Société

Un milieu en mutation

Des étudiants du Laboratoire de recherche en sociologie se sont penchés sur les travailleurs et les artistes du quartier Saint-Roch

Depuis les années 1990, la revitalisation du quartier Saint-Roch à Québec s’est traduite, entre autres, par une augmentation considérable du nombre de travailleurs. Les rapports que ceux-ci entretiennent avec le quartier varient selon leur niveau socio-économique et leur lieu de résidence. C’est ainsi que les travailleurs issus des classes favorisées ne fréquentent, pour la très grande majorité, que la portion Est de la rue Saint-Joseph et évitent les rues du Pont et de la Couronne où la pauvreté s’affiche davantage. Voilà les principales conclusions auxquelles sont arrivées Marie-France Harvey et Espérance Nizeyimana, étudiantes de premier cycle en sociologie, à la suite d’une enquête réalisée à l’automne et à l’hiver dans le cadre du cours Laboratoire de recherche en sociologie. Leur mandat venait du Conseil d’arrondissement de La Cité. L’échantillonnage comprenait 38 personnes.

«Nous avons pu identifier trois types principaux de travailleurs: l’anxieux, l’urbain et le critique», a expliqué Marie-France Harvey, le mercredi 25 avril au pavillon La Laurentienne, lors d’une cérémonie de remise officielle des rapports d’enquête du Laboratoire. Selon elle, le travailleur anxieux vit en périphérie de la ville et ne se représente pas le quartier comme un endroit sécuritaire et agréable. «Pour ce dernier, a-t-elle dit, certains secteurs n’ayant pas fait l’objet de rénovations importantes sont moins esthétiques. En plus, il est sensible au fait que ces secteurs sont largement fréquentés par des personnes économiquement défavorisées.» Le travailleur urbain, quant à lui, habite le quartier ou un des quartiers environnants et se le représente comme un milieu «pratique», vu la proximité des commerces. «Pour lui, a indiqué Marie-France Harvey, la mixité sociale est un élément positif.» Enfin, le travailleur critique connaît bien le quartier. Il a un point de vue neutre sur la présence des personnes pauvres et des commerces nouvellement implantés. «Il se questionne, a précisé l’étudiante, sur les conséquences de la revitalisation du quartier pour les résidents, notamment sur la hausse des loyers.»

Les artistes et la revitalisation
Mauricio Fontanetti Aguiar et Marie-Christine Boulianne ont répondu à une commande du Conseil de quartier de Saint-Roch et ont interviewé 15 artistes qui ont vécu, créé ou diffusé leur art, à un moment ou à un autre, dans un quartier qui constitue un pôle d’attraction artistique. Leur étude révèle notamment que les artistes de la relève ont de plus en plus de difficulté à s’installer dans le quartier vu la hausse de la valeur immobilière. En revanche, la plupart des artistes qui se sont installés tôt ou avant la revitalisation voient positivement les changements apportés au quartier.

Le cours Laboratoire de recherche en sociologie offre 12 crédits. Il a comme particularité de permettre aux étudiants de réaliser une étude de qualité professionnelle, selon les normes du marché du travail, à partir de commandes fermes provenant d’organismes publics et d’organismes privés sans but lucratif. Cette année, 10 enquêtes ont été menées.

Selon Andrée Fortin, professeure au Département de sociologie et coresponsable du Laboratoire avec sa collègue Madeleine Pastinelli, les étudiants travaillent fort et ils prennent leur tâche au sérieux. «Ils nous surprennent, dit-elle. Ils vont presque toujours au-delà de nos attentes.» Andrée Fortin ajoute que les deux enquêtes sur le quartier Saint-Roch se complètent très bien. «Ce sont, indique-t-elle, deux belles recherches qui aident à comprendre la dynamique d’un quartier en pleine mutation.»

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