Société

Dans le cerveau de Léonard de Vinci

Dans son essai, Virginie Francoeur démontre qu’un rapprochement entre art et science peut être fécond

La vis aérienne et La Joconde, deux réalisations marquantes de Léonard de Vinci, ingénieur et artiste italien du 15e siècle qualifié de génie universel. Cet aéronef à hélice à vol vertical est considéré par certains comme l’un des précurseurs de l’hélicoptère moderne. Quant à La Joconde, il s’agit de l’un des plus célèbres tableaux au monde. Chez Vinci, l’art et la science ont cohabité au plus haut niveau.
La vis aérienne et La Joconde, deux réalisations marquantes de Léonard de Vinci, ingénieur et artiste italien du 15e siècle qualifié de génie universel. Cet aéronef à hélice à vol vertical est considéré par certains comme l’un des précurseurs de l’hélicoptère moderne. Quant à La Joconde, il s’agit de l’un des plus célèbres tableaux au monde. Chez Vinci, l’art et la science ont cohabité au plus haut niveau.

Après Leadership machiavélique, son premier essai coécrit avec le professeur Pascal Paillé du Département de management et publié en 2018 aux Presses de l’Université Laval (PUL), la doctorante et chargée de cours au même département, Virginie Francœur, de surcroît écrivaine, signe un second essai, également aux PUL, Sciences et arts. Transversalité des connaissances.

«Mes livres, dit-elle, ont toujours le même objectif: remettre en cause les paradigmes dominants, se questionner, construire un monde nouveau.»

Ceux et celles qui suivent le parcours atypique de Virginie Francœur se rappelleront sans doute de l’exposition pour le moins originale qu’elle avait mise sur pied et présentée à la Bibliothèque de l’Université à l’automne 2017. Cette exposition avait pour objectif de transformer des données scientifiques en véritables œuvres artistiques. Des étudiants en création littéraire et en design graphique devaient écrire un texte et créer une affiche à partir d’articles produits par des chercheurs de la Faculté des sciences de l’administration.

«Avec l’exposition, explique l’auteure, je voulais montrer qu’on peut être en administration et avoir un imaginaire. Je voulais démontrer qu’il y a une complémentarité entre la science et l’art. Dans le livre, je vais plus loin. Tout en restant dans la continuité de l’exposition, je voulais qu’il permette d’ouvrir un dialogue. L’exposition présentait certains professeurs ayant des pratiques pédagogiques réellement créatives. Le livre présente aussi des professionnels du milieu des affaires. Ceux-ci tiennent des propos inspirants sur leur pratique sortant des sentiers battus. Tous sont la preuve qu’un nouveau dialogue est possible entre science et art.»

Anne Peyrouse est chargée d'enseignement au Département de littérature, théâtre et cinéma. Sa participation à l'exposition lui a inspiré le commentaire suivant: «Artistes, écrivains et scientifiques ont été dépassés, gênés, d'avoir trop longtemps empêché ces liens et ces possibles. Il y a eu cette exposition abattant tous les murs. Étonnante exposition où le visuel, le littéraire et le scientifique ont créé un espace époustouflant d'humanité».

Une réflexion théorique et pratique, un regard inédit

Dans son ouvrage de 156 pages, Virginie Francœur remet en question la formation universitaire. Celle-ci serait centrée uniquement sur un savoir à la carte de plus en plus spécialisé, reléguant de ce fait au second plan la culture générale, devenue quasi inutile. Elle parle de «cafétérias du savoir» où l’étudiant devenu «client» choisit au menu ce qui répond à un besoin à court terme.

Selon elle, décloisonner l’art et la science aujourd’hui n'est rien de moins qu’essentiel à la compréhension d’une société en constante mouvance. «Les arts, demande-t-elle, ne nous permettent-ils pas de percevoir le monde différemment, d’être plus sensibles, plus critiques et mieux outillés pour faire face aux enjeux?»

Lier l’art et la science permettrait de multiplier leurs potentialités. «Ils sont complémentaires, affirme-t-elle, et ont la possibilité d’offrir des perspectives d’analyse plus larges en les métissant.» Dans un tel contexte, les sciences se déploieraient en milieu ouvert, n’étant plus tournées sur elles-mêmes ou statiques.

Dans son enseignement, Virginie Francœur recourt, entre autres, à l’histoire de l’art. «Je commence toujours mes cours par une citation d’un artiste-peintre ou d’un écrivain connu, explique-t-elle. Je demande aux étudiants ce que la citation représente pour eux, quel lien existe, selon eux, avec la science. Je leur soumets également quelques photos de toiles de peintres célèbres, comme Monet et Dali. J’aime à parler d’art à travers la gestion. Je leur laisse dix minutes pour choisir une image et me dire ensuite en quoi l’œuvre est liée à la compétence organisationnelle. Je leur ouvre des horizons. J’essaie de les amener un peu ailleurs.»

La thématique développée dans Sciences et arts s’inscrit en droite ligne avec les Chantiers d’avenir, l’une des initiatives clés du plan stratégique de l’Université Laval. Les Chantiers sont de nouvelles approches de formation élaborées pour répondre à des enjeux sociétaux complexes. Ils se caractérisent par une forte interdisciplinarité et des approches pédagogiques novatrices.

Pour la préface et la postface de son livre, Virginie Francœur a pu compter sur la collaboration d’Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, et de Bernard Voyer, explorateur et conférencier. «Les deux croient à l’importance de la créativité, souligne-t-elle. Ils viennent bien appuyer mes propos.»

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