
Marie-Eve Bradette
La professeure Marie-Eve Bradette, du Département de littérature, théâtre et cinéma, figure parmi les lauréates des Prix du Canada 2026 décernés par la Fédération des sciences humaines. Elle a été récompensée dans la catégorie Français – Première publication pour son ouvrage Langue(s) en portage: Résurgence littéraire et langagière dans les écritures autochtones féminines, publié aux Presses de l'Université de Montréal en 2024.
Annoncés le 10 juin dernier lors du Gala du 30e anniversaire de la Fédération des sciences humaines, tenu dans le cadre du sommet Voir Grand à Edmonton, les Prix du Canada distinguent chaque année des ouvrages savants qui contribuent de façon exceptionnelle à l'avancement et à la diffusion des connaissances en sciences humaines auprès du grand public. Les ouvrages primés sont sélectionnés par le Conseil scientifique de la Fédération parmi les publications soutenues par son programme de Subvention du livre savant.
Une spécialiste reconnue des littératures autochtones
Professeure adjointe, titulaire depuis 2022 de la Chaire de leadership en enseignement des littératures autochtones au Québec – Maurice-Lemire et présidente entrante de l'Association des études littéraires autochtones/Indigenous Literary Studies Association, Marie-Eve Bradette mène des recherches portant notamment sur l'hétérolinguisme dans les littératures des Premiers Peuples au Québec, la représentation des femmes et des filles autochtones, les violences genrées ainsi que la transmission et la revalorisation des savoirs féminins autochtones.
Ses travaux ont été publiés dans plusieurs revues scientifiques, dont Les Cahiers du CIÉRA, @nalyses, Captures et Voix plurielles. En 2025, elle a reçu le prix Herb Wyile pour son article intitulé «Le conflit des souverainetés linguistiques au Québec: perspectives critiques et littéraires autochtones», publié dans Studies in Canadian Literature / Études en littérature canadienne. Elle signe également une chronique annuelle en études autochtones dans la revue Voix et images.
Son ouvrage Langue(s) en portage avait déjà été salué par la communauté universitaire en remportant le Prix du meilleur livre 2025 de l'Association des professeures et professeurs d'universités et de collèges canadiens (APFUCC). En parallèle, elle a codirigé l'ouvrage collectif Urbanités autochtones en création, paru en 2025 aux Presses de l'Université de Montréal (finaliste du prix Gabrielle-Roy en 2026).
Une réflexion sur la résurgence des langues et des savoirs autochtones
Dans Langue(s) en portage: Résurgence littéraire et langagière dans les écritures autochtones féminines, Marie-Eve Bradette s'intéresse à la manière dont des autrices autochtones contemporaines, écrivant principalement en français ou en anglais, mobilisent la langue comme espace de résistance, de création et de transmission culturelle. L'ouvrage met en lumière la façon dont ces écrivaines développent des approches critiques du langage qui rétablissent les liens entre le corps, le territoire et les savoirs autochtones.
S'appuyant notamment sur les œuvres de Virginia Pésémapéo Bordeleau, Kateri Akiwenzie-Damm, Marie-Andrée Gill, Leanne Betasamosake Simpson, Natasha Kanapé Fontaine et Cherie Dimaline, l'autrice propose une lecture sensible et relationnelle des littératures autochtones féminines. Son essai démontre comment ces œuvres participent activement à la revitalisation des langues, des cultures et des connaissances autochtones, tout en renouvelant les approches critiques en études littéraires.
























