Vie universitaire

Une collection haute en couleur

La donation Claude Violette, composée de 14 vitraux médiévaux, permet de suivre l'évolution des thèmes iconographiques et des techniques du vitrail du 13e au 16e siècle

Par : Yvon Larose
Le vitrail représentant saint Laurent. Sur cette image très ancienne, le martyr porte un vêtement liturgique et tient une palme d'une main et un gril de l'autre. L'oeuvre proviendrait de la basilique Notre-Dame de l'Épine, à Évron. Le vitrail mesure 42,7 cm de haut et 38,4 cm de large.
Le vitrail représentant saint Laurent. Sur cette image très ancienne, le martyr porte un vêtement liturgique et tient une palme d'une main et un gril de l'autre. L'oeuvre proviendrait de la basilique Notre-Dame de l'Épine, à Évron. Le vitrail mesure 42,7 cm de haut et 38,4 cm de large.
En l'an 258 de notre ère, alors que les chrétiens sont victimes de persécutions, Laurent, le chef des diacres de la jeune Église romaine, est brûlé vif sur un gril pour avoir refusé de livrer aux autorités l'argent de l'Église. Depuis juin dernier, ce personnage au destin tragique, devenu saint Laurent, a désormais un lien avec l'Université Laval. Il est représenté dans un magnifique vitrail daté des environs de 1250 que l'Université a obtenu par l'entremise d'un don de 14 vitraux médiévaux, la donation Claude Violette.

Cette donation a ceci de particulier qu'elle fait suite, en quelque sorte, à un don semblable de 13 vitraux du Moyen Âge effectué dans les années 1970 par le frère de Claude Violette, Jean-Guy Violette, alors professeur au Département d'histoire.

«Avec l'ajout de la donation Claude Violette, la collection de vitraux médiévaux de l'Université Laval a pris une importance majeure pour l'ensemble du Canada, indique le professeur d'histoire de l'art du Moyen Âge à la retraite, Roland Sanfaçon. Elle est maintenant une des plus importantes de par le nombre et la qualité de ses pièces.»

Le vitrail, qu'il soit figuratif ou décoratif, est une forme d'art typique du monde chrétien. Il est fait de pièces de verre blanches ou colorées, maintenues ensemble par des baguettes de plomb.

Le saint Laurent ravit l'oeil par la richesse de ses bleus, de ses rouges, de ses jaunes et de ses verts. Il proviendrait de la basilique Notre-Dame de l'Épine, à Évron. Sur cette image très ancienne, le martyr porte un vêtement liturgique et tient une palme d'une main et un gril de l'autre.

«Dans ce panneau de vitrail, explique Roland Sanfaçon, la découpe du verre et la mise en plomb sont très importantes. De plus, plusieurs petits morceaux de verre sont soigneusement décorés de motifs peints à la grisaille: le nimbe du saint, les replis de ses vêtements, les bordures architecturales du panneau.»

Les frères Violette ont acquis ces oeuvres à la fin des années 1960, à Paris, lors d'un encan consacré à la collection du peintre verrier Michel Acézat. «Acézat faisait de la restauration de vitraux anciens, rappelle le professeur à la retraite. C'était aussi un collectionneur. Depuis le 19e siècle, la restauration de vitraux abîmés a donné lieu à une commercialisation de ces objets. Une fois réparés en atelier, à partir de panneaux bien conservés ayant servi de modèles, une quantité appréciable des modèles ne sont pas retournés dans leur église d'origine et ont passé dans le commerce.»

Selon lui, le fait de provenir de la même collection d'origine favorise la cohérence entre les deux ensembles de vitraux. «Les vitraux des deux donations se combinent bien, dit-il. L'ajout de la donation Claude Violette permet de suivre l'évolution des thèmes iconographiques et des techniques du vitrail du 13e au 16e siècle.»

Les vitraux des deux donations ont tous été réalisés en France. Ceux de la donation Claude Violette sont évalués à 750 000$. L'ensemble des vitraux est conservé en lieu clos au pavillon Louis-Jacques-Casault, où se trouvent d'ailleurs le million d'artefacts et de spécimens des réserves des collections de l'Université.

Toujours dans la catégorie du vitrail figuratif, on ne peut passer sous silence l'arbre de Jessé – la généalogie présumée du Christ – de la donation Jean-Guy Violette. Ce vitrail des environs de 1460 provenait probablement du Val de Loire.

«L'ensemble des personnages, quatre rois, sont faits de verre blanc et ils se détachent sur un fond bleu, souligne Roland Sanfaçon. Ces verres permettent un raffinement très poussé dans les traits des visages.»

Les deux donations Violette contiennent plusieurs panneaux décoratifs en grisaille qui permettent de faire l'histoire de cette importante forme d'art. Dans la plus récente donation se trouve un panneau décoratif provenant de l'abbaye de la Trinité de Vendôme et remontant au dernier quart du 13e siècle. «Dans ce panneau, explique-t-il, on voit déjà une tendance à simplifier la coupe du verre et le travail de mise en plomb. Les grands filets qui donnent les cadres des grands motifs de cercle ou de quadrilobe ne sont plus faits de morceaux de verre indépendants. Le cercle central est simplement dessiné de deux larges traits au pinceau et les filets des quadrilobes sont aussi tracés au pinceau sur l'un de leur côté.»

Pour plus d'information sur les collections d'objets et de spécimens de l'Université Laval:

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2325, rue de l'Université
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Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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