire que le bicarbonate de soude guérit tous les maux et que l'astrologie gouverne le monde, à quoi bon combattre ce point de vue? Après tout, chacun n'est-il pas libre de penser à sa guise? «Bien vivre dans le monde, c'est bien le comprendre. La science, c'est la réponse la plus proche de la réalité que l'on puisse trouver», a fait valoir Valérie Borde.
Après plus de deux heures de discussion, Olivier Bernard, Valérie Borde, Serge Larivée, professeur à l'Université de Montréal, et Clémence Lamarche, chargée de projet aux Éditions Protégez-vous, se sont accordés sur un point. Pourfendre l'antiscience est un combat de tous les instants. Quoi faire pour se joindre à la bataille? Aiguisez simplement votre sens critique, conseillent-ils.