Vie universitaire

Briser les préjugés

Du 13 au 18 mars, cinq étudiants vivent l'expérience de l'itinérance pour amasser des fonds et sensibiliser la communauté universitaire à cette cause

Par : Matthieu Dessureault
Audrey Ann Lavoie, Maude Soares, Guillaume Larose, Élisabeth Sirois et Jeanne Lauzon-Rhéaume, qui ne se connaissaient pas avant de participer au projet, ont vécu une expérience qu'ils ne sont pas près d'oublier.
Audrey Ann Lavoie, Maude Soares, Guillaume Larose, Élisabeth Sirois et Jeanne Lauzon-Rhéaume, qui ne se connaissaient pas avant de participer au projet, ont vécu une expérience qu'ils ne sont pas près d'oublier.
Leur campement, formé d'une grande bâche blanche et de morceaux de carton rapiécés, passe difficilement inaperçu. Depuis dimanche, Maude Soares, Audrey Ann Lavoie, Guillaume Larose, Élisabeth Sirois et Jeanne Lauzon-Rhéaume ont élu domicile devant le pavillon Charles-De Koninck. Se privant du confort d'un foyer et de revenus pour se nourrir, ils font appel à la générosité des passants. L'objectif est de sensibiliser les gens sur le campus à la réalité des itinérants et de récolter des fonds pour la Maison Dauphine, un organisme qui vient en aide aux jeunes de la rue. Mouvement qui ne cesse de prendre de l'ampleur au pays, le défi 5 jours pour l'itinérance a lieu pour une troisième année à l'Université Laval. «Il s'agit d'une belle façon de dénoncer la problématique de l'itinérance et les préjugés qui y sont souvent associés. Contrairement à ce que certains croient, vivre dans la rue n'est pas un choix, mais la «moins pire» des options pour plusieurs personnes aux prises avec des difficultés», a rappelé Maude Soares, étudiante en service social.

Cette journée-là, le mercure affichait un timide 2°C et une pluie fine tombait. De l'eau s'était infiltrée dans la tente, et nos étudiants avaient passé une partie de la matinée à tenter de limiter les dégâts. Visiblement, ce petit contretemps n'avait pas eu raison de leur motivation. Au journaliste qui leur proposait de réaliser l'entrevue à l'intérieur d'un pavillon, au chaud, ils ont décliné poliment, préférant vivre à fond l'aventure. «Comme les sans-abris, nous ne contrôlons pas la température. Devoir surmonter une journée de pluie comme celle-ci nous rapproche encore plus de leur réalité. La grande différence, c'est que les itinérants font souvent face à de l'isolement ou de l'exclusion. Nous, on vit cette épreuve ensemble, ce qui aide à garder le moral», a dit Jeanne Lauzon-Rhéaume, étudiante en psychoéducation.

Doctorante en médecine, Audrey Ann Lavoie profitait d'un bref répit pour étudier en vue de son examen du vendredi. Pas facile lorsqu'on n'a pas accès à une connexion Internet! Comme elle, les participants devaient se plier à une série de règles, soit avoir comme seule possession un sac de couchage et un oreiller, ne pas quitter le campus, ne consommer que des aliments donnés par les passants et utiliser les douches et les toilettes des pavillons uniquement pendant les heures d'ouverture. Jusqu'ici, plusieurs membres de la communauté universitaire ont fait preuve d'une grande générosité, leur offrant des fruits, des sandwichs, du café et même des repas chauds. «C'est sûr que les dons sont très appréciés, mais ce qui fait réellement plaisir, c'est quand les gens s'arrêtent pendant quelques minutes pour nous parler. C'est pour cela que nous sommes ici», a indiqué l'étudiante.

Maude Soares abonde dans le même sens. «L'argent que nous récoltons pour la cause est important, c'est sûr, mais le savoir-être l'est tout autant. Si, au bout de la semaine, nous avons convaincu, ne serait-ce qu'une personne, de dire bonjour ou de faire un sourire à un sans-abri, notre objectif aura été atteint.»

Suivez la page Facebook de 5 jours pour l'itinérance: www.facebook.com/5jours.

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