
Michel Boivin, Isabelle Clerc et Julie Desrosiers
— Isabelle Clerc: Frédérique Maranda; Julie Desrosiers: Mélissa Vincelli
L'Université Laval souligne l'attribution de trois Prix du Québec 2026 à des membres de sa communauté professorale: Isabelle Clerc de la Faculté des lettres et des sciences humaines reçoit le prix Georges-Émile-Lapalme, Julie Desrosiers de la Faculté de droit, le prix Marie-Andrée-Bertrand, et Michel Boivin de la Faculté des sciences sociales, le prix Léon-Gérin.
Les Prix du Québec constituent la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec dans les domaines de la culture et de la science. Ils soulignent le parcours exceptionnel de personnes qui contribuent à l'essor de leur domaine d'activité, repoussent les limites de la connaissance et font rayonner le Québec à l'échelle nationale et internationale.
«Rendre notre langue plus accessible, faire évoluer la justice et mieux comprendre le développement de l'enfant: les contributions d'Isabelle Clerc, de Julie Desrosiers et de Michel Boivin montrent toute la portée du savoir lorsqu'il rejoint les besoins de la société. Ces distinctions saluent des parcours remarquables et une volonté commune d'améliorer la vie des personnes et des collectivités. Leur engagement nous rend fiers», souligne Sophie D'Amours, rectrice de l'Université Laval.
Isabelle Clerc, prix Georges-Émile-Lapalme
Le prix Georges-Émile-Lapalme souligne une contribution remarquable à la promotion et à la qualité de la langue française parlée ou écrite au Québec.
Professeure au Département d'information et de communication, Isabelle Clerc a joué un rôle pionnier dans le développement de la rédactologie, l'étude de la communication écrite et de ses pratiques professionnelles.
Depuis son arrivée à l'Université Laval, en 1991, elle fait du français clair un outil d'inclusion et de participation citoyenne. Elle a créé les programmes de rédaction professionnelle, puis fondé, en 1997, le Groupe Rédiger, qui réunit des expertises de plusieurs disciplines pour lever les obstacles à la compréhension des textes destinés au grand public.
Ses partenariats avec les ministères et les organismes publics ont contribué à transformer les communications de l'État en les centrant sur les besoins des personnes qui les reçoivent. Ses travaux, publiés en collaboration, ont donné lieu à plusieurs ouvrages fondamentaux, qu'on pense à La démarche de rédaction, à De la lettre à la page Web: savoir communiquer avec le grand public, au manuel Le français apprivoisé, qui a dépassé les 50 000 exemplaires vendus, ou encore au collectif Communication écrite État-citoyens: défis numériques, perspectives rédactologiques.
Son influence s'étend à la formation de générations de spécialistes et au développement de réseaux de recherche francophones en Europe et au Canada. Elle défend aussi le français comme langue de science, notamment par la création de revues savantes en libre accès et par son engagement dans la francophonie scientifique internationale.
Julie Desrosiers, prix Marie-Andrée-Bertrand
Le prix Marie-Andrée-Bertrand reconnaît une carrière de recherche dont les travaux ont conduit au développement et à la mise en œuvre d'innovations sociales importantes pour le mieux-être des personnes et des collectivités.
Professeure à la Faculté de droit, Julie Desrosiers fait évoluer la justice par des recherches qui se traduisent en changements concrets dans les lois, les institutions et l'accompagnement des personnes.
Spécialiste du droit criminel et des droits fondamentaux, elle consacre ses travaux à la violence sexuelle et à la pénologie, avec une attention particulière aux femmes et aux personnes adolescentes. Elle est membre du centre de Recherches appliquées et interdisciplinaires sur les violences intimes, familiales et structurelles et de l'équipe Violence-Justice.
Coprésidente, avec la juge Élizabeth Corte, du Comité d'experts sur l'accompagnement des victimes d'agression sexuelle et de violence conjugale, elle est l'autrice principale du rapport Rebâtir la confiance. Déposé en 2020, ce travail collectif formule 190 recommandations pour transformer l'accès à la justice et le soutien aux personnes victimes. Il est notamment à l'origine du service de consultation juridique gratuite Rebâtir et de l'instauration du Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale.
L'influence de ses travaux traverse l'ensemble de sa carrière. Sa recherche doctorale a inspiré une modification de la Loi sur la protection de la jeunesse pour mieux encadrer les mesures imposées aux jeunes en centre de réadaptation. Son ouvrage L'agression sexuelle en droit canadien a été primé par la Fondation du Barreau du Québec. Elle cosigne également, avec Hugues Parent, le volume La peine du Traité de droit criminel, cité dans plusieurs décisions marquantes de la Cour suprême du Canada.
Michel Boivin, prix Léon-Gérin
Le prix Léon-Gérin couronne une carrière remarquable en recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales.
Professeur à l'École de psychologie, Michel Boivin figure parmi les pionniers de la recherche sur les causes et les conséquences du rejet et de la victimisation entre enfants. Depuis trois décennies, il dirige un programme de recherche qui a renouvelé la compréhension du rôle des interactions entre les prédispositions génétiques et l'environnement familial et social dans le développement de l'enfant. Ses travaux montrent l'importance des premières années de vie et éclairent les moyens de prévenir les difficultés d'adaptation sociale et scolaire.
Il codirige depuis 30 ans l'Étude des jumeaux nouveau-nés du Québec, qui suit plus de 1200 jumelles et jumeaux depuis leur naissance. Cette plateforme de recherche unique au Canada permet de mieux comprendre comment les influences génétiques et environnementales se combinent au fil du développement. Son œuvre compte plus de 430 articles et chapitres scientifiques. Membre de la Société royale du Canada depuis 2009 et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en développement de l'enfant de 2004 à 2025, il a reçu le prix Thérèse Gouin-Décarie de l'Acfas en 2020, puis en 2026, la médaille Innis-Gérin de la Société royale du Canada.
Son engagement dépasse la recherche. Il codirige l'Encyclopédie sur le développement du jeune enfant, une ressource gratuite accessible en cinq langues qui rend les connaissances scientifiques utiles aux familles, aux milieux de pratique et aux responsables des politiques publiques. Son apport à la relève est aussi important et pérenne: 28 personnes qu'il a formées au doctorat ou au postdoctorat occupent aujourd'hui des postes au sein du corps professoral au Canada, aux États-Unis et en Europe.
Bernard Émond et Germain Lamonde
L'Université Laval félicite également le cinéaste Bernard Émond, docteur honoris causa de l'Université Laval, qui reçoit le prix Albert-Tessier, ainsi que l'homme d'affaires Germain Lamonde, diplômé et partenaire de l'Université Laval, lauréat du prix Lise-Watier.
La cérémonie de remise des prix aura lieu le 24 novembre au Musée national des beaux-arts du Québec.

























