
Patrick Baker
À l'occasion de son congrès annuel tenu en mai dernier à Queen's University, à Kingston, la Société canadienne des études classiques a décerné le Prix du mérite au professeur Patrick Baker du Département des sciences historiques.
Historien de la Grèce ancienne, directeur des programmes en histoire au premier cycle et responsable du Laboratoire d'épigraphie grecque, il s'intéresse particulièrement à l'histoire des institutions militaires dans les cités grecques ainsi qu'aux dimensions politiques et sociales des cités hellénistiques. Clin d'œil à son domaine de prédilection, Patrick Baker a d'ailleurs clôturé l'assemblée en prononçant la traditionnelle Gratiarum actio en grec ancien.
Remis chaque année à une personne s'étant distinguée au sein de la communauté savante, le Prix du mérite vient couronner une longue carrière consacrée au service et au rayonnement des études anciennes et classiques au Canada.
Près de 30 ans d'engagement au sein de la Société
Patrick Baker reçoit cette distinction après près de 30 ans d'engagement au sein de la Société canadienne des études classiques, où il a exercé de nombreuses fonctions, notamment celles de membre du conseil, secrétaire, vice-président, président et président sortant.
Au fil des ans, il s'est notamment employé à promouvoir le français dans les échanges scientifiques d'un milieu majoritairement anglophone. En 2014, il a également créé la collection des «Suppléments francophones» de la revue Phoenix, qu'il codirige depuis avec le professeur Thierry Petit.
Le professeur Baker a aussi contribué au rayonnement de l'Université Laval au sein de la communauté des études classiques au Canada et à l'étranger. Depuis 1999, il a notamment participé à l'organisation, à Québec, de cinq congrès annuels de la Société. Ces rencontres ont permis d'accueillir des chercheuses et chercheurs de nombreux établissements canadiens et étrangers et ont contribué à inscrire durablement l'Université Laval dans les réseaux scientifiques de la discipline.
Des recherches sur la Grèce ancienne
Ses travaux reposent notamment sur l'étude épigraphique, soit l'analyse des inscriptions gravées sur pierre. Ces témoignages, qui enrichissent considérablement la documentation littéraire traditionnelle et constituent les principales sources pour l'histoire de l'époque hellénistique, permettent de renouveler les problématiques de recherche, notamment celles concernant la vitalité des cités à cette période.
Depuis 2000, il codirige, avec Gaétan Thériault de l'UQAM, la mission épigraphique canadienne de Xanthos-Létôon, consacrée à l'étude et à la publication des inscriptions grecques et latines de Xanthos et du Létôon, en Lycie (Turquie). Le projet a été mis sur pied en collaboration avec la mission archéologique française, qui a mené des fouilles sur ces sites de 1950 à 2011.
Les travaux réalisés ont notamment permis de découvrir 372 inscriptions nouvelles à Xanthos et d'étudier 689 textes complets et fragmentaires au Létôon, dont des textes publiés et inédits. Les deux missions publient progressivement certaines de ces inscriptions présentant un intérêt particulier pour la communauté savante pendant que les professeurs Thériault et Baker achèvent la préparation du corpus complet des textes déchiffrés, traduits et interprétés.
La mission a participé également, entre 2017 et 2022, au projet ArchXant, une initiative franco-québécoise consacrée à l'archivage, à la valorisation et à la diffusion du savoir. À Québec, les travaux s'articulèrent notamment autour de la numérisation 3D des estampages et de la préparation d'un corpus dans une version accessible en ligne.
La mission épigraphique canadienne de Xanthos-Létôon bénéficie actuellement d'un financement quinquennal du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), dont le but est de mener à terme le projet de publication.
À propos de la Société canadienne des études classiques
La Société canadienne des études classiques constitue une communauté savante consacrée aux études anciennes et classiques au Canada. Elle organise notamment un congrès annuel réunissant des chercheuses et chercheurs provenant d'établissements canadiens et étrangers et publie la revue Phoenix, à laquelle est rattachée la collection des «Suppléments francophones».
Son Prix du mérite, remis annuellement, reconnaît une personne qui s'est distinguée par son engagement et sa contribution au service de cette communauté savante.
























